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MOOC : les profs face aux nouveaux cours en ligne 16

04.10.2013 - 07:32 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudiovideo

C’est le mot de la rentrée universitaire : MOOC. Du moins, parmi les mesures de la ministre de l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso et dans les médias. Ces cours massifs ouverts en ligne nés aux États-Unis en 2008 ne cessent de prendre de l’essor et la France vient d’annoncer sa future plateforme. A la veille de la journée mondiale des enseignants, qu’en pensent ceux dont le métier s’en trouverait bouleversé ?

 

« Mooc ? Ca s’écrit comment ? Non, jamais entendu parler. » Enseignant chercheur depuis 12 ans, professeur en chimie moléculaire à l’Université Pierre et Marie Curie, Matthieu Sollogoub représente bien la très grande majorité de ses collègues. Cet acronyme ne lui dit rien, même s’il utilise les nouvelles technologies depuis longtemps :

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Un sondage Opinionway pour le ministère publié mercredi révèle en effet que seuls 18% des enseignants savent précisément de quoi il s'agit et seuls 3% en ont déjà suivi un en entier. Le plan FUN, France Université Numérique, vanté mercredi par la ministre, souhaite corriger ce retard. Avec notamment une plateforme française, proposant dans un premier temps, en janvier, une vingtaine de cours massifs gratuits. Histoire d'affirmer sa souveraineté pédagogique, linguistique et culturelle, quand aujourd'hui seulement 3% des universités françaises proposent des cours en ligne, contre 80% aux États-Unis. Et quand le CNED, épinglé par la Cour des comptes, a raté sa révolution numérique.

 

MOOC : Massive Open Online Course. Ou CLOM : cours en ligne ouvert et massif.
Avec des xMOOCs, dont on entend le plus parler, comme EdX (récemment associé à Google) ou Coursera, qui reposent sur un modèle instructiviste : un cours quasi classique.
Et des cMOOCs, connectivistes, avec un "organisateur" plus qu’un professeur. Premières en France : Centrale Nantes et Télécom Bretagne. >>> Petit mémo

 

 

Pour Geneviève Fioraso, cette révolution numérique digne de celle de l'imprimerie n'attend pas. Elle promet 500 postes pour le numérique et d'accompagner, de former les enseignants. Son objectif : 100% de cours numériques à disposition des étudiants en 2017 et des MOOCs qui permettraient de réduire en partie les traditionnelles conférences en amphi de première année, mais sans renvoyer chacun chez soi :

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A l'heure déjà des smartphones et tablettes en amphi,

Rémi Bachelet n'a pas attendu ce top départ officiel étoffé notamment de la star des maths françaises, Cédric Villani.

 

Maître de conférences à l'école Centrale de Lille et ancien administrateur de Wikimedia France, il est le chantre de MOOCs qu'il considère bien comme une formation complémentaire.

 

Il pilote le premier à délivrer un certificat en France, coûtant autour de 100 euros, avec aujourd’hui 9.000 inscrits, soit 3 fois plus que l’an dernier, à son lancement.
Rémi Bachelet
présente ces cours de Gestion de projet et la place qu'y tient le professeur. Entretien réalisé avec Célia Quilleret, de France Info :
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Toujours à Lille, Daniel Hennequin, chercheur au CNRS de Lille 1, met au point les derniers détails de QuidQuam? Eurêka!, un MOOC scientifique, à venir sur France Université Numérique en janvier.

Il le présente, en précisant sa conception pédagogique :

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Attention au fétichisme de l'outil


 

Le rôle de l’enseignant et son lien avec l’élève se retrouvent donc bouleversés dans ce qui en moyenne est aujourd'hui suivi jusqu'au bout par seulement 10% des apprenants, essentiellement NON étudiants

Et Marc Neveu, co secrétaire général du Snesup, syndicat majoritaire, pose beaucoup de questions sur ce qui ne doit pas selon lui être considéré comme « un outil magique ».

Davantage préoccupé par l’accueil physique en ce moment des étudiants, ce professeur d'informatique à Dijon s'interroge notamment sur la valeur et le prix des certificats et diplômes. Pour une France qui a le culte du diplôme. La ministre elle-même précise que les Etats-Unis n'ont toujours réglé la question de la "diplomation".
Et la charge de travail supplémentaire et sa rémunération ? Rémi Bachelet reconnaît ainsi qu'une heure de vidéo demande dix heures de préparation.

