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Les Nouveaux chemins de la connaissance

Les Nouveaux chemins de la connaissance | 12-13

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Emission Les Nouveaux chemins de la connaissance

du lundi au vendredi de 10h à 11h

Ecoutez l'émission 58 minutes

Quel réel ? (2/4): Clément Rosset, penseur du réel 11

13.11.2012 - 10:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

 

Emission enregistrée à Lille dans le cadre de Citéphilo

 

Parmi tous les philosophes, il en est un qui plus que les autres sans doute, mieux que les autres peut-être, a directement affronté la redoutable question du réel dans toute son œuvre, et il s’agit du philosophe Clément Rosset, pour qui le réel est tantôt idiot, tantôt déceptif, toujours singulier, et surtout, surtout, la seule chose à laquelle on ne s’habitue jamais. Pour nous en parler aujourd'hui, nous recevons le philosophe Raphaël Enthoven.

 

Clément Rosset 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LECTURES :

- Clément Rosset, L'objet singulier, ( Editions de Minuit, 1979) (p. 33-34 puis p. 91)

- Clément Rosset, L'invisible, (Editions de Minuit, 2012)

 

EXTRAIT :

- Une femme disparaît (The lady vasnishes)Alfred Hitchcock, 1938

 

INSTRUS :

- Piotr Moss, Dual personality

- Jacques & Teddy Lasry, La danse du cristal n°1

- Ravel, Le boléro (version classique)

- Ravel, Le boléro (version jazz, interprétée par Benny Goodman)

 

CHANSON :

- Nat King Cole, Almost like being in love

 

Invité(s) :
Raphaël Enthoven, philosophe, producteur de l'émission "Le Gai savoir" sur France Culture et auteur de la préface des Oeuvres complètes de Camus aux éditions Gallimard

Thème(s) : Idées| Philosophie| Clément Rosset

Document(s)

11 commentaires

Portrait de Anonyme Rodriguez15.11.2012

Penser le réel, déjà il y a là quelque chose d'antinomique car comment penser sans voir...
C'est par le petit bout de la lorgnette que vous voulez nous faire voir la réalité... Déjà les élèves de grec sont induits en erreur, la maxime est traduite "l'homme sans expérience à des yeux pour ne pas voir" alors que c'est en réalité "Le lettré sans expérience à des yeux pour ne pas voir"
C'est ce genre de brouillamini qui fait la France de Fréron et défait celle de Voltaire... Les Frérons sont légion & les voltaires réduits à la portion congrue.
Je ne vois pas, je n’entends pas, mais je parle en déconstructivant, je passe pour un savant & la France d'aller de Charybde en Sylla.
Les surréalistes voulaient sans doute dépasser la réalité pour la changer, mais là on est en train de revenir aux Moyen Age, réellement.

Portrait de Anonyme Walter Benjamin14.11.2012

Le point aveugle de clément Rosset qu'il reconnait lui même ,c'est la poétique et la politique. Ratiociner sur le réel c'est bien mais ne débouche sur pas grand chose de ....réel. Notre réalité humaine n'est pas faite de rencontres avec des choses, mais de rencontres entre des hommes et des femmes qui se confrontent ou s'associent sans cesse pour construire le ....réel ,oui,le réel n'est pas un donné ,ni un bain tiède dans lequel on peut se prélasser,non le monde est vivant,changeant, c'est une construction poétique et politique permanente,que l'on ne fait que produire à chaque instant.Ce philosophe de service admirateur du conservateur en chef des dernières idées bourgeoises est brillant mais ridicule par son peu de rapport avec le ...réel.

Portrait de Anonyme absons14.11.2012

Merci a adèle d'avoir posé les bonnes questions a Raphael
Car au fond sa conception du désir,après m'avoir longtemps charmé me laissait de plus en plus sur ma faim. Précisément car celle ci est insatiable, et le désir réduit a la simple délectation de ce qui se présente sous nos yeux me paraissait être plus proche de la résignation que du consentement quoiqu'en dise Mr enthoven (oui quand je ne suis plus d'accord vous récupérez votre patronyme Raphael)
Au fond pourquoi choisir entre le désir comme un manque et le désir comme effort pour persévérer dans l’être (Spinoza), entre la tendance vers un objet et la satisfaction pleine de ce que l on a devant soit?
Je reproche a la première conception d’être épuisante, et d'en venir au désir de ne plus désirer Schopenhauerien . Mais faut il a ce titre cesser la quête ? Faut il des lors tomber dans une attitude sinon bouddhiste au moins stoïcienne qui verrait dans le savourement de ce qui nous tombe sous la langue le but dernier de tout existence?
Le consentement camusien dont parle Raphael est a mon avis une maniére de tenir des deux mains ce desir ambivalent.
Avec Nietzsche(et Nicolas Grimaldi) je vois cette quête insatiable comme tendance propre a l'homme, dont c'est la nature de déborder, guidé par sa volonté de puissance . Mais cette quete est a coup sur blessante. "Le monde n'est pas la pour nous faire plaisir !" et toute altérité nous blesse dans ce processus d'individuation.
Bien loin de cesser de désirer et de rechercher "le nirvana", la fin de toute souffrance, et même de toute stimulation, la petite mort, je crois qu'il faut continuer a désirer devant soi, bien sure que cette souffrance est aussi connaissance.
Seulement il faut prendre en compte la fragilité de l'homme . Pour ne pas devenir stoïcien ou bouddhiste ( je ne les aimes pas c'est vrai) ou pire nihiliste passif il faut se "soigner", c'est a dire se régénérer.
Et c'est ici qu'intervient le desir selon Raphael, le désir comme délectation, celui qui nous aide a tenir le coup face a l'adversité.
Fight club est un film très Nietzscheen et très épuisant . Toute cette violence (et pourtant je devrai aimer ça en tant que jeune) est eprouvante.
L'amour,absent du film (ou a peine esquisser sous les traits de marla) aurait été une source de soin pour le narrateur, qui choisit bien plutôt de se loger une balle dans la tête.

