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Les pieds sur terre

Les Pieds sur terre

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Emission Les pieds sur terre

du lundi au vendredi de 13h30 à 14h

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Educateurs en souffrance 22

08.02.2012 - 13:30 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

 

La marche blanche ©DR

Le 17 novembre 2011, Fabrice Hrycak, éducateur spécialisé de l'AAE (Association d'Action Educative), 38 ans, est retrouvé pendu sous un pont à Dunkerque. Il faisait l'objet d'une sanction disciplinaire pour faute grave, après s'être défendu lors de l'agression d'un jeune adolescent dont il s'occupait. Ses collègues dénoncent des conditions de travail catastrophiques.

Reportage : Charlotte Bienaimé

Réalisation : Marie-Laure Ciboulet

Thème(s) : Information| Sociologie

22 commentaires

Portrait de Anonyme Cappellazzo Solange28.02.2012

J'apprends que des éducateurs ont fini par se suicider pour des raisons professionnelles : c'est intolérable !

Éducatrice durant 7 ans, chef de service pendant 31 ans, aujourd'hui à la retraite, ma priorité a toujours été le travail d'équipe pour lequel j'ai toujours estimé que ma place était auprès des salariés du terrain.
Il est impossible qu'un travailleur social, mais aussi que tout autre salarié, chacun dans sa mission, puisse aider les personnes en difficultés, sans que lui-même soit réellement soutenu par sa hiérarchie !

Je suis entièrement d'accord avec mon collègue qui parle de bientraitance du personnel : c'est une priorité !

Je suis partie inquiète, quant au devenir du social : ces témoignages ne font que confirmer les pensées qui étaient les miennes, en fin de carrière.
Je peux espérer que beaucoup de responsables sauront faire le nécessaire pour que l'argent ne prime par sur la qualité du travail, telle que décrite dans de nombreux documents.

Mes pensées vont vers la famille de Fabrice et ses collègues, mais aussi vers tous les professionnels qui souffrent. Exprimez-en les raisons ; ne restez pas seuls !

Il est grand temps que notre milieu professionnel retrouve ses vraies valeurs ! Défendez les ! Elles le méritent vraiment !

Portrait de Anonyme vincent19.02.2012

Bonsoir,
Je suis très heureux de voir autant de messages concernant ce problème de non reconnaissance du travail social.
Le suicide de Fabrice sera inoubliable et aura certainement des répercussions sur les futures conditions de travail (du moins je l'espère)
Mais merde, battons-nous ensemble pour nos conditions de travail.
Quand j'entends autant de témoignages, je m'étonne de ne voir autant de personne dans la rue quand on manifeste !!!
La solidarité doit prendre place au sein de nos entreprises (car c'est comme çà que je les appelle et c'est une réalité) et non pas dans des mails de soutiens.
Que chacun fasse un examen de conscience en regardant ces témoignages.
Vincent

Portrait de Anonyme Géraldine18.02.2012

Je suis éducatrice, et je travaille moi-même en ce moment dans des conditions que je trouve totalement préjudiciables au travail auprès des enfants et adolescents que j'accompagne. Et préjudiciable à l'ensemble de l'équipe, en souffrance. La tension est à son comble, chacun s'épuise, sans parvenir à sortir la tête de l'eau. La cause ? Un sous-effectif signalé régulièrement et des décisions non concertées prises par la direction. Et globalement une absence d'écoute de l'équipe, et un certain mépris.
Je tiens en me disant qu'il faut surtout surtout ne rien lâcher de l'essentiel, et aussi qu'il ne faut pas rester seule face à tout ça : faire circuler les témoignages, refuser de se taire, créer des réseaux de résistance.
On est très nombreux à vouloir résister à une certaine logique perverse, alors NE LACHONS RIEN !!!

Portrait de Anonyme Jean - Marc Martin 17.02.2012

Très ému par cette information, je veux témoigner qu'il est possible de faire autrement. Responsable d'établissement, je suis de ceux qui pensent qu'il n'est de bientraitance des usagers qui ne débute par la bientraitance des personnels.
Tout mon soutien à la famille de Fabrice et à ces collègues.
Martin Jean-Marc

Portrait de Anonyme peter pan14.02.2012

Que le combat continue pour la mémoire de Fabrice et pour toutes les équipes éducatives en souffrance à qui on demande d'oublier leurs valeurs... Où va l'action sociale ? Je travaille également dans le secteur associatif, j'ai le sentiment d'être manipulée, afin de permettre aux dirigeants de pouvoir brandir leurs statistiques, en perdant de vue le bien-être des usagers et des salariés... Nous sommes sur le terrain au quotidien mais rarement entendus... Les chiffres, mais à quel prix !!! Comme tout démarrage "des grandes batailles", Fabrice en est le déclencheur... Alors n'oublions pas nos valeurs, ne les laissons pas nous désabuser... Encore une fois, que le combat continue !
Courage.

Portrait de Anonyme Nina11.02.2012

C'est bien dommage qu'il ait fallu attendre qu'une situation aussi dramatique se produise pour que la vérité sur le malaise dans les métiers du " social " éclate au grand jour et soit enfin entendue !

