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Le patrimoine à l'ère du numérique 8

23.11.2012 - 07:12 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureaudiovideo

Musées virtuels, applications mobiles, réalisations en 3D, données libres à partager ou plateformes de financement, les initiatives sont toujours plus nombreuses et de plus en plus encouragées par les institutions publiques. Plongée dans de nouveaux mondes culturels qui coûtent mais rapportent aussi auprès d'un public demandeur.

 

Déjà 172.000 toiles, et 200.000 prévues ! Le plus grand musée virtuel au monde vient d’ouvrir : presque tous les tableaux du Royaume-Uni y sont réunis grâce à la BBC et à The Public Catalogue Foundation.

100 personnes ont enquêté sur ces oeuvres pendant dix ans, jusque dans un zoo ! Pour notamment remédier à une estimation : près de 80 % des peintures à l’huile des collections britanniques du domaine public ne sont pas accessibles au public. Grâce à ce projet unique au monde qui a coûté 7,5 millions d'euros, plus de 45.000 artistes se retrouvent exposés, de Van Gogh ou Monet à un pompier inspiré à découvrir dans la vidéo ci-contre. Au moment où le Rijksmuseum d’Amsterdam vient d'ouvrir une plateforme pour découvrir et jouer avec 125.000 oeuvres, en attendant sa réouverture.

 

Google Art Project toujours plus collaboratif

 

Dans le même temps, le musée en ligne du géant américain vient encore de s’agrandir. Lui  qui revendique 15 millions de visiteurs depuis avril.

Avec maintenant 35.000 oeuvres visibles en haute définition, dont des nouveautés du Palazzo Vecchio de Florence comme d'une collection péruvienne d'objets pré-colombiens.

Et la possibilité désormais de comparer les œuvres ou de partager ses propres collections, en guidant même ses amis par webcam interposée ! Via Google + forcément.

Problèmes encore toutefois : le Journal des Arts regrette qu'il soit impossible de trouver un artiste si on ne connaît pas son prénom et Presse Citron s'interroge sur l'absence d'application mobile. Comment est né ce projet ? Quel contrat unit Google aux musées ? A quel prix ? Qu'est-ce que l'"Institut culturel" (des ingénieurs) aux manettes et quel est la politique culturelle du groupe ? Ecoutez les réponses d'Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, la directrice de la communication de l'antenne française :

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La France, n°1 des applications mobiles...

 

Mais nous n'avons pas à pâlir explique Pierre-Yves Lochon, créateur et coordinateur du Club Innovation et Culture (CLIC). Une initiative lancée en 2008 pour réunir toutes les institutions culturelles qui se lançaient dans le numérique sans partager leurs expériences. Il explique en effet que 175 applications mobiles culturelles sont disponibles en France, devant les Américains et les Britanniques. La BNF vient par exemple d'ouvrir à 2 millions de documents par ce biais. Avec aujourd'hui, 3 questions pour les monuments et lieux culturels : la gestion des communautés (public réel/virtuel), la mobilité et la virtualité comme la 3 D (nous vous montrions il y a peu l'exemple de Paris). Pierre-Yves Lochon :

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et des Français de plus en plus demandeurs

 

D'après une récente enquête du Credoc, plus d'un tiers des personnes interrogées utilisent Internet en lien avec la visite d’un musée, d’une exposition ou d’un monument, dont 16% ont effectué une visite virtuelle d’une exposition, d’un musée ou d’un monument. Enquête commandée par la Direction Générale des Patrimoines du ministère de la Culture et qui pour la première fois s'intéresse à ces aspects, comme aussi l'impact des réseaux sociaux. Sandra Hoibian, directrice adjointe du département conditions de vie du Credoc :

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Savoir mêler une qualité d'information et le ludique


 

Dans son bureau de l'Hôtel de Lamoignon, la directrice de la bibliothèque historique de Paris est pleinement consciente de ces évolutions. Elle a l'oeil qui brille face son bébé, le site « Paris en chansons ». Une carte musicale de la capitale établie par Emmanuelle Toulet et toujours en ligne alors que l’exposition s’est terminée cet été.

Il en reste cette vidéo mais donc surtout un site riche de près de 3000 chansons ! Un corpus inédit établi avec Deezer et consultable par arrondissement, par interprète ou par décennie. De quoi passer des heures à chantonner, d'autant que le partenariat a été signé au moins jusqu'à l'été prochain.

