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Manger sans gâcher 14

18.01.2013 - 07:12 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudiovideo

 

Sidérant, choquant.

Près de la moitié de la nourriture mondiale est gaspillée, selon une étude britannique toute récente.

D’autres données circulent, moins dramatiques. Mais en ces temps de crise et alors qu'un milliard d'êtres humains souffrent de malnutrition, le fléau demeure. Une prise de conscience globale semble naître en France, moindre toutefois au niveau environnemental.

 

De la disco, évidemment, mais pas seulement. Fanfare, électro ou variétés rythment depuis mars dernier à Paris les « Disco Soupes ». Des repas de sensibilisation au gaspillage alimentaire en musique. Ouverts à tous, gratuits ou à prix libres, à base de légumes et de fruits récupérés, le plus souvent à Rungis. Aux marmites, avec une bande d'amis : Caroline Delboy, 26 ans, qui a importé cette recette de « Schnippel Disko » d’Allemagne :

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Et la sauce prend puisqu'après 9 repas à Paris, Rennes inaugurera ce samedi une série de rendez-vous en région, financés plus rapidement que prévu via internet par une communauté de plus en plus importante. Le phénomène est tel que la Mairie de Paris et le ministère de l'Agroalimentaire écoutent désormais ses responsables. Il faut dire qu'il a aussi bénéficié d'une forte exposition médiatique et du précieux relais du Banquet des 5000, à l'Hôtel de Ville de la capitale, organisé en octobre par Canal+ et Tristram Stuart. Un jeune Britannique pourfendeur du gaspillage alimentaire reçu alors sur notre antenne par Alain Kruger, dans "On ne parle pas la bouche pleine" :

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« C'est absolument étonnant ! Ca marche quand on explique »


Autre phénomène, en Champagne-Ardenne. La réussite de plats cuisinés haut de gamme en bocaux, établis à base de rebuts. Confectionnés par des personnes en insertion et destinés aussi pour une petite part à des personnes démunies.

Un projet né du souhait d'environ 80 associations et organismes d'aide sociale, aide alimentaire et d'insertion de mieux utiliser les aliments jetés dans la région. Des dizaines de milliers de tonnes de légumes perdus quand les taux de chômage et de pauvreté augmentent. Comme la fréquentation des épiceries sociales, de pratiquement 10% par an. Et cette réflexion, sous l’égide de l'Etat et du service régional de l’alimentation, ne cesse de porter ses fruits : vente par différents biais, y compris bientôt à domicile, et prochaine levée de fonds. Coordonnateur de l'association qui pilote ces "LEGUM'andise" plébiscités, Antoine Campredon y voit un concentré de raisons. Notamment la motivation d'un public à qui l'on s'explique :

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Antoine Campredon, longtemps cadre puis dirigeant dans l'agroalimentaire, qui vit cette aventure à travers un prisme particulier :

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Une campagne de sensibilisation avant un pacte national

 

« On est pris d'un vertige face à tous ses chiffres et il faut mettre en mouvement la société » confie dans son grand bureau cossu le ministre de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot. Chaque Français jette en moyenne 20 kg d’aliments par an à la poubelle : 7 kg d’aliments encore emballés et 13 kg de restes de repas, de fruits et légumes abîmés et non consommés !

Et de raconter comment lui est venu le plan de sensibilisation lancé en ligne en octobre, avant un pacte national qui sera révélé en juin. Un comité de pilotage y travaille en ce moment avec de très nombreux acteurs de la chaîne. Pendant que des opérations pilotes ont lieu dans des collèges de Dordogne, des restaurants sociaux de Laval ou des Monoprix, pour des ventes promotionnelles différées : achat de 3 produits pour le prix de 2, mais je peux retirer le 3e plus tard. Objectif de Guillaume Garot, comme les eurodéputés : réduire de moitié le gaspillage alimentaire d'ici 2025 :

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En attendant 2025, vos tweets montrent déjà des changements d'états d'esprit et d'habitude :




Des industriels et distributeurs plus responsables selon les Banques Alimentaires

 

Elles sont aux avant-postes du gaspillage alimentaire depuis 1984.

Avec l'an dernier 180 millions de repas distribués aux associations partenaires. Pour 750.000 bénéficiaires, à raison de 10 kilos de denrées par mois et par personne. Soit un peu moins de la moitié des besoins d'une famille.