Sans compter que la souffrance qui touche les éducateurs de l'A.A.E. se manifeste également dans beaucoup d'autres structures associatives dites " d'aide à la personne " dans lesquelles la politique du chiffre et de la rentabilité est désormais la préoccupation principale des dirigeants.

Merci à vous d'avoir dévoilé ces témoignages bouleversants ... en attendant les conclusions judiciaires.

Avec tout notre soutien aux proches de Fabrice.

Portrait de Anonyme dupont11.02.2012

Le silence des politiques locaux présents aux asso de DKQ est assourdissant : Comment peut on cautionner une gestion inhumaine d'une part, alors que d'autre part on soutien une politique sociale de gauche sur les tribunes . Les valeurs ne sont pas faites pour rester en portefeuille, sinon on serait tous banquiers !

Portrait de Anonyme dupont11.02.2012

Le silence des politiques de gauche aux CA des asso locales est assourdissant ! Comment peut-on cautionner une politique dans son asso alors que par ailleurs on en prône une autre sur les tribunes de soutien à F.H ? Les valeurs ne doivent pas rester en portefeuille, nous ne sommes pas des banquiers !

Portrait de Anonyme kangourou10.02.2012

Merci !

Portrait de Anonyme kangourou10.02.2012

Merci de ce que vous faites pour l'AAE,

Portrait de Anonyme Christine 09.02.2012

Je suis également travailleur social, nous sommes tous de plus en plus exposés aux violences des usages et du public auprès desquels nous travaillons. Si nous usons du droit d'alerte, les patrons répondent deux semaines plus tard et aux cours des entretiens professionnels, ils se permettent de remettre en cause nos compétences professionnelles !
Les flics sont armés, la psychiatrie, elle, a la camisole chimique, et nous ? Rien que nos billes !

Points d'embauche après un départ à la retraite, les congés annuels, les arrêts maladie et aujourd'hui les congés maternité ne sont plus remplacés !
Toutes les réunions de travail sont occupées par la gestion des mesures. Les patrons de notre secteur, dit à but non lucratif, les patrons nous utilisent comme des variables d'ajustement !

La RGPP a détruit aussi notre secteur, indirectement, mais les patrons ne l'ont pas défendu, ils essaient d'accélérer le processus en détruisant les conventions nationales.

Ils réduisent les coûts, rêvent de bénévoles soumis, et veulent jouer dans la cours des grands industriels. À quand la bourse sur la protection de l'enfance ou les CHRS !

Je suis syndicaliste, pour ma part, je pense qu'il faut porter plainte contre l'usager qui agresse... là, je choque les éducateurs, mais c'est le seul moyen pour qu'il y ait une enquête dans les structures. Il faut que cela éclate, nous sommes le secteur le plus exposé aux risques. Il y a plus de casse de travailleurs dans notre secteur que dans l'agroalimentaire ou le bâtiment ! Et en silence ! Le travailleur social est taiseux sur sa souffrance, il est tellement occupé avec celle des autres !

Portrait de Anonyme Anonyme09.02.2012

Encore une fois un grand déséquilibre entre le temps de parole accordé aux syndicats et aux salariés qui étaient en droit de retrait et ceux des dirigeants.
Pourquoi ?
Je n'ai pas entendu de paroles de salariés qui ne soutiennent pas le mouvement instauré par les syndicats. Ne fallait-il pas les interroger pour connaître leur point de vue et exprimer leur opinion sur l'association, les dirigeants et les syndicats.
Manque quelque chose de nouveau à ce reportage mais vous n'êtes pas les seuls à procéder comme cela. La presse locale a fait de même avant vous.
Reprenez la définition de journaliste. Vous y trouverez peut-être des solutions.

Portrait de Anonyme BORREDON Sylvie08.02.2012

Bonsoir Sonia Kronlund,

Tout d'abord, merci pour toutes vos émissions & reportages d'excellente qualité. L'émission d'aujourd'hui témoigne une fois de plus, hélas, de la grave dégradation des conditions de travail & de la déconnexion entre ceux qui dirigent & ceux qui se confrontent à la dure réalité du terrain. Le cas de l'AAE que vous nous avez présenté est édifiant. Quel exemple pour ces jeunes déjà bien abîmés par la vie ! Quelle impasse pour les éducateurs et tout le personnel qui va finir par s'épuiser. Il faut vraiment virer tous ces mafieux qui sont à la tête de ces institutions grandes ou petites. En finir avec ce système de casse généralisée ! Tout le monde devrait bouger...

... J'étais très contente de vous entendre ce matin dans l'émission de Marc Voinchet... Bonne idée de faire remonter "les pieds sur terre" dans la matinale, il faut qu'on parle de vous & de la qualité de votre travail (vous & votre excellente équipe de reporters & autres).
Surtout continuez & bougeons-nous pour ne pas revivre le scénario du 21 avril 2002 ! Surtout quand on entend les insanités du "ministre" Guéant. Quelle honte !

Amitiés & à demain,
Sylvie B.

