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Les journalistes oublieraient-ils leur déontologie ? 8

12.10.2012 - 07:12 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudio

C’est l’un des sujets majeurs des rencontres de correspondants de guerre à Bayeux cette semaine, après les Assises du journalisme de Poitiers la semaine dernière. Comment informer aujourd’hui en toute indépendance par rapport à tous les pouvoirs (politique, économique, sportif), quand la profession a de moins en moins d’argent ?

Un Observatoire de la déontologie de l’information (ODI) vient d’être lancé et le syndicat national des journalistes (SNJ) vient d’appeler à la création d'une instance déontologique des médias pour "regagner la confiance" des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Quand un des mouvements de l’UMP souhaite davantage de journalistes de droite dans les radios et télévisions publiques.

 

On a recensé une centaine de problèmes déontologiques sur l'année écoulée


Didier Epelbaum Eric Chaverou © Radio France

Voilà l'un des enseignements de l'Observatoire de la déontologie de l'information présenté à Poitiers.

Une initiative liée à une recommandation des Etats généraux de la presse de 2008 et à des discussions entre professionnels qui n'ont pas abouti il y a un peu plus d'un an.

Didier Epelbaum, son président, souligne d'abord que cet Observatoire repose aussi sur des universitaires et des membres de la société civile, "très représentatifs du public", et "il n'y aura aucun tabou".

Le journaliste retraité de France Télévisions confie qu'il s'agit "d'améliorer la qualité de l'information" et de tenter de remédier à "une image du journaliste assez déplorable". 

Un rapport annuel et un site internet à venir publieront et analyseront les défauts, expliqueront les mécanismes de la presse et mettront aussi en valeur "les bonnes pratiques", "dans l'idée qu'une bonne information fait partie du bon fonctionnement de la démocratie". Avec également des débats publics, mais "en se donnant le temps de la réflexion", sans jamais réagir à chaud.

Celui qui fut le premier médiateur de la rédaction de France 2 estime que la situation se détériore : moins de médiateurs dans les médias et moins bien exposés et de 2009 à 2011 "une augmentation considérable des plaintes auprès du CSA" concernant la déontologie :

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Le SNJ prépare une "instance de déontologie des médias"

 

Vendredi dernier, le syndicat national des journalistes a lui évoqué d'ici 3 ans une structure composée essentiellement de professionnels, associant des représentants de la société civile. Avec a priori 20 membres : 8 journalistes et 8 employeurs et 4 représentants du public. "Alors que la défiance, voire l’indifférence, du public envers les médias ne cesse de croître", grande nouveauté, le public serait partie prenante d'une telle entité. Et ses porte-paroles pourraient être élus par un vote national.

Cette instance, qui va être soumise aux professionnels et à des parlementaires, serait adossée à la Commission de la Carte d'Identité des journalistes professionnels, qui n'a pas d'autorité déontologique. Elle pourrait "s’auto-saisir ou être saisie par tout citoyen ou tout organisme estimant qu’il y a eu manquement aux règles déontologiques". Et elle repose sur la réactualisation l'an dernier de la Charte de déontologie du syndicat. SNJ qui affirme représenter un peu plus d'un journaliste sur deux en France et dont Anthony Bellanger est le Premier secrétaire :

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L'appel des Indignés du PAF

 

Ce collectif est lui aussi récent, même s'il est lié à une association qui a 20 ans : les pieds dans le PAF. Il est né en décembre dernier d'une émission de TF1, "Appels d'urgence", aux reportages truqués détectés par "Le Petit journal" de Canal Plus. "Constatant les dérives et la dégradation de la qualité de l’information en France", les Indignés du PAF ont lancé un Appel en ligne en 4 points. Avec selon eux, plus de 5.000 signataires pour ce qui demande d'abord justement à "associer les citoyens au fonctionnement des médias". En commentaire d'un entretien de Télérama avec Anthony Bellanger, ils se disent d'ailleurs prêts à s'associer "avec plaisir au processus de création" de l'instance du SNJ. 

Le débat des "Indignés du PAF" aux Assises du journalisme de Poitiers Eric Chaverou © RF

Des Indignés du PAF invités par les Assises de Poitiers, dans "le OFF" de l'événement, géographiquement bien loin des autres échanges. Avec pour thème du débat organisé ce soir là dans "Le Plan B", un café alternatif :

Qu'attendez-vous d'un(e) journaliste ?


Denis RougéEc©RF

 

 

A la tribune notamment, devant seulement une petite vingtaine de personnes mais pendant plus de deux heures, Denis Rougé, le président des pieds dans le PAF.

Co-animateur des Indignés du PAF, il nous a entre autres expliqué comment la situation évoluait avec des autorités comme le CSA ou le ministère de la Culture.

Davantage à l'écoute, dans un panorama médiatique qui selon lui se dégrade significativement. Avec une profession marquée par "un mal-être" quand "on a bien vu pendant la campagne électorale, tout le monde tape sur les médias" :

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>>> Comme pour chaque "Pixel", nous vous avons nous aussi interpellé via notre compte twitter. Voici vos réactions :

 

Le mea culpa de BFMTV au sujet de l'affaire Merah

 

Les Indignés du PAF, comme certains spectateurs des Assises de Poitiers, mettent en cause le développement de l'information en continu. 

Ecoutez ce qu'en dit Hervé Béroud, le directeur de la rédaction de BFM TV, au sujet notamment de l'annonce erronée de l'arrestation de Mohammed Merah par sa chaîne :

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Dans un monde idéal, les journalistes devraient être neutres et indépendants


© Vincent Isore /IP3 Press / Maxppp

 

 

Autre point de vue très récent à ce sujet, celui de Guillaume Peltier, chef de file de "la Droite forte", un nouveau mouvement de l'UMP.