Quid aussi des conséquences économiques d'un tel phénomène, dans le recrutement d'enseignants en France mais aussi dans le développement d'universités "physiques" en Afrique ? Marc Neveu craint d'ailleurs une forme de colonisation des pays du tiers-monde par un certain nombre de grandes universités :

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Président du comité numérique de la Conférence des présidents d’universités, François Germinet avoue que dans un premier temps ces MOOCs ne seront pas rentables. Mais « c’est un pari sur l’avenir ». « Je pense que toutes les universités attendent cela et vont emboîter le pas » affirme celui qui parie sur 300 MOOCs en France d’ici 3 ans. Lui qui les comparent à de précieux « chalutiers qui essayent de repérer quelques très très bons étudiants ». Ecoutez le avec Célia Quilleret :

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Des savoirs en boîte, supposés universels, mais on ne sait pas quel modèle va gagner !


 

La boussole des MOOCs selon Dominique Boullier © Dominique Boullier

Dominique Boullier est un pionnier de l’enseignement à distance en France, co concepteur par exemple en 1997 d'un diplôme à distance de l'université de technologie de Compiègne.

Désormais professeur de sociologie à Sciences Po, il est aussi le coordinateur scientifique de son Medialab et le directeur exécutif de son projet innovant FORCCAST.
Il travaille en ce moment aux deux premiers MOOCs de l'établissement. Ce qui n'empêche pas une analyse critique exposée dans une passionnante tribune publiée via Internet Actu. "La standardisation ou l'innovation ?" demande Dominique Boullier à propos du MOOC :

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>>> Et vous ? Face à ce panorama et ces perspectives, comment réagissez-vous ?

Quand certains enseignants deviennent par exemple des stars mondiales et l'aisance devant la caméra ou la webcam pourrait aussi devenir un impératif du professeur du XXIe siècle. Voici vos tweets :

 

 

 

 

La classe inversée

David Bouchillon enseigne depuis 13 ans. Aujourd'hui, professeur d'histoire géographie dans un collège de Salles (Gironde). Son expérience pédagogique est née d'une envie de travailler autrement. Il a abandonné les notes il y a plusieurs années et travaille par compétences. Il observe alors un réinvestissement mais au fond de ses classes certains élèves restent toujours très passifs.

L'étincelle viendra il y a deux ans d'échos de classes inversées aux Etats-Unis et au Québec et de l'exemple de l'Académie Khan.

Il s'en inspire et devient « accompagnateur », « organisateur », grâce notamment à de petites vidéos à visionner à la maison avant la classe et un site pour planifier le travail.

« Le savoir devient horizontal. On se sert de ce que savent les élèves et les connaissances partent des élèves », explique celui qui est maintenant immité par des collègues et désormais officiellement soutenu par son Académie. David Bouchillon :

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Un reportage d'Eric Chaverou

 

>>> Et découvrez aussi de nombreux cours et conférences de grandes écoles et universités grâce à France Culture Plus

>>> Enfin, l'émission "Soft Power", qui a déjà parlé des MOOCs dimanche dernier, en reparlera le 13 octobre.

Thème(s) : Information| Economie| Education| Gouvernement| Société| cours par internet| enseignants| enseignement supérieur| MOOC| pedagogie| Université| universités

Lien(s)

Le MOOC 2013. Compte-renduSynthèse et documents des interventions lors de cette conférence atelier du 30 mai dernier, à l'université Paris Diderot.
Coursera : les MOOC peuvent-ils changer le monde ? SFREntretien du 19 septembre dernier avec Daphne Koller, cofondatrice de Coursera et professeur à l’université Stanford.
Mooc : la standardisation ou l'innovation ? Internet actuTribune du 20 février de Dominique Boullier, professeur de sociologie à Sciences Po, coordinateur scientifique du MediaLab et directeur exécutif du projet d’innovation pédagogique Forccast.
De qui se MOOCS t'on ? affordance.infoDans le blog d'un maître de conférences en sciences de l'information. Billet du 16 mai.