Mais cela reconduit ici la question du soin, du soin non comme confort mais comme aide pour vivre sa vie, qui redonne des forces pour y parvenir . La culture ne console pas, ce n'est ni une vie par procuration ,ni un délire de compensation. Elle doit exhorter a vivre,comme le pense Nietzsche lorsqu’il fait la différence entre les art qui donne envie de vivre ( Bizet) et les art hypnotique (Wagner)

bon je me calme.

surtout que réduire la culture au rôle de coach sportif est un peu réducteur...c'est aussi un exhausteur de vie, permet d'affiner sa perception de sa vie trivial et d'affiner sa perception, son oreille face aux flux .
savourer permet d'encore chercher mais aussi de mieux chercher en quelque sorte.

Portrait de Anonyme Axel13.11.2012

Ce fut un grand moment !
Avec beaucoup de plaisir à assister à l’enregistrement d’une émission que nous suivons depuis ses débuts.

Après l’entretien de 50mn, Raphaël Enthoven répondit à quelques questions des auditeurs du grand auditorium du Palais des Beaux Arts de Lille.

En voici des extraits :
http://lecheneparlant.over-blog.com/article-raphael-enthoven-clement-ros...

Très cordialement
Axel

Portrait de Anonyme Roseanne M.13.11.2012

Brillantissime Raphaël Enthoven ! Quel plaisir de l'entendre à nouveau ! La fulgurance de sa pensée, la générosité de sa parole, sont au confluet de Paul de Kock et de Drieu La Rochelle. Merci encore !

Portrait de Anonyme BERTRAND SAINT-SONGE13.11.2012

NB/ Est-ce que votre équipe a pu se rendre au FURET DU NORD où j'ai exercé de même ?... La plus vaste librairie dit-on...qui a débuté par une petite agence de quartier, il y a fort longtemps, dans "le réel" du temps et des choses....

Portrait de Anonyme luroluro14 (anonyme)13.11.2012

Fragments errants sur le réel selon Clément Rosset (mélange de votre dialogue et de commentaires personnels) :

Il est beaucoup plus facile de se compliquer la vie, que de regarder, simplement, ce qu’on a sous les yeux… Il faut se contenter du réel et ne pas prendre ses désirs pour la réalité…

Le camembert n’est pas du Livarot… Je suis bien d’accord puisque l’un de ces deux fromages (sous la marque Lanquetot) est produit dans le village de mes parents alors que le Livarot est produit à 20Km de distance de celui-ci, à Livarot tout simplement (sous la marque Graindorges, dont l’entreprise appartient à un camarade d’école). Leur goût est très différent, surtout depuis que les normes européennes ont imposé la pasteurisation du camembert, qui bien que fait à la louche n’a plus guère de goût, contrairement au Livarot qui sent encore très fort…

… « Le réel est l’ensemble des choses qui sont »… Voilà une idée à notre portée si l’on ne commence pas à se poser des questions sur ce que peut-être le non être…

Pour parler du réel il faut prendre une certaine distance par rapport à lui, ce qui est difficile puisque nous en faisons partie intégrante. Un élément d’un ensemble (au sens mathématique), ne peut pas comprendre cet ensemble dans sa totalité.

…Le désir désigne la nostalgie de l’étoile (celle que j’ai regardée une fois vers l’âge de 3 ans avec la certitude que je venais de là … Hélas, je l’ai perdue de vue …)

… Je me console… Rosset est Spinoziste et donc subversif. Le monde n’est pas adapté à nos désirs et à nos besoins … Le Monde se fout qu’on existe… L’enjeu c’est l’amour : aimer est une nécessité. Ainsi faut-il aimer même ce qui ne nous aime pas (Romain Garry). Il faut aimer ce que les choses ont de singulier, d’irremplaçable et parfois d’implacable.

… Le consentement n’est pas la résignation : il faut désirer éperdument, c'est-à-dire continuer à, désirer ce que l’on possède ….