Portrait de Anonyme jourdan08.02.2012

J'apprends en écoutant "les matins" que vous fêtez vos 10 ans avec un livre ! Je le commande illico :)
Merci pour vos remarquables émissions, et merci pour le petit mot à la mémoire de Grisélidis Réal, personne très attachante. Merci surtout pour votre pensée subtile et nuancée.

Bon anniversaire à tous !

Portrait de Anonyme pain08.02.2012

Bonsoir, j'ai perdu un camarade qui s'est pendu en raison de nos conditions de travail ; je comprends votre désarroi, Nicolas : vous pouvez me joindre au 06.87.54.42.07.

Portrait de Anonyme Henri Eskenazi08.02.2012

Super - une de + - et combien d'autres associations "para publiques", càd qui remplissent une mission sociale avec des CA corrompus. Gros cancer, d'autant qu'ils découragent/dégoutent les employés de bonne volonté souvent passionnés.
Merci à la programmation pour la chanson EN FRANÇAIS de fin d'émission.
Henri

Portrait de Anonyme marzio08.02.2012

J'ai écouté attentivement votre reportage, comme tous les jours surtout maintenant car je suis une éducatrice au chômage : j'ai du temps. Les témoignages des éducs sont criants de vérité, ceux des responsables associatifs également mais quelle est l'issue : démissionner comme je l'ai fait ? Repenser les modalités de prise en charge de publics violents, par exemple éviter de confronter ces publics à des contraintes de vie en collectif qui ne lui conviennent pas ?(Même difficultés pour les enseignants et les enseignés).
Le productivisme à l'oeuvre dans le champ de la prise en charge éducative est en train de casser ce travail et ses travailleurs, les gestionnaires du social sont très souvent d'anciens intervenants de terrain propulsés à des postes d'encadrement qui gèrent mal leur ascension sociale. Parvenus au faîte de leur carrière (parfois très jeunes et peu expérimentés quant à la vérité du travail), ils ont certes acquis les bribes du langage de terrain mais, la tête dans les comptes, ils ne peuvent impulser que des politiques bridées par des soucis de comptables ignorant tout ou presque des problématiques prises en charge : dichotomie qui freine la recherche intellectuelle en matière d'accompagnement social, à mon sens. En IRTS, on enseigne aux étudiants que le but de la carrière est de devenir directeur de structure, la réussite sociale passerait par l'abandon du terrain... Peut-être devrait-on reconsidérer le travail de prise en charge éducative de terrain, lui redonner ainsi ses lettres de noblesse et permettre à ses acteurs d'élaborer des outils pertinents pour faire face aux réalités des publics rencontrés ?

Portrait de Anonyme aldebaran08.02.2012

Bonjour,

Hélas la souffrance de Fabrice n'est pas un cas isolé.

Dans beaucoup d'associations les valeurs généreuses de la création ne servent plus qu'à la communication et pour l'appel au bénévolat.
En cette période de restriction des financements publiques, devant des coûts fonctionnels trop lourds, on demande aux opérationnels d'assurer l'équilibre budgétaire en faisant + avec - ...
Il n'y a aucune remise en cause des méthodes d'organisation parce que souvent les membres dirigeants sont carriéristes avec des salaires plus importants de 20% environ que dans le privé (en raison de la convention collective 51) et un emploi aussi assuré que pour un fonctionnaire.

Respects à l'éthique et aux valeurs de Fabrice.

Portrait de Anonyme Anonyme08.02.2012

Hélas, la souffrance de Fabrice n'est pas isolée.

Dans beaucoup d'associations, les valeurs généreuses à l'origine ont disparu au profit du pire de la gestion privée, surtout dans les strates de direction. L'emploi est aussi certain que celui d'un fonctionnaire et les salaires supérieurs de 20% à celui du privé en raison notamment de la convention collective 51.

En cette période de restriction budgétaire, le gel des dotations publiques impacte les secteurs opérationnels à qui on demande de faire plus avec moins mais certainement pas les fonctionnels.

Respects à Fabrice.

Portrait de Anonyme louis08.02.2012

Suis personnellement outré par ce que ce que j'entends. Honte aux gérants (le mots paraît adapté) de cette association, à leur aveuglement, à leurs ambitions démesurées, inadaptées aux moyens humains. Toute ma compassion aux éducateurs. Colère.

Portrait de Anonyme condroyer08.02.2012

chouette un podcast !

Portrait de Anonyme alvarado07.02.2012

C'est malheureusement une réalité, vu les budgets rétrécis et l'état qui supprime les subventions et les aides dans le milieu social, les répercussions qui en découlent sont graves.
Manque de dispositifs de sécurité dans les foyers qui laissent les éducateurs sociaux travailler dans des conditions peu rassurantes, tension et climat tendu. Une pression psychologique qui entraîne un débordement et des idées suicidaires.

Peu de compréhension de la direction qui, faute de budget, préserve d'autres domaines plus rentables au mépris de travailler dans de meilleures conditions, entre s'agrandir et embaucher plus de personnel, le choix est vite fait.