16 commentaires

Portrait de Anonyme Jean-Paul Debeuret16.10.2013

Vous trouverez ci-dessous un retour d’expérience suite à l’organisation du premier MOOC de l'entrepreneuriat www.passeportpourentreprendre.com par www.tvdesentrepreneurs.com, télévision de formation sur internet qui propose l'accès à 1000 formations enregistrées en vidéo par 300 experts et accessibles par abonnements,

Pour organiser un MOOC, il faut :
- des ressources pédagogiques adaptées principalement des contenus en rich media ( vidéo+textes+tableaux) et non des copies de livres mis en ligne
- une plate forme pour gérer les inscriptions, les relations avec les apprenants, les examens
- des questionnaires pour faire passer les examens
- de l'animation au quotidien pour ne pas que les inscrits s'arrêtent en chemin
En conclusion des investissements relativement lourds que nous n'aurions pas pu mobiliser si www.tvdesentrepreneurs.com, n'avait pas les ressources pédagogiques et l'expérience de la formation à distance.
Mais cela ne suffit pas :
- il faut communiquer en amont, convaincre les personnes intéressées à s'inscrire. Dans notre cas cela c'est fait sans le soutien de Pôle Emploi (40% des créateurs sont des chômeurs), sans celui de l'APCE ( sûrement jalouse de n'avoir pût monter ce MOOC) , sans celui de F Pellerin ( qui veut créer une école de l'entrepreneuriat)
- réussir à trouver un business modèle car par principe un MOOC est gratuit.

www.passeportpourentreprendre.com a été une réussite: des milliers d'inscrits, des participants satisfaits et une expérience acquise pour les organisateurs qui sera mise à profit dans le futur.
www.passeportpourentreprendre.com sera réorganisé 4 fois en 2014 et www.tvdesentrepreneurs.com organisera 3 autres MOOCs pour couvrir toute la vie de l'entreprise: www.passeportpourgerer.com, www.passeportpourdevelopper.com, www.passeportpourtransmettre.com

Apparemment la plate forme FUN sera réservée aux universités. Nous le regrettons. De plus comme le processus sera subventionné il va créer de la concurrence déloyale avec les entreprises privées.

Portrait de Anonyme Kercoz13.10.2013

Nous sommes au début de la pénurie d'abondance et surtout d' énergie.

Le transport humain est le plus énergivore ...

Le Net permet l'accès a un enseignement délocalisé et surtout interactif...
Il permet de supprimer l'unité de lieu...
Comme ex, les "BRF" et la pédogenèse forèstière me passionne ..

J'ai accès aux thèses de l'U.Laval et de P. Descola du Collège de Fr. ....

Sans me trimballer au Québec tout en pratiquant la méthode ds mon potager....

L'aspect économique va devenir prépondérant et le fait d'étudier tout en restant rural et sans cesser une activité rénumératrice ou simplement vivrière est un changement de paradigme.

Portrait de Anonyme Kercoz13.10.2013

Les MOOCS actuels ne sont pas représentatifs des possibilités de l'outil informatique en terme de "média".
Ceux qui fréquentent des forums de bon niveau savent les possibilités énormes de l'auto-apprentissage. Ils savent aussi que pour un haut niveau d'un domaine, le prof est peu utile et que l'enseignement se fait par interactions entre élèves sur un thème.
Les arguments et apports documentaires, la suppression de l'unité de lieu et meme de temps induit un nouveau concept .
Il est possible d'imaginer un site sur un thème ou une discussion de bon niveau s'établit et ou le prof ne sert que de modérateur et d'organisateur en redistribuant les bifurcations.
Ce genre d'"interactions" est dangereux pour le système en place , car il remet en cause le statut de l'enseignant et même du jugement de qualité de l'intervenant que tous connaissent et qui rend inutile un "examen" ...ce qui est dangereux pour l'usage courant de reproducteur social de l'enseignement actuel.

Portrait de Anonyme Philippe06.10.2013

À mon sens, il faut distinguer les MOOCs de la pédagogie inversée. Cette dernière suppose de petits effectifs pour les séances d'activité: le temps de lancer l'activité, de mettre les élèves au travail, si l'on veut vraiment s'occuper des problèmes spécifiques que chaque élève a rencontré dans son apprentissage online, la classe ne doit pas dépasser une vingtaine d'élèves (ce qui ne laisse déjà que 2-3 mn par élève).

Les MOOC, avec leur caractère "massif", ressortissent plus à l'enseignement de masse à distance, type CNED avec ses fascicules et ses envois de devoir. Impossible pour le prof référent de se déplacer pour faire bénéficier de séances d'activités.