… Plus nous connaissons les choses singulières plus nous connaissons Dieu… Il faut chercher les causes mais pas les pourquoi … La rose n’a pas de pourquoi, elle est simplement là qu’elle soit contemplée ou non …
La musique est ce qui nous met en joie … elle nous permet de passe de la résignation au consentement.

A force d’écouter une musique, on finit par l’aimer et la désirer …

Spinoza et Nietzche : il faut apprendre à les aimer. Clément Rosset ne nécessite pas cet effort.
Nietzche : apprendre à aimer. Les mariages de raison finissent par devenir des mariages d’amour.
A force d’habitude, on oublie les habitudes. J’en finirai là.

J’oubliais : merci pour cette belle émission pleine d’entrain, pour la musique et pour les commentaires d’Alain, de Gilles, de Jeanne et de Bertrand.
Toutes mes excuses pour mes divagations…

Portrait de Anonyme Alain Muller13.11.2012

Selon l'interprétation spinoziste que donne Clément Rosset de Parménide, de la formule parménidienne "l'être EST, le non-être N'EST PAS", c'est le non-être qui nous DETERMINERAIT (absolument) et qui rendrait possible l'ÊTRE-AUTRE, qui déterminerait CE qui EST, et qui n'est PAS AUTREMENT, qui ne PEUT PAS être AUTREMENT (que ce qu'il EST)!
Le NON-ÊTRE serait alors la PART d'INACHEVE qui est en nous(en tant que cré-ature) et la PART d'INACHEVE qui est dans le monde (en tant que Création), cette part d'inachevé (- dans la créature et dans la Création -) qu'il in-comberait à l'homme d'ACHEVER, de PORTER à son ACHEVEMENT ici sur terre, hic et nunc, c'est-à-dire de faire SORTIR du NEANT pour l'élever à l'ÊTRE, à l'ê-tre SINGULIER, à l'être singulier qui BRILLE dans sa SPLENDIDE et BELLE sin-gularité!...

Alain Muller

Portrait de Anonyme Gilles. V.13.11.2012

Quel prêcheur ce Raphaël ! Il expose moins ce que les autres pensent que ce que lui-même pense de ce qu'ils pensent et veut que nous pensions avec lui. Quelle ferveur! quelle éloquence pour nous parler de ce qu'il aime et veut que nous aimions avec lui !

C'est un peu comme si Bossuet revenait parmi nous déguisé en prof de philo. Un Bossuet qui ce serait converti au spinozisme, naturellement...

Portrait de Jeanne R. Jeanne R.13.11.2012

Le réel d’aujourd’hui était un régal puisque nous avons pu vous entendre tous deux parler sur un même sujet. J'y pense, pourquoi n'avoir pas fait un trio, soit : Raphael, Adèle et Clément Rosset ? Certes, il aurait fallu disposer d'une matinée entière tant le sujet est vaste. Bref, c'était passionnant de vous écouter là !!
Donc, il faut savoir regarder ce qu'on a sous le yeux..., savoir regarder ce qu'on à entendre..., savoir écouter ce que l'on a à entendre. Le réel c'est aussi voir, entendre et ressentir. Le réel se vérifie. Penser le réel n'est pas mieux le vivre mais plus le penser.
Parler du réel, c'est le vivre d'abord ; quoique vivre le réel c'est d'abord commencer par en parler.
Le réel est à la fois le tout et le rien, celui qui nous entoure comme celui qui nous fait vu que le réel est une part du concret de notre être.
Le réel est en dehors de la passion, amoureuse ou non, pour la raison que la passion est du côté du passif.
Le réel déçoit, oui et non c'est selon, selon son vouloir ou plutôt selon son bon vouloir ou même le bon vouloir de l'Autre... Le réel est toujours désir, désir de partage.

Le réel est parfois sous forme d'un objet singulier comme le réel n'est pas toujours insaisissable, pour preuve... Dans l'envers du décor, vrai de vrai un soir un homme m'a décrochée la lune ; bon, c'était au premier degré, elle était en carton pâte ! Le réel est remplaçable : oui et non, pour l'occurrence il y avait deux lunes : la vraie et la fausse ; c'est aussi cela : la beauté du singulier, celle qui peut nous faire dire que deux mondes existent !! Mais lequel est le plus vrai : celui que l'on touche ou celui que l'on voit ? Les deux à la fois ou aucun ?

Et si le réel était réellement double, comme l'émission est passée en un clin d’œil, nous aurions la chance de vous entendre encore ; ainsi vous pourriez faire du réel une bonne habitude de répétition que nous partagerions... car, dans l'absolu, le réel sans partage n'a pas la même valeur, oh mais là je me répète...
Jeanne R.

Portrait de Anonyme BERTRAND SAINT-SONGE13.11.2012

Loin de la cité des Flandres Intérieures, je visualise très bien le réel du lieu où vous êtes, ayant travaillé à la Poste de La Bourse face aux ...Beaux Arts; ainsi donc, à mille kilomètres de ce site Lillois en mon pays natal, je peux très bien y "revenir" sans être "dédoublé" pour autant par les rêves m'y transportant, y "pensant"... aussi avec aise et joie... Bien à vous, B.

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