Le corps abîmé par une polyarthrite, Brigitte, 51 ans, divorcée, n’a pas eu de relation intime depuis longtemps. La tendresse, les caresses, les douceurs charnelles lui manquent…
Reportage : Farida Taher
Réalisation : Stéphane Deschamps
Thème(s) : Information| Sexualité| handicap| tendresse



11 commentaires
Très beau témoignage ma p'tite Brigitte tu as réussi à me faire pleurer. Tu es de très loin l'être vivant le plus fort, le plus courageux et le plus humain qu'il m'ait été donné de rencontrer un jour! Ne change jamais Brigitte, reste toi même quoi qu'on puisse te dire ou peu importe la façon dont on te regarde. Je serai toujours là pour toi
ps : pour ceux qui veulent rentrer en contact avec Brigitte envoyez-moi un e-mail avec un moyen de vous contacter à cette adresse : outsider_013@msn.com et je lui transmettrai.
J'ai eu l'immense privilège de rencontrer Brigitte il y a quelques années, je suis très fière de faire partie de ses amies (je l'a considère comme ma petite sœur).
C'est une femme absolument formidable qui remonte perpétuellement le moral aux gens. Elle est absolument magique et tellement grande ! quand je suis avec elle je ne voit que son cœur et je n'entend que son rire et sa merveilleuse voix (car elle chante aussi !)Encore bravo Bribri pour ce super émouvant reportage, tu me surprendras toujours !
Merci et bravo pour ces deux témoignages bouleversants de sincérité, de réalisme, d'émotion et d'humanisme. Ce sont de vraies leçons de vie dont chacun devrait s'imprégner et tirer des leçons. Continuez à vous battre, à vivre et à témoigner, ce qui permettra, j'espère, un peu de remise en cause en chacun de nous, une ouverture d'esprit, une tolérance de la différence quelle qu'elle soit.
J'ai été très touché par les textes que j'ai entendu lire sur votre antenne par Patricia. Je suis photographe (du collectif Le bar Floréal) et depuis de nombreuses années je réalise certaines de mes créations autour du corps (quelqu'en soient les états). Serait-ce possible que vous transmettiez mes coordonnées aux intervenantes des émissions d'hier et d'avant hier. J'aimerai leur proposer une éventuelle collaboration.
Mon travail est visible sur www.pasquiers.com
Bien cordialement
... et encore bravo pour vos documentaires
Olivier Pasquiers
Bonjour Madame Brigitte,
J’ai été très touché en écoutant votre vécu face à votre handicap. Votre clairvoyance sur vous-même et votre rapport à la maladie est spectaculaire. La richesse de vos propos est éclairante. Votre facilité à communiquer des choses difficiles à exprimer me donnent envie. Je me sens petit devant votre humanisme. L’humanité a besoin de phares : Vous contribuez à me guider.
Bien que vivant avec un corps de 63 ans non malade, je me sens malgré tout handicapé sur le plan immatériel, affectif…
Je voudrais vous dire ce que je pense sur une phrase qui vous a fait souffrir « Tu devrais trouver une autre personne handicapée pour vivre avec elle ». Je comprends que cette phrase soit extrêmement blessante, mais en fait, nous sommes tous des handicapés, visibles ou non. Il ne faut pas se laisser éblouir par les médias. C’est vous qui avez la vérité. C’est le fruit de votre courage.
Merci pour le bien que vous faites en vous exprimant sur France Culture.
Merci à France Culture d’être une vraie Radio.
Daniel
Daniel.perrin@ijl.nancy-universite.fr
Étonnante cette musique, pas tout à fait pleureuse mais presque (avec ce piano là), qui apparait de temps en temps, pour asseoir la compassion ...
Je n'avais pas besoin de cela, et il me semble bien que "LES PIEDS SUR TERRE"
s'en passent tout à fait.
qu'en pensent les auteurs ?
Brigitte, j'ai fait ta connaissance vendredi 25 juin avec Claudie.
Je suis bouleversée de t'avoir écouté, sache que moi je t'ai trouvé belle, rayonnante, tu inspires l'envie de vivre ! et de se battre ! Je ne te connais pas bien, mais n'aie pas de doute sur le bien être que tu diffuses.
Il a de la chance, ce sale mec, de ne pas avoir croisé mon chemin, il aurait passé un mauvais quart d'heure, comment peut-on oser ?!!!! c'est lui le monstre !
Tu es émouvante, impressionnante et tu forces le respect ! Chapeaux, ne change pas ! Je te souhaite tout l'amour qu'il te faut !
Sylvie
j'ai été bouleversée par le témoignage de Brigitte tellement ce qu'elle dit, met des mots sur une souffrance avec laquelle je vis moi aussi depuis des années,(30ans); je me suis reconnue dans son combat quotidien, sa peur de ne pas être assez bien pour les autres, pour l'Autre ; la peur de se montrer, la peur de ne pas être à la hauteur, le sentiment d'inutilité, enfin la balance entre la vie et la mort le jour des coups de blues.... La moquerie des gens dont on essaie d'oublier la méchanceté et la bêtise gratuite, et dont on se remet plus ou moins suivant le jour où c'est dit. La réalité du miroir qui vous envoie le visage et le corps d'une personne qu'on a du mal à reconnaitre et qui est soi.