De plus je me demande si la classe inversée est une véritable révolution si l'on se place d'un point de vue strictement pédagogique. Quelle différence, finalement, avec ce que j'ai connu à la fac et même au lycée: alternance de cours magistraux et de séances de TD, bibliographie à s'approprier hors du cours, en BU ou chez soi? (à part le fait qu'on a affaire dans un cas à des êtres humains en chair et en os, dans l'autre à des vidéos ou des pages internet). Dans le secondaire, certains profs nous demandaient de lire le cours chez nous avant de faire des exercices en classe (surtout à la fin de l'année, quand l'exam approchait). Cela ne donnait pas forcément de bons résultats.

Ce qui me frappe le plus dans l'histoire, c'est que la "flip education" (éducation inversée) et les MOOCs sont à la fois très novateurs sur le plan technique et économique, donc très séduisants, mais très traditionalistes sur le plan pédagogique.

Le schéma de l'inversion de classe est à ce sujet révélateur. Il part d'abord de prémisses fausses selon lesquelles les cours actuels associeraient:
1) une pédagogie purement magistrale en classe
2) des exercices d'application ou de recherche à la maison.
Or ce modèle top-down n'est plus en odeur de sainteté depuis des années (du moins en France, peut-être pas aux EU où ces "nouvelles pédagogies" sont apparus). Ce que j'ai appris en tant que prof à l'IUFM, c'est plutôt:
1)Activités en classe, qui permettent de construire un savoir
2)Apprentissage à la maison, ou exercices de pure application.
Un modèle de type inductif donc, du bas vers le haut, que la plupart des profs du secondaire, au moins jusqu'en première, pratique.

En proposant:
1)Apprentissage du cours à la maison
2) Activités en classe
donc un modèle top-down (je reçois un savoir, puis je l'applique avec l'aide du professeur...), l'éducation inversée me parait en réalité quelque peu rétrograde. Quelle différence finalement (à part la vidéo, mais ce n'est qu'une différence de support) avec "vous me lirez les pages 104 à 109 du manuel pour la prochaine fois et on fera ensemble des exercices pour voir si vous avez bien compris"?

Pour finir un petit témoignage personnel de prof de lycée: voilà plusieurs années que je tiens un blog, comme pas mal de mes collègues. Nous mettons nos cours en lignes, répondons aux questions que les élèves nous posent hors temps scolaire, mais en réalité seuls les plus motivés le fréquentent et en tirent profit. Pour les autres, il est bien trop difficile d'apprendre seuls face à l'écran, comme il était déjà difficile d'apprendre seul face à un livre. Ils ont besoin de nous, en chair et en os, à toutes les étapes du processus d'apprentissage.

Portrait de Anonyme pelage05.10.2013

Depuis cette année, le ministère de l'Education propose qu'une partie de la formation continue se fasse en ligne pour un métier où nous sommes déjà souvent trop seul dans la conception de nos cours et trop occupés pour pouvoir consacrer des heures à débattre de nos pratiques. Bref, sans tenir compte des théories de l'apprentissage dans lequel l'apprenant et l'enseignant ensemble font fonctionner le savoir ( Vygotski), on prétend que l'avenir est à un enseignement désincarné. Je prendrais bien le pari que les chantres du e-learning mettront leurs enfants dans des écoles et universités où les profs sont en chair et en os, avec un taux d'encadrement qui permet un dialogue et échange fructueux entre prof et apprenant. Bref, sous couvert de lutte contre l'archaïsme des profs , on veut faire une école virtuelle pour les masses et réserver la complémentarité des types d'enseignement à ceux et celles qui pourront les payer. Comme d'habitude, ceux qui sont les plus loin de la culture en seront encore plus éloignés. DVD sur le louvre contre visitée guidée et commentée dans le musée....

Portrait de Anonyme David BOUCHILLON13.10.2013

Evitons les préjugés idéologiques... Les MOOCs comme la classe inversée changent surtout la place du prof dans la classe. Hormis les énormes MOOCs, la plupart sont seulement (et surtout) le prolongement du cours en classe ou bien une immersion avant le cours. En bref, ce n'est pas moins d'école mais plus de profs faisant réellement le coeur de leur travail : aider l'élève à apprendre, aider l'élève à comprendre et non faire un cours magistral que tout le monde peut trouver facilement ailleurs.