Emmanuelle Toulet considère cette démarche "presque indispensable aujourd'hui", "de permettre cette errance à travers un sujet". Mais l'information reste sa priorité et les deux espaces, réel et virtuel, doivent selon elle être complémentaires. Meurtrie par la disparition d'un site sur les inondations à Paris, elle insiste aussi particulièrement sur les termes tecnhiques et juridiques du partenariat passé avec l'entreprise privée :

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Un incontournable, et j'aime bien l'idée que le Louvre se décoince un peu !


 


Un compte Facebook qui regroupe plus de 760.000 fans !  

Au milieu des Antiquités égyptiennes, Agnès Alfandari se réjouit elle de la politique numérique qu'elle développe dans le monument au près de 9 millions de visiteurs, réels, l'an dernier.

"J'aime me référer aux études parce qu'effectivement, il y a toujours ce fantasme de la concurrence. Est-ce que ces images là ne détournent pas de l'oeuvre réelle, etc. ? Ce que nous montrent les études, du ministère comme les nôtres, c'est que, vraiment, il n'y a pas de concurrence, au contraire. Il y a un effet d'entraînement, de mémorisation, c'est un aiguillon qui titille et qui donne envie. Sur Facebook, on s'en rend compte : le rêve absolu, ça reste de venir en vrai" :

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Un aiguillon qui se traduit notamment depuis le printemps par des audioguides consoles de jeu, en partenariat pour 5 ans avec Nintendo. Les intéressés au guichet ont doublé pour une image rajeunie qu'a souhaitée le Louvre et Agnès Alfandari :

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Comme l'ont remarqué Les Inrocks : "pour Nintendo, la stratégie est tout aussi limpide : soigner son image de marque en s’affichant au coeur du musée – ce qui est encore plus chic que, tel le concurrent Apple, d’ouvrir une boutique au Carrousel du Louvre. Mais aussi ajouter une grosse pierre supplémentaire à son édifice ludo-éducatif (après English Training, Art Academy, 100 Livres classiques, voire Wii Fit) entamé il y a six ou sept ans".

 

De quoi aussi réparer le Mont Saint-Michel ou la chapelle du village

 

Si certains mettent en avant les coût de ces technologies pour des résultats pas toujours assurés, d'autres soulignent ce que ces outils peuvent rapporter. 

Dans un contexte de crise globale et en particulier pour la Culture, Victor Lugger, le directeur financier de My Major Company, y voit un formidable moyen de financements. Chiffres à l'appui, alors qu'il vient d'en appeler à la générosité des internautes au service de 4 sites gérés par le Centre des monuments nationaux. Un partenariat soutenu et financé par la rue de Valois et qui devrait très bientôt se décliner jusqu'au Japon ! :

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Une idée lancée dès septembre dernier à bien plus petite échelle par Le Musée libre, réseau encore embryonnaire, et Bastien Guerry. Pour proposer cette fois une meilleure stratégie numérique à des projets ou établissements locaux, via des contenus sous licence libre mais des services rémunérés par les internautes  :

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En attendant des données complètement ouvertes

 

L'accord, lundi, a marqué un nouveau cap dans le numérique culturel.

La ministre a lancé le projet "DBpédia" en français, pour extraire des données culturelles depuis l'encyclopédie Wikipédia francophone.  

Aurélie Filipetti qui a également signé une convention de partenariat avec l'INRIA et Wikimédia France en vue de la plateforme collaborative "Sémanticpédia". Précisions de Fabien Gandon, de l'INRIA :

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Une première a souligné la ministre, et un encouragement, une avancée, pour Bastien Guerry ou ceux qui vantent les mérites de l'open data culturel.

Ecoutez à ce propos le Grain à Moudre d'Hervé Gardette de mardi dernier et le commentaire de Yannick Vernet. Chef de projet multimédia pour le ministère, il accompagne l’AGCCPF PACA, l’association générale des conservateurs des collections publiques de France. Pour Yannick Vernet, si des freins juridiques importants demeurent, comme un régime d'exception culturelle, il y a surtout une méconnaissance du sujet :

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Mais la dynamique est là, y compris rue de Valois. Même si le musée d'Orsay continue dans le même temps d'interdire toute photo à ses visiteurs, sauf peut-être pour des stars comme Shakira...