L'année dernière quand j'ai fêté mon anniversaire, 50ans, je ne me suis pas reconnue sur les photos... J'ai été choquée de découvrir que c'était moi.... des années de cortisone font leur boulot d'antidouleurs mais aussi celui d'une destruction dont on ne se remet pas. Le pire, quand on a un handicap, est la totale incompréhension de l'entourage, alors comme a dit très justement Patricia, il ne faut s'entourer que de gens qui comprennent et qui vous aiment comme vous êtes et qui vous acceptent, et qui surtout vous aident mais ne vous assistent pas, qui savent à juste dose ne pas vous enfoncer plus avant dans le handicap, des gens avec qui on n'a pas honte de se montrer incapable physiquement de faire les choses.
J'ai récemment fait une demande à la MDPH, pour reconnaissance de travailleur handicapé. Lors de l'évaluation faite par la personne mandatée, j'ai réalisée que ce qui la motivait était plus les petites croix qu'elle mettait ou ne mettait pas pour juger de mon handicap. Il faut dire que la maladie qui évolue par poussées, plus ou moins longues, me permet des périodes où je suis "quasiment" normale ! Mais la fatigue, la peur d'une rechute qui peut arriver n'importe quand, la déformation de mes mains (que j'aime aussi parce que je peux encore faire plein de choses mais qui me bannissent à tout jamais de faire mon métier, vu que je suis malhabile et maladroite), de mes pieds qui ne permettent pas non plus d'être chaisée de façon féminine (mais ce n'est pas grave, bien maquillée et bien habillée - pas si facile quand le corps a grossi) mais il faut se faire belle pour soi, puis pour les autres et essayer de ne pas se laisser déstabiliser par un regard, une réflexion bête... Mais ce n'est pas facile. C'est dur d'être constamment obligée de se justifier, auprès d'administrations inhumaines. et puis surtout faire face à une dépression réactionnelle à une perte d'emploi, et qui rechute chaque fois que je dois prouver encore et encore...
Quant à trouver l'âme soeur, je ne suis pas prête non plus. Moi aussi j'ai quitté mon mari pour lui donner la chance de refaire sa vie avec quelqu'un de normal, mais aussi parce que je ne supportais plus que la personne qui était censée m'aimer, m'enfonce davantage devant sa famille et ses copains, quand j'étais fatiguée et douloureuse ; je ne parlais pas, donc je faisais la gueule ! ! ! Maintenant il a refait sa vie, quand je vois combien il a changé, je trouve cela injuste, car il aurait été le quart de ce qu'il est maintenant avec moi, je me serais sentie moins diminuée et moins anormale. j'ai divorcée parce que je me trouvais mal accompagnée. Et puis je peux dire que moi aussi je suis dans l'affectif et la tendresse... Et si la solitude est parfois lourde à porter, il est vrai qu'il vaut mieux encore être seule et faire ce que l'on peut quand on peut, et ainsi n'avoir de réflexions désagréables :du genre : "de toutes façons tu peux jamais rien"!!!
On est avec ceux qui ont compris qu'il y a des jours avec et des jours sans.
La vie est belle, et on apprend à goûter les petits bonheurs, à ne pas répondre aux gens cons, et savourer le moindre moment où l'on ne souffre pas.
Voilà Brigitte, merci pour tout ce que vous avez dit, cela a remué beaucoup de choses en moi, cela m'a rassurée aussi, non pas parce que vous êtes malade mais parce que je me suis rendue compte que j'étais normale, grâce à vous, dans mes réactions.
MERCI mille fois,
Je vais essayer de continuer à ne compter que sur moi, mais avec le soutien moral de mes parents et celui de mes amis.
Peut-être à une autre fois.
Maintenant quand une chose n'est pas faite ,je sais que c'est parce que je n'ai pas pu la faire. je suis autonome le plus possible et j'ai la chance d'avoir encore mes parents et des amis. Récemment, j'ai choqué une de ces amies en lui disant que j'étais heureuse, que malgré ma récente poussée, elle soit toujours là. Mais je suis fidèle, moi, m'a-t-elle répondu, qu'est-ce que ça change, tu es toujours toi et c'est pas parce que tu ne vas pas bien que tu n'es plus mon amie, t'es con toi non mais...... Elle n'a pas compris que ce n'est pas elle que je remettais en question, mais que ne me sentant pas intéressante et surtout utile je ne comprenais pas qu'elle puisse s'intéresser toujours à moi...
Ca relève de la psychanalyse peut-être, mais ils ne comprennent pas non plus, mais ca c'est un autre problème...
Brigitte est mon ancienne et agréable voisine et elle me manque beaucoup depuis que j'ai déménagé à Nice. Sa voix est toujours aussi ravissante, comme la personne. C'est un plaisir d'aller la revoir une fois par mois à St Raphaël pour retrouver son sourire et sa bonne humeur ! En la voyant je me dis que je ne dois pas être grognon à cause de mes misères !
Je n'ai jamais eu honte de sortir avec Brigitte car on rigole bien toutes les deux ("on se presse de rire de tout de peur d'être obligées d'en pleurer")! Je l'embrasse de tout mon coeur.
la société n'est pas douce non plus pour :
- le signe visible, non consensuel
- la laideur et souvent avec la dépression
- les "handicapés " de la parole
la solitude fait mal mais reste un refuge pour s'isoler des regards, des moues, des attitudes de rejet qui rappellent infériorité, inadaptation , impuissance etc
"qui se ressemble s'assemble" : rechercher celui qui a un handicap semblable n'est pas une idée facile : sentiment d'échec, peur de s'enfermer dans un groupe anormal. Orgueil ? mais de plus risque de se voir à nouveau rejeté...
Complétement en phase avec les propos de Brigitte, j'aimerais rentrer en contact avec elle... Je ne sais comment procéder ?