Portrait de Anonyme COMPAORE04.10.2013

Les MOOC sont en train de révolutionner l'enseignement par les TIC. De plus, son accès libre le rend bien plus intéressant. . .
Il vaut aussi ajouter de la motivation afin de la part des apprenants afin d'aller jusqu'au bout vu qu'il ne sont pas obligé de le faire. . .
Une nouvelle manière d'apprendre. . .

Portrait de Anonyme Bich Van02.10.2013

MOOC est une innovation pédagogique. On peut en tirer profit. Qui sont les pionniers des MOOCs ? Les meilleurs profs des universités renommées :-) De plus pour l’instant ils sont gratuits. Pourquoi pas s’y inscrire ?

D’accord avec @cReverd en disant que face à un MOOC de milliers apprenants, on est loin d’un apprentissage actif. Seuls ceux qui soient les plus motivés, aient des expériences avec la FOAD, traitent bien l’information…puissent aller jusqu’au bout. L’aspect gratuit est à la fois un facteur motivant l’inscription à un MOOC mais aussi l’une des raisons expliquant un taux d’abondons élevé.

Ce n’est qu’un début ! À côté de la formule MOOC gratuit, on trouve la formule tutorée basée sur les mêmes ressources du MOOC (Cf. eLearn2 : Se former en ligne pour former en ligne!). MOOC contribue-t-il à élargir l’éventail d’offres de l’enseignement supérieur ?

Parmi les inscrits à ce MOOC, on trouve un grand nombre des enseignants des universités françaises

Portrait de Anonyme Alexandre02.10.2013

J'enseigne à l'université à la fois dans des cursus classiques et "à distance".
Il n'y a vraiment pas de quoi s'exciter. La presse semble découvrir tout à coup ce qui se met en place depuis plusieurs années, y compris en France. La course au pseudo-scoop (chaque rédaction épiant et parlant des mêmes sujets que les autres de peur de "rater" quelque chose)entraîne un buzz purement médiatique où s'agitent les fantasmes de toute espèce : naïveté technophile vs phobie technique, pseudo-modernisme vs pseudo-conservatisme,etc. Et les réactions attendues des lecteurs-auditeurs.
Et toujours les mêmes assertions sommaires et "massives" : "attention cela change tout, l'enseignement traditionnel, c'est fini" ou bien "attention c'est la catastrophe, c'est la mort de la relation étudiant-élève / enseignant".
Personnellement, je n'observe rien de tout cela. Et si les choses étaient à la fois plus complexes et moins dramatiques ? Donc moins excitante pour la presse ?
Par exemple, de nombreuse universités en France et à l'étranger utilise Claroline (pour une info basique, cf. Wikipédia)qui est une plate-forme gratuite (open source) d'apprentissage en ligne (ou LMS : Learning management system. Ce sont des belges qui l'ont développée mais les universités l'adaptent à leur besoin (en France, par exemple c'est la base de la plateforme EPREL de l'Université Paris XII).
Cela fait un moment que cela existe et que des travaux de recherche sont menés simultanément sur les formations à distance, leurs avantages (grande souplesse grâce à l'asynchrone) et leurs difficultés (comment soutenir la motivation des étudiants ? Les accompagner ? Evaluer à distance si c'est dans le cadre de l'obtention d'un diplôme, etc.).

Bref, cela existe. Et que l'on se rassure cela ne remplace nullement les formations classiques. Les formations en ligne répondent à d'autres besoins (comment se former quand on a un emploi à mi-temps incompatible avec les horaires de la Fac ou que l'on habite à 300 km de la seul Fac dispensant telle ou telle formation ?) ; elles servent aussi à enrichir les formations classiques, ce sont des outils, utiles. Le problème - comme d'habitude - est qu'on ne donne pas aux enseignants les moyens de se former.
Précisons aussi qu'il n'est venu à l'idée de personne de "remplacer" les écoles, collèges et lycées par l'e-learning, ni les enseignants de ces établissements par des profs virtuels ou des écrans de télévision, sauf peut-être sur quelques plateaux de télévision histoire d'étonner et de provoquer les réactions (par SMS surtaxés) du "public"...

Il n'y a donc pas de quoi en faire un match avec des titres racoleurs : "Les MOCS débarquent", "les profs face à..", "la révolution pédagogique" Fausse nouveauté, faux problèmes, faux débats.

