"En bas de chez moi" par Samir (9 ans), qui vit à La Castellane à Marseille © DR
Assis sur une chaise, parfois un canapé, il guette. Plus loin, à l’entrée de l’immeuble, un autre, sacoche en bandoulière, vend, « charbonne » comme on dit dans le jargon, tandis qu’un troisième, le rabatteur, fait patienter les clients. Les petites mains d’un réseau de drogue sont nombreuses, visibles sur le terrain, elles font tourner le commerce. Rencontre avec Djibril, Jean, Karim, Lamine, à la Busserine, à la Bricarde ou le Plan d’Aou, cités des quartiers Nord de Marseille.
Reportage : Pascale Pascariello
Réalisation : Alexandra Malka
Pour aller plus loin :
"Pourquoi les dealers vivent-ils chez leur maman ?" est le titre d’un chapitre de Sudhir Venkatesh, in « Freakonomics », Steven D. Levitt, et Stephen J. Dubner, ed. William Morrow, 2005.
A lire également : "Gang leader for a day", Penguin press, 2008 de Sudhir VENKATESH.
Thème(s) : Information| Sociologie| Ville| drogue| Marseille| trafic de drogue








25 commentaires
Au lieu de s'acheter du Armani, il ferait mieux d'aider sa mère à payer le loyer !
Un reportage qui "prend le temps", merci France Culture.
Pareil, envie de les blâmer, envie de les plaindre, et les comprendre.
Mais je ne suis pas né dans cet univers, donc je ne peux pas me permettre de les juger.
Il faut vraiment écouter ce type d'émissions pour comprendre tout ce qui va mal avec la classe intellectuelle parisienne... C'est France Culture, ça??
Vous devez penser que France Culture doit toujours donner dans la "culculterie" intellectuelle ! Eh bien non ! De temps en temps nous avons droit à des émissions qui dérangent et c'est tant mieux !
Heureusement que France Culture se permet cette franchise... Jamais aucune émission de ce genre ne pourrait être diffusée à une heure de grande écoute. MERCI pour cette liberté.
Merci! Merci de nous les faire rencontrer, de nous rapprocher d'eux, nous qui les croisons au quotidien, en devinant, mais sans savoir vraiment ! Merci pour le magnifique dessin - et combien éloquent! - que l'on trouve sur le site de l'émission.
On n'a pas besoin de vivre à Marseille pour observer le phénomène. A Bordeaux les mômes commencent à 10 ans, font de petits vols : vélos, portables...
traînent en bande tous sac en bandoulière ...certains leurs parents travaillent et gagnent bien leur vie mais voilà mauvaise fréquentation et ...
Ensuite on les voit grandir, changer d'habitudes, parfois devenir toxico ou bien il finissent en prison, d'autres se suicident...
Ça ressemble à du Mermet, ça sent le Mermet , c'est fait comme du Mermet mais c'est pas du Mermet....
Vous avez vu juste car Sonia a travaillé pour l'émission de D. Mermet. Et les objectifs ici sont les mêmes.
Félicitations pour ce reportage puissant (pour les trois reportages, d'ailleurs).
Ces témoignages disent justement que des jeunes sont foutus pour un tas de choses. Se foutent dans la merde, avec beaucoup de science, oui, et ils le savent bien.
Mais moi aussi je suis foutu pour un tas de choses.
C'est ça qu'il faut entendre et admettre.
Le reportage conduit évidemment vers cette terrible constatation : la chance, le courage, l'engrenage.
Le noir… quelle belle perspective.
La situation de ces jeunes n'est pas enviable, mais qui c'est qui faisait le b----l à l'école au lieu d'essayer d'apprendre ?
Emission très bien faite. Mais je ne peux plus supporter cette façon de parler de ces jeunes, qui disent "ne pas avoir le choix"... Ils se présentent constamment comme des victimes. De pauvres jeunes à plaindre, parce qu'"on" ne leur donne pas de travail... Et que "c'est la misère". Ils ne se remettent jamais en question. Ca me fait penser à la très belle chanson d'Abdel Malik "c'est pas moi, c'est les autres, ...les autres...".
Effectivement, muchos, les écouter me fait vraiment penser à la fable du loup et du chien de La Fontaine.
Ils ne sont pas libres du tout et ne semblent vraiment pas en avoir conscience.