 

Pour l'un des anciens porte-paroles de Nicolas Sarkozy pendant la dernière campagne électorale, "il y a une pression du politiquement correct". Et il faudrait davantage de journalistes de droite dans l'audiovisuel public "pour que les Français se sentent bien représentés", "dans un contexte de crise, de populisme naissant". Et d'avancer notamment les simulations de votes particulièrement à gauche des étudiants en journalisme lors de la présidentielle :

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Parier également sur de nouvelles formations

 

Pour une meilleure représentation des Français et regagner la confiance des lecteurs, auditeurs ou télespectateurs, certains professionnels expérimentent plutôt un retour au terrain et à la diversité des profils. Avec une sélection sans diplômes pour l'expérience toute récente du Monde Académie, pilotée par Florence Aubenas :

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 © EC/ RF

 

 

 

Quant à John-Paul Lepers, aux manettes de la Télé Libre, il estime que l'"on doit se battre tout le temps.

C'est un sport de combat. Je trouve ça normal et effectivement, c'est pas une profession confortable. (...) Par exemple, nous on essaye de former des jeunes qui ne sont pas du sérail et qui en veulent, qui veulent mordre, qui veulent dire des choses" :

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Un reportage d'Eric Chaverou

Thème(s) : Information| Médias| déontologie| journalistes

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Le détail complet du dernier baromètre La Croix-TNS Sofres sur les Français et les médiasOù l'on apprend notamment que malgré une amélioration plus de la moitié des personnes interrogées demeurent méfiantes vis-à-vis de l'indépendance des journalistes.
Le forum des sociétés de journalistesLe but de ce qui regroupe plus de 30 SDJ est « de permettre la réflexion et la concertation des Sociétés de journalistes ou de rédacteurs légalement constitués afin de veiller au respect de la déontologie au sein des rédactions, à leur indépendance et au pluralisme de la presse d’information. »
Acrimed. Action Critique MédiasNée en 1995, cette "association-carrefour" dit réunir "des journalistes et salariés des médias, des chercheurs et universitaires, des acteurs du mouvement social et des « usagers » des médias. Elle cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante".
Peut-on encore informer si l'on est trop proche de sa source ? Le Secret des sourcesInvités de Jean-Marc Four samedi dernier : Dominique Pradalié, rédactrice en chef à France 2 et secrétaire générale du SNJ, Emmanuelle Anizon, journaliste médias à Télérama, Pierre Haski, cofondateur de Rue89.com, ancien journaliste de Libération, et Isabelle Veyrat-Masson, historienne et sociologue des médias.

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8 commentaires

Portrait de Anonyme gauthier20.10.2012 Pourquoi vouloir que les journalistes soient moins tordus que notre société ? S'ils avaient atteint au nirvana de la vertu, alors... Soyons tous ce qu'ils ne sont pas encore, comme s'ils l'étaient... enfin - claude
Portrait de Anonyme Anonyme14.10.2012

Est-ce que "mettre à la une un évènement sans intérêt mais qui permet de parler d'une personne politique influente" est une des choses qui fait partie de code de déontologie d'un journaliste ?

Portrait de Anonyme Marthe14.10.2012

Il est en effet tout à fait d'actualité de parler de déontologie journalistique. A ce sujet, je suis impatiente de connaitre votre avis au sujet de M. Jean-Claude Casanova, présent depuis fort longtemps sur la chaine publique de France-Culture, qui a vu sa prime, dixit le Monde du 9 courant, passer de 16 500 € en 2007 à 36 000 € en 2010 et 2011 ? Toujours d'après le même journal, la dite prime "a même été de 69 000 € en 2009, année où il a été décidé de porter, avec effet rétroactif, cette indemnité mensuelle de 1500 euros à 3000 euros". Autre question : combien M. Casanova touche-t-il pour chacune de ses interventions radiophoniques au cours desquelles il insiste sur l'extrême nécessité de ne pas augmenter les salaires des fonctionnaires ?

Au plaisir de lire votre réponse.

Portrait de Eric Chaverou Eric Chaverou14.10.2012

Bonjour Marthe,

Nous parlons ci-dessus des médiateurs. Justement, la personne la mieux placée pour que vous obteniez la meilleure des réponses est Jérôme Bouvier, le médiateur de Radio France.
Vous pourrez le joindre via cette page :

http://espacepublic.radiofrance.fr/messages

Cordialement

Portrait de Anonyme bob14.10.2012

je n'ai plus confiance aux infos, j'ai l'impression que les journaliste du JT sont plus des "présentateurs", ils lisent et récitent "la leçon du jour", sans savoir ce qu'ils racontent.
Certaines images sont sujettes à cautions...

Portrait de Anonyme gascoin paul12.10.2012

Candidat spontané au poste de sentinelle du respect de la déontologie journalistique, grâce à l' adoption d' un regard non encarté, sensibilisé à la formulation d' aoristes gnomoniques, vision par essence ciblée sur un point de vue focalisant sur la distorsion de l'opinion cadré par l'anthropocentrisme.

Portrait de Anonyme mr12.10.2012

bonjour
je pense qu'Acrimed aurait tt à fait sa place justement pr 1 droit à l'information pro et démocratique attendue ... ds les liens au moins !
mr

Portrait de Eric Chaverou Eric Chaverou12.10.2012

Bonjour,

Vous avez tout à fait raison. Vous m'avez devancé ;-)

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