Un petit peu de sérénité et le souci d'une connaissance précise du sujet en lieu et place de l'info-spectacle (entertainment). C'est ce que j'attends de France-Culture vendredi. Et le sujet en vaut la peine.
Cordialement
Alexandre

Portrait de Anonyme lydunord02.10.2013

1. Puisque les américains le font, c'est que c'est bien .
2. il y a de l'argent à gagner , donc c'est bien
3. les enseignants, tous des feignants qui ralent contre toutes les réformes ministérielles (1 réforme au moins par ministre) qui font grève sans cesse et qui sont en congé maladie , ou en vacances : si on peut se passer d'eux, c'est tout bénefice
4. les élèves, ou étudiants, qui sont , eux et leurs parents, beaucoup plus intelligents que les enseignants, sauront bien mieux organiser, structurer, et controler les acquisitions que quiconque ...
5. le but étant d'isoler les êtres humains en cellules élémentaires déconnectées les unes des autres, ce principe d'éducation renforce encore la tendance.

QUE DU BONHEUR

Portrait de Anonyme JMarcJ02.10.2013

Le e-learning dans les universités américaines ?

-> Selon une enquête publiée récemment dans The New Yorker :

1. taux d'abandon ≥ 90 % (quatre-vingt-dix pourcent) ;

2. investissements colossaux dans la production des cours en ligne, qui ne peuvent être rentablisés que par syndication, c'est-à-dire revente ; dans ces conditions, vers une industrialisation des processus qui se traduira probablement par une élimination rapide des producteurs de contenus d'enseignement les moins dotés en capital – pas d'inquiétude pour Harvard, mais pour Aix-en-Provence ? – et une standardisation de ces contenus (sans parler de l'idéologie implicite…)

3. interactivité : encore plus faible qu'en classe ; expérience personnelle : la plate-forme d'e-leaning d'une université parisienne au niveau mastère – remarquable sur le plan technique, mais totalement déserte en permanence : pas d'étudiants connectés, ni de tuteurs.

Le résultat ? Une solitude encore pire pour l'étudiant. Seuls les plus doués et, ou entourés en tireront profit.

Portrait de Eric Chaverou Eric Chaverou02.10.2013

Bonsoir lydunord,

Désolé, mais nous ne publierons pas votre second commentaire car il attaque de façon peu amène une personne en particulier. Or nous évoquons avant tout dans "Pixel" des thèmes ou problématiques.

Cordialement

Portrait de Anonyme Nadia Bekkaoui01.10.2013

Le mooc est une modalité d enseigement alternative et fort intéressante
Je suis enseignante et ce concept ne m effraie pas, il permet effectivement d élargir le scpectre de nos seuls étudiants.
Sa généralisation impliquerait, certes, une refonte du métier d enseignant ... un effacement des lignes géographiques et un presentiel virtuel ... mais la valeur ajoutée acquise n en serait qu augmentée
A l heure où nous naviguons de réformes en réformes en s interrogeant sur l efficacité de l école, voila enfin une modalité concrète, fidèle à l évolution de notre société ... mondialisée, et de ce qui se profile en entreprise en matière de travail collaboratif et de télétravail impliquant la disparition des bureaux classiques et le caractère nomade du salarié
Alors ... pourquoi ne pas prendre cette voie pour former les travailleurs de demain ?

Portrait de Anonyme Manon Silvant01.10.2013

Les enseignants vont devoir s'adapter ;-)Mais les étudiants aussi. Le problème se posait déjà au niveau de la FOAD (formation à distance) qui existe depuis des dizaines d'années en France et ce, même au niveau des universités. La Foad imposait déjà des adaptations, tant au niveau des contenus que de l'accompagnement proposé aux étudiants. Les Moocs ajoutent une couche à ce e-learning déjà bien existant. Je viens de finir un master après 6 ans d'études à distance. Les études à distance permettent d'étudier même dans les situations les plus contraignantes (domiciliation loin des grandes villes, famille à charge (enfants...), travail en plus)
Les Moocs sont le dessus de l'Iceberg et offrent des possibilités très intéressantes surtout dans le cadre de la formation tout au long de la vie. Les Moocs proposent une formation à la carte, où l'étudiant peut choisir en fonction de ses besoins ou de ses envies, ou les deux. Ce qui peut, 1, contribuer à l'épanouissement des personnes et 2, résoudre des problèmes au niveau de la formation professionnelle. Par exemple, si tous les actifs de France suivaient le MoocGdP (Gestion de Projet) proposé par Centrale Lille, imaginez un peu la croissance à laquelle le pays devrait faire face ! J'ose à peine imaginer :-)