 Alain Seugé préside la fédération française de ces banques alimentaires. Et il considère que les industriels et la grande distribution progressent. Dans leur recyclage des rebuts, grâce à des effectifs plus nombreux qu'avant, ou dans les dons à une structure considérée désormais professionnelle et fiable :

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Selon l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), 2.317.057 tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année dans la distribution en France (hyper et supermarchés + discount + épiceries et commerces de proximité) et 1.562.400 tonnes dans la restauration (collective et commerciale).



Mais pas encore de prise de conscience environnementale

 

Mésaventure symbolique, France Nature Environnement n'était initialement pas dans le tour de table du ministère. Quand elle a pourtant publié dès juin 2010 un dossier documentaire intitulé "Gaspillage alimentaire, pourquoi et comment agir ? ", développé des actions pilotes de mai à juillet dernier, avant d'organiser elle-aussi un repas "Faut pas gâcher" devant la gare Montparnasse.

Pour le porte-parole de la fédération d'associations, Benoît Hartmann, c'est parce que

« les conséquences environnementales ne sont pas encore bien comprises. Sur le fait que quand je jette du pain, en fait, je jette du blé qui a été irrigué, pour lequel il y a eu des pesticides (...) Ca pour l'instant, c'est mal compris. Le fait que j'ai dépensé de l'énergie sur toute la chaîne. »

Sans oublier le coût environnemental de l'élimination de ce déchet. Et de souligner que « c'est normal que le gouvernement n'ait pas une perception car en Europe, plus de 80% des gens pensent qu'ils ne gaspillent pas » (cf aussi sondage en lien ci-dessous) :

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En attendant la réalisation des ambitions affichées des politiques, Benoît Hartmann donne quelques précieuses astuces pratiques au quotidien et tire les enseignements des plus récentes expériences. Comme le paradoxe de gâcher le plus ce qui nous coûte le plus cher : les fruits, les légumes et la viande :

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Et c'est dans ce contexte, que certains font le choix, militant, de devenir "gratuivore". "Freegan", selon un mouvement né aux Etats-Unis en 2004. Ils fouillent alors les poubelles des supermarchés, puis mangent les restes, pour démontrer et dénoncer l’ampleur du scandale et notre système économique.

 

Un reportage d'Eric Chaverou

Thème(s) : Information| Agriculture| Ecologie| Economie| Gouvernement| Politique| Société| alimentation| gaspillage alimentaire

Lien(s)

Les Français et le gaspillage alimentaire. TNS SofresEtude publiée fin octobre dernier qui nous apprend notamment que pour pour 54% des sondés, le réduire est une action très importante à faire quotidiennement, n°2 après les économies d’eau (55%) et avant le recyclage des déchets (52%). Mais que paradoxalement, les Français n’ont pas le sentiment de contribuer eux-mêmes à ce gaspillage.
Frigos à nu. Le web documentaire qui décomplexe votre frigidairePour en savoir plus sur les rapports que les Français entretiennent avec la société de consommation.
S'alimenter autrement : les circuits courts. Planète terreLa semaine dernière, Sylvain Kahn recevait Christine Margétic, professeur à l'université de Nantes, Directrice du CESTAN (Centre d'Etudes sur les Sociétés, les Territoires et l'Aménagement de Nantes) et Camille Hochedez, géographe, ATER à l'ENS de Lyon.

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14 commentaires

Portrait de Anonyme Caroline21.01.2013

N'oubliez pas les restaurateurs qui servent délibérément des assiettes énormes impossibles à terminer.

Portrait de Anonyme Denis Chevallier20.01.2013

Je ne dirais qu'une seule chose : lisez le petit bouquin de Bruno Lhoste préfacé par le grand Tristam Stuart, à l'initiative du festin géant à Paris en octobre 2012 : La Grande (sur)-bouffe (voir ci-dessus). Une première partie qui cadre le sujet (des chiffres et des chiffres), une seconde qui ouvre des perspectives d'avenir.

Alors pour 5 €, vous aurez une heure de lecture qui ne fait pas la morale, qui n'est pas catastrophiste, et plein de solutions plus sur le " mieux manger" que le moins gaspiller.

bonne lecture

Denis

Portrait de Anonyme marie20.01.2013

Lee gaspillage des ménages n'est il pas minime par rapport à ce qui l'est dans l'ensemble du circuit producteurs mais surtout distributeurs, et aussi les restaurants, les cantines - même si c'est bien de responsabiliser les individus- ...

