Leurs maris travaillaient au techno-centre de Renault à Guyancourt. Employés modèles, ils se sont suicidés à quelques mois d'intervalles, il y a trois ans. Depuis, leurs femmes se battent pour faire reconnaître leurs gestes en accidents du travail et condamner Renault pour faute inexcusable.
1ère diffusion le 31/03/2010
Reportage : Charlotte Bienaimé
Réalisation : Stéphane
Deschamps
Thème(s) : Information| Travail



7 commentaires
Salut, excellente émission... Je ne pensais pas que créer et produire des voitures était à ce prix. C'est plus que scandaleux. je suis sincèrement touchée par les témoignages de ces épouses. J'ai moi-même expérimenté les premiers stades du burn out dans une société de conseil et c'est mon mari qui m'en a sortie. Il me semble que passé un certain stade, on ne peut plus d'ailleurs faire machine arrière. Il y a des signes visibles qui auraient du alerter les chefs de projet et d'équipes, les collègues. Evidemment, il faut consacrer plus de 4 minutes pour parler aux "collaborateurs", c'est à dire les HUMAINS, maris, pères de famille, amis... qui travaillent avec vous et aussi savoir sortir du jargon managérial (phasage, étape, reporting, projet, délais, capex, opex, objectifs...)... Encore une fois bravo pour cette émission.
Bonjour,
Je viens d'écouter votre reportage sur les suicides au travail et en particulier chez Renault. J'ai été très émue des témoignages de Tatiana et Sylvie. Il me semble que l'Etat est actionnaire chez Renault alors, pourquoi il n'y a pas de réactions de sa part à ce sujet et concernant le management "à l'américaine" cela vient toujours d'en haut c'est à dire de la haute hiérarchie. Que fait la médecine du Travail de Renault ? Pourquoi les médecins n'interviennent t-ils pas auprès de la hiérarchie ? Vous n'en avez pas parlé dans votre reportage. Ce management est inhumain et cruel ; on a l'impression de retourner au temps de l'esclavage. Comment peut-on accepter cela en France ? Je suis indignée !
Je voudrais présenter toutes mes condoléances à Tatiana et Sylvie.
Cordialement.
Sarah
Merci pour ces témoignages de dames intelligentes et courageuses.
Je n'achèterai plus jamais une Renault de ma vie en hommage à ceux qui n'ont pas eu la chance de travailler ailleurs qu'au goulag mis en place par cette marque nationale détestable et au comportement intolérable.
Je ferai également leur publicité négative à chaque occasion et en toutes circonstances.
Je verse plusieurs larmes à l'écoute de ces témoignages accablant pour Renault et félicite ces femmes merveilleuses et courageuses sans qui nous ne serions que de simples moutons, bons à tondre et à abattre pour nourrir la machine.
Honte à Renault et à ces petits merdeux de petits chefs qui payeront cher leurs agissements au bout du compte.
Merci encore pour avoir donné la parole et fait entendre les louanges de celles qui portent la douleur et une partie de culpabilité involontaire, bravo.
Bonjour,
Le reportage que vous avez diffusé fait écho à ma propre expérience.
Je suis comédienne. Je suis intervenue depuis plusieurs années pour les services de la DRAAF (ministère de l'agriculture) en région Bretagne dans le cadre de stages de gestion du stress et des situations difficiles.
J'ai pu recevoir le témoignage notamment de contrôleurs agricoles. Ces personnels sont passés en quelques années d'une mission de conseil à une mission de police auprès des agriculteurs en particulier. Ces personnes ne trouvent plus de sens à leur travail. La mise en application de la législation européenne avec les mises aux normes associées pèsent très lourd. Le milieu agricole doit supporter le poids d'une équation insoluble : produire plus, faire des profits et ne pas polluer, préserver le bien être animal. Pour continuer, il leur faut investir, investir encore. A aucun moment le mode de production actuel n'est questionné. La pression s'exerce sur les contrôleurs mais bien évidemment et sans doutes plus cruellement encore du côté des agriculteurs. Les menaces de suicide (de la part des agriculteurs) ou d'agression (sur les contrôleurs) sont monnaie courante. Les cas de dépression nombreux.
Je n'ai pas suivi l'intégralité de l'émission mais je suis profondément troublée par le récit de ces 2 épouses. Impressionnant, j'ai eu l'impression de vivre tous ces moments avec elles. Je ne parviens à exprimer avec des mots mon ressenti, tellement c'est fort. Merci à France Culture de nous proposer des émissions d'une telle intensité. Mais le travail est-ce la mort ? Que peuvent penser les dirigeants, les cadres supérieurs ? Ce serait peut-être le sujet d'une autre émission si ces dirigeants souhaitaient s'exprimer. Ce doit être difficile aussi même si on refuse la responsabilité. Les choses ne sont jamais toutes noires ou toutes blanches. Mais que de douleur !!!!
C'est la journée Renault sur Radio France aujourd'hui. C Ghosn et sa langue de bois ce matin sur France inter et la très bonne émission "les Pieds sur terre" ici même. Une idée a la vie dure dans beaucoup d'entreprises, celle selon laquelle il faut gouverner par le stress, par la peur. Cela a fait plusieurs morts notamment chez Renault et dans bien d'autres entreprises. Il est prouvé que le travail est mieux fait quand le management se nourrit d'humanité, d'équité, de dialogue. Parmi les managers, certains n'ont pas le profil psychologique pour cet aspect de leur fonction, ayant des problèmes de confiance et d'estime en soi, vivant dans la peur et n'ayant pour seul horizon que leur carrière. Tout cela n'est pas combattu, bien au contraire. J'ai eu à souffrir de cet état de choses dans les deux années qui ont précédé mon licenciement du technocentre en 2006. Depuis, je continue mon combat judiciaire. Tatiana, Sylvie et les autres qu'on n'a pas entendu dans l'émission, je vous adresse toute ma sympathie et salue votre courage pour vos combats qu'ils soient judiciaires ou personnels.