J'ai tout de même noté une grand paresse au départ (l'école c'est une contrainte, je cherche pas à comprendre...). Tout ça, c'est franchement mou du genou. La liberté demande de la volonté et de l'énergie.
Je n'ai trouvé ni l'un ni l'autre à les écouter, et j'en suis désolée pour eux. Ils ont fait un choix et ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes.
Que de pertes en ligne pour notre société !!!
Avez-vous fait un reportage d'aussi bonne qualité sur les clients ? Si oui à quelle date ? Si non, je serais très demandeur... Si pas de clients, pas de dealer....
Sex & Drogue (douce et dure)... il y aura toujours des clients !
Un grand merci pour cette excellent reportage (je note qu'il est signé Pascale Pascariello dont j'apprécie beaucoup le travail dans "Là-bas si j'y suis"). En écoutant s'exprimer ces jeunes on comprend les failles de notre société. Toute une partie de la population est laissée pour compte, ce n'est pas nouveau. Ces jeunes sont les victimes de cet abandon et ils le savent. Ces jeunes sont intelligents et même s'ils sont enfermés dans un système basé sur l'argent, ils ont bien compris l'engrenage dans lequel ils sont tombés. Triste pays qui sacrifie une partie de sa jeunesse !
Je fais le parallèle avec l'émission de D. Mermet que j'ai écoutée aujourd'hui à 15h sur France Inter. Le sujet était l'ENA (suite au livre d'O. Saby, Promotion Ubu Roi). Là, on est dans un autre monde... Cette soit-disant élite... A écouter s'exprimer ces jeunes énarques (ou futurs), on comprend à quel point ils sont formatés. Cela laisse rêveur ou plutôt inquiet.
Deux mondes et pourtant c'est la même génération... Les gâtés d'un côté et les laissés pour compte de l'autre... Il y aurait beaucoup de choses à dire à propos des ces deux excellentes émissions.
Merci et continuez votre travail "d'utilité publique".
Sylvie
PS : Ce reportage n'a pas du être facile à réaliser, bravo pour votre courage !
Bonjour,
J'adore votre émission. Vos reportages sont vivants, souvent émouvants et très instructifs sur ce que nous sommes, des êtres humains avant tout, avec leurs forces et leurs faiblesses.
J'aurais aimé entendre la première partie (1/3) de la série "Pourquoi les dealers vivent-ils..." mais je ne la trouve pas sur votre site !
???
Ca pourrait être plus simple tout de même pour retrouver une série d'émissions ! : (
Bien à vous,
Réjean
Émission très forte, et en effet, avec des sentiments contradictoires. A la fois envie de les blâmer mais aussi de les comprendre, avec leur discours souvent censé ("je fais pas le charbonneur pour 30 euros de plus", "il y a trop de risques", etc). Le discours de ces guetteurs et vendeurs est rarement entendu. Celui du client est lui jamais entendu. Les liens entre eux et les dealers ? Leurs affinités ? Leurs échanges ?
Bravo et merci pour cette émission.
Un épisode qui laisse vraiment à réfléchir sur le problème des réseaux............
Vous avez raison Sonia Kronlund : créons un mouvement national pour aider ces "chouffeurs" qui sont tellement à plaindre qu'ils ne gagnent pas assez pour vivre hors du foyer maternel et vivre décemment. Je les plains beaucoup ces "jeunes" dont les profs leur "prenaient la tête".
Gouzon
Vraiment un épisode incroyable, qui suscite beaucoup de sentiments contradictoires. Les comprendre, les condamner, les saluer (parce que c'est pas rien de dealer !) ?
Bref, ça remet sur la table l'éternel problème de l'intégration, et de l'inégalité dans la société et devant la justice. Mais plus loin encore, il y a la question du Bien et du Mal : cet argent il est «sale», mais il est «tentant». On préfère le donner que d'acheter le pain de la famille avec. Les gars disent qu'ils n'ont pas le choix : en fait, ils l'ont ! Ils ont juste été "pragmatiques" ; ils sont devenus des «chiens» pour survivre.
«Les anges aux visages sales» disait Nessbeal…
Je remarque aussi que la page de l'émission d'aujourd'hui est particulièrement bien fournie (liens, références), et le dessin de Samir est génial et profondément émouvant.
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