Certains petits éleveurs de porcs locaux qui vendent en circuits courts pourraient nourrir leur animaux en récupérant les déchets mais il me semble que cette pratique est interdite par l'Europe.

Portrait de Anonyme SIAP19.01.2013

Jeter c'est une façon d'écouler la production, avec une agriculture productiviste c'est inévitable.

Mais au final, c'est nous qui payons et de plusieurs façons.

Portrait de Anonyme Cath18.01.2013

les normes europeenes en vigueur contraignent les collectivités à jeter tout ce qui pourrait être réutilisé aprés un service de repas, dans un établissement accueillant 80 personnes il peut arriver de devoir jeter plus du quart de la production qui pourrait être arrangé différement pour un autre repas tout en étant conservé dans de bonnes conditions d'hygiéne élémentaire.

INTerdiction formelle est faite aux agents de manger quoique ce soit (sous peine de sanction!)

Tout ce qui passe en salle doit si ce n'est pas consomé ,partir à la poubelle , nous jetons quotidiennement de quoi nourrir midi et soir au moins trois familles de quatre enfants, et il y a cinq structures semblables dans ma préfecture de province - 60000 Habitants - où les mêmes principes sont appliqués, sans parler de la centrale de production , là c'est le délire...

Portrait de Anonyme Josephine18.01.2013

L'important maintenant est de changer nos habitudes en réfléchissant à chaque fois que nous achetons et que nous choisissons quelque chose dans le frigo.
Et surtout de l'expliquer aux enfants !!

Qui eux-mêmes réfléchiront un peu plus lorsqu'ils seront au self. Par exemple

Portrait de Anonyme Rouziès Martine18.01.2013

Bonsoir,

Je n'ai pas pu écouter votre émission,pourtant alléchante. Erreur survenue lors du téléchargement, 3 essais infructueux.

cordialement
MR

Portrait de Eric Chaverou Eric Chaverou19.01.2013

Bonsoir et merci pour votre fidélité.

La réécoute sur notre site est effectivement actuellement fluctuante. Nous en sommes désolés. Nos équipes techniques travaillent à un retour à la normale.

Cordialement

Portrait de Anonyme Ferdinand18.01.2013

Les responsables de ce gâchis sont avant tout les Grandes Surfaces (super-marchés)ce sont elles qui ont modifiées et pour toujours le comportement des
consommateurs.

Avant, on achetait au jour le jour ou presque et on ne gâchait rien maintenant sous prétexte de faire des économies on va une fois par semaine remplir un caddy avec des produits que l'on ne désire pas mais qui vous sont imposés par leurs équipes de vendeurs spécialistes de la manipulation des comportements. Elles ont aussi depuis 40 ans instillé dans nos crânes ce poison : MOINS CHER !!!

Ce qui a ruiné notre production locale et l'accès à la qualité des jeunes générations qui ne peuvent pas sortir du paradigme idiot de leurs parents.

Portrait de Anonyme Anonyme17.01.2013

Personnellement, la nourriture que je jette est voisine de zéro, à l'exception des produits de mon jardin s'ils deviennent avariés.

J'ajoute que mon gaspillage de produits manufacturés est tout aussi réduit.

J'en fais une question d'éthique et suis attentif à ces choses.

Portrait de Anonyme Herpin Jean_luc16.01.2013

Je savais que 30% de la nourriture mondiale était jetée à la poubelle mais la les chiffres sont encore pire. et pendant ce temps là un humain meurt de faim toutes les 4 secondes.

Et on gaspille l'argent pour fabriquer des armes...
Notre monde marche sur la tête.

Que faire ?
J luc

Portrait de Anonyme Anonyme20.01.2013

Relever ses manches.

Portrait de Anonyme Anonyme16.01.2013

Je me méfie des industriels qui maintenant se tournent vers le solidaire.

Pendant des années, ils ont mis la pression aux producteurs pour avoir une baisse des prix.

Portrait de Anonyme legumandise17.01.2013

ACDCS Les Conserveries solidaires est une association qui met en pratique ses engagements avec une volonté d'agir LOCALEMENT. Nos légumes "sauvés" sont apportés par nos partenaires agricoles qui sont satisfaits de pouvoir valoriser les invendus.

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