 

Un reportage d'Eric Chaverou

 

Thème(s) : Information| Débat| Exposition| Internet| monuments| musée| musées| numérique| Patrimoine

Lien(s)

L’institution culturelle sans le numérique ? Sérieusement ? VécultureDans son blog, Gonzague Gauthier évoquait récemment l'exemple du Centee Pompidou.
A qui appartiennent les données culturelles publiques ? Du Grain à moudreCe mardi, Hervé Gardette recevait Roei Amit, directeur chargé du numérique à la RMN, Grand Palais, Rémi Mathis, président de Wikimédia France, et Anne-Laure Stérin, juriste en droit des affaires.
Les pratiques culturelles des Français à l'ère numérique. Ministère de la CultureTrès vaste étude entre 1997 et 2008, pilotée par Olivier Donnat.

8 commentaires

Portrait de Anonyme Léa22.04.2013

Bonjour à tous.

C'est ce dossier qui a déclenché mon envie d'aborder les musées virtuels.
Je réalise un mémoire de recherche sur le musée virtuel et ses enjeux. J'ai réalisé un questionnaire pour tenter de définir quel type de visiteur le musée virtuel permet il d’être aux visiteurs/internautes ?
Répondre à ce questionnaire me serait d'une grande aide, et ne vous prendra que 10min.

Je compte sur vous.
Léa.

https://docs.google.com/forms/d/1SNIxjNWEylDDhBMAST4Nav66o4Q3ecfmmKtcWNO...

Portrait de Anonyme Célia25.11.2012

Merci pour cet article très complet, bel état des lieux des initiatives culturelles.

Je me permets d'apporter mon humble contribution en soulignant l'engagement de petits projets locaux comme par exemple le Vitrailloscope : http://cbonnetligeon.wix.com/vitrailloscope

Cette visite de vitraux sur tablettes tactiles, expérimentée lors des Journées du Patrimoine 2012, a trouvé son public, parmi lequel les personnes âgées étaient les plus enthousiastes à l'idée de manipuler un outil tactile !

Portrait de Anonyme Poitiers25.11.2012

Il existe une autre voie sur le Net pour pénétrer dans les divers domaines du patrimoine anglais avec une appelation peu évocatrice : "nationaltrustcollections". Ce site permet la visite de centaines de lieux culturels sur le territoire anglais, sans se limiter à la seule peinture.

Grâce à Helen Wyld, auteur de nombreuses notices, j'ai pu commencer depuis juillet dernier à étudier ce fonds patrimonial dans le domaine de l'Histoire de l'Art de la Tapisserie, au-delà de la Manche. Espérant que la Tapisserie fasse l'objet sur les ondes d'une introduction pédagogique, je souhaite aux visiteurs virtuels de prolonger leurs visites des châteaux français.

Toujours à votre disposition pour labourer ce champ culturel, je remercie France Culture pour le partage qu'elle assure chaque jour.

Portrait de Anonyme jérémie24.11.2012

Bravo pour ce nouveau rendez-vous, formidable et enfin à la hauteur de nos attentes vis à vis du multimédia à France Culture.

Portrait de Eric Chaverou Eric Chaverou24.11.2012

Bonjour Jérémie,

Merci beaucoup pour votre encouragement et votre fidélité.

Nous faisons au mieux.

Cordialement

Portrait de Anonyme MPF23.11.2012

Je pense qu'une visite de « l'anti-musée virtuel » de l'artiste Dado pourrait intéresser les lecteurs de cet article : http://www.dado.fr/

MUSEDOMA (Museum Domain Management Association), émanation de l’ICOM (International Council of Museum) qui dépend de l'UNESCO, a octroyé au site le droit d’utiliser pour sa version anglaise (http://www.dado.virtual.museum/) un nom de domaine en « .museum », dévolu au seul usage des musées, reconnaissant le site internet de Dado comme une institution muséale à part entière.

Portrait de Anonyme @_omr23.11.2012

Pour compléter votre article augmenté, un lien :
http://muzeonum.org/

Animé par des membres de la communauté museogeek française, Muzeonum est la plateforme de ressources sur le numérique au musée...

Portrait de Anonyme Damien23.11.2012

Il faudrait que le gouvernement assouplisse le droit de l'image en France.

Le droit de panorama manque pour que Wikipédia puisse afficher des photos de tout le patrimoine architectural récent (dans les 70 ans qui suivent la mort de l'auteur, sauf erreur de ma part). Ma contribution avait été refusée à cause de la loi française.

Google applique t-il aussi cette loi française ?
Je crains qu'il n'en renvoie la responsabilité aux contributeurs...

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