La Reine de la Nuit : entretien avec Barbara Steele - Fin du monde, le retour : Gance, Tarkovski, Lars vonTrier. 3
Par François Angelier
Réalisation: Laurent Paulré
Barbara Steele dans Le masque du démon
Elle fut la première Prima Donna Assoluta du cinéma fantastique
européen, elle en reste un mythe. Son nom Barbara Steele. Du "Masque du démon" de Mario Bava où le bourreau cloue un masque de fer sur son visage terrifiée à "Frissons" de David Cronenberg, en passant par "Danse macabre" d'Antonio Margheriti, "Les Amants d'outre-tombe" de Marco Caiano (magistrale séance de flagellation), "Huit et demi" de Fellini et "Le spectre du professeur Hichcock" de Riccardo Freda, et
nous n'oublierons pas "La Chambre des torture" de Roger Corman, son immense regard noir hante les nuits moites des amateurs d' "écran démoniaque". On a tous en nous quelque chose de Barbara, c'est ce soir, dans Mauvais Genres.
Apocalypse, le retour : en seconde partie d'émission coup de phares sur quelques DVD millénaristes : "La Fin du monde" d'Abel Gance, "Stalker" de Tarkovski et surtout "Melancholia" de Lars von Trier.
L'Encyclopédie pratique des Mauvais Genres de Céline du Chéné: Daniel Darc
Daniel Darc
Invité(s) :
Barbara Steele
Thème(s) : Arts & Spectacles| Cinéma| Science Fiction



3 commentaires
Le nouvel objet filmé de Lars von Trier dans la constellation du paysage cinématographique est la mise en scène de l'attraction des astres, du choc mental de deux planètes.
Le film naît, hors du temps, dans l'espace de la représentation onirique pour mourir dans le pâle reflet de la vie terrestre. L'image des deux sœurs (céleste et terrestre) est transfigurée en deux parties distinctes : Justine ou la lente agonie du mariage social pesant et Claire dans l'angoisse matérielle de la fin des temps.
L'idéal du beau mariage, l'organisation d'une superbe réception, le film parfait de la vie sociale à un prix exorbitant s'enlise et agonise lentement pour rompre avec tous les liens du vouloir-vivre. Les scènes sont longues, les échanges triviaux et les protocoles se figent dans l'attente et l'insignifiance pour s'ouvrir sur l'espace mental du sens de la vie juste. Le retard, l'attente, un long bain impromptu, les projets d'avenir avortés, l'adultère consommé sur un golf, c'est bien cette suite d'événements censés qui marquent le territoire spirituel de la céleste créature représentée sur Terre par Justine. L'effondrement des valeurs et l'inéluctable violence du choc des planètes prend sa source dans la comédie humaine du mariage ou pire celle à peine voilée de l'enfantement.
C'est le corps entier de la deuxième partie qui peut s'animer : le cadrage de la nécessité et l'exactitude du calcul de la fin des temps. Les éléments de la raison viennent corroborer une imagination lucide : la science, internet, la lunette astronomique et jusqu'à l'instrument de fortune mesurant la proxémie du cataclysme. Désormais chaque fonction représentée dans des vies humaines prennent la tournure des actes dans le cadre de leur volonté : l'espace et le temps de la nécessité.
Le film réussit à installer une ambiance dans un rythme propre capable d'atteindre l'espace mental du spectateur en prenant le risque néanmoins et au bout du compte de révéler une séance cinématographique comme un événement trivial et mesquin face à la réalité onirique de la vie humaine.
David.
Même sentiment que le précédent auditeur. Je suis resté jusqu'à la fin. Je me suis encore plus ennuyé.
bonjour
merci pour l'entretien. par contre je ne partage pas du tout votre enthousiasme pour le "génial mélancholia". j'y allais avec beaucoup d'envie mais je m'y suis prodigieusement ennuyé, je suis même parti avant la fin (chose rare) et ce ne sont pas les grêlons tombant sur la tête de c. gainsbourg qui ont réussi à me réveiller. Le prologue est certes magnifique ensuite l'ennui grossit autant que la planète qui s'approche. il se passe rien, et je n'ai pas cru un seul instant à cette fin du monde. Grosse déception.
à la semaine prochaine
olivier (pas-de-calais)