Portrait de Anonyme Valnapo01.10.2013

Bonjour.
Les jeunes médecins ne savent plus guère poser un diagnostic en palpant avec finesse car cela ne peut s'apprendre que par compagnonnage, or les études sont beaucoup centrées sur des études théoriques de cas avec recherche biblio et internet, donc sont isolés, et même un groupe sans mentor, vraiment présent et disponible, est un équivalent d'individu isolé. Attention danger pour l'Homme ici. Il en est de même pour une transmission de savoir déconnectée de l'oralité de celle ci et du contact humain direct. Les professeurs doivent juste apprendre et intégrer un nouvel outil, le MOOC. Ils demeurent indispensables dans la relation singulière "étudiant-maitre".
Faute de quoi, imaginons le pire...La pression de grands groupes riches (Google ou autres armateurs, pétroliers etc..) poussera à l'isolement des individus à seule fin de mieux les manipuler et les transformer en zombies con sommateurs au seul profit d'actionnaires qui eux continueront à payer des professeurs bien vivant et œuvrant dans le face à face pour leurs enfants. Je vos laisse décliner la suite. Sauf que à terme (combien de génération ?) il n'y aura plus personnes pour savoir quoi transmettre avec justesse.

Je fais confiance aux rhétoriciens pour justifier/nier la deuxième partie de mon propos en disant que mais non... etc... Avec de belles paroles on entube justement les masses et on leur fait avaler tout et son contraire.

Portrait de Anonyme Angel Alonso02.10.2013

Je comprends les réticences que peut soulever ce type d'enseignement. Il a en effet été en partie phagocyté par des acteurs à but lucratif aux Etats-Unis. Mais est-ce que sous ce prétexte il faut refuser un mode d'apprentissage, certes pas si nouveau que ça dans la forme, qui peut donner accès à la formation non seulement aux étudiants (qui pour l'instant ne sont pas majoritaires dans ce type de cours), mais aussi à tous ceux qui ne peuvent revenir vers un enseignement traditionnel pour parfaire leur formation. Une personne en activité désirant se perfectionner dans un domaine particulier peut difficilement prendre une ou deux années sabbatiques pour suivre une formation. Les MOOCs offrent cette possibilité de pouvoir concilier activité professionnelle et perfectionnement par la formation.
Je ne pense pas que tous les cursus puissent être suivis sous forme de MOOC. Je vois mal une formation d'ébéniste ou de chirurgien, nécessitant des apprentissages autres qu'intellectuels, se dérouler de la sorte.
En revanche, le MOOC peut être un complément non négligeable dans le cadre de formations théoriques en permettant au professeur d'apporter son savoir et son esprit critique dans l'approfondissement ou le développement des savoirs que les étudiants ont acquis en ligne.
Le rôle du professeur en sera d'autant plus valorisé, et "utile", qu'il répondra aux questionnements et carences des étudiants dans les enseignements que les étudiants auront acquis à distance. C'est à mon avis, plus valorisant que de faire un cours magistral dans lequel chacun prend ce qu'il peut - ou veut - sans aucun contrôle des connaissances ou de la compréhension de ce cours.
Sans compter les autres aspects tels que les distances géographiques et le choix des enseignements.
Pour en finir, on parle d'une "mode" des MOOCs. Je pense qu'il s'agit plus d'une vague que d'une mode. Un peu comme ont été des "modes" d'avoir la télévision dans les années 50 et des téléphones portables dans les années 80.
Plutôt que de dénigrer ce système et de n'en voir que les côtés négatifs, attelons nous à en faire quelque chose de positif en proposant des innovations pédagogiques et en trouvant des modèles économiques viables hors des grands groupes.
Arrêtons de nous renfrogner et de continuer à affirmer, malgré tout et tous, que la terre est plate. Acceptons qu'elle soit sphérique et efforçons nous de le partager au mieux et au plus grand nombre.
C'est là qu'est le challenge.

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