Est-il encore possible/souhaitable d'être anonyme sur Internet ? / Les flops technologiques 13
N. Nova, F. Mattatia, J-M. Manhack Th©Radio France
Première partie
Quand Lucie Ronfaut a rejoint Place de la Toile au début du mois de juin pour un stage, je lui ai demandé s’il y avait un sujet qu’elle avait envie qu’on traite. Très vite, elle m’a répondu : la question de l’anonymat. Pourquoi ? Et Lucie de m’expliquer qu’elle est une pratiquante de 4chan. 4chan est ce qu’on appelle un « image board », un forum sur lequel on peut poster des textes et des images. Les sujets traités y sont aussi variés que les conversations qui ont lieu dans les cafés : on y parle de manga, de cinéma, de technologie, d’actualité, de sexe… Mais on y parle anonymement. Sur 4chan, les locuteurs sont la plupart du temps anonymes, très rares sont ceux qui prennent ne serait-ce qu’un pseudonyme. On a parlé de 4chan récemment avec les attaques lancées par ce groupe informel d’internautes regroupés sous le nom d’Anonymous (quand ils ont pris la défense de Wikileaks, quand ils ont bloqué des sites en Tunisie par exemple….) et on a considéré que c’était à partir de 4chan que s’organisaient ces regroupements ponctuels en vue d’actions. Ce qui intéresse Lucie là-dedans, m’expliquait-elle, c’est qu’un lieu comme 4chan, lieu d’échange anonyme, s’épanouit parce qu’il va à l’encontre de la tendance majoritaire du web qui consiste au contraire à faire valoir son identité : en premier lieu les réseaux sociaux, évidemment, et leurs interconnexions avec tout type de service (qui font par exemple que quand je vais sur un site, j’y suis identifié par mon profil Facebook…), les réseaux sociaux donc mais aussi une tendance politique qui viserait à pouvoir identifier les internautes, pour des raisons qui tiennent notamment à la sécurité, mais pas seulement. D’où les questions de Lucie : où en est-on de l’anonymat en ligne ? Est-il souhaitable que l’on puisse encore être anonyme sur Internet ? Est-il même tout simplement possible d’être anonyme aujourd’hui sur les réseaux ?
Deuxième partie
Cette publicité qui date manifestement des années 90 nous présente l’innovation qui change notre vie : le visiophone. Or, le visiophone, tout au moins dans la forme où il nous est présenté là, n’est pas encore entré dans nos foyers. En revanche, il est entré dans un livre qui s’intitule « Les flops technologiques » et qui vient d’être publié par les éditions FYP.
Invités
Jean-Marc Manach, journaliste à Owni.fr, animateur du blog Bug Brother sur lemonde.fr et auteur de La vie privée, un problème de "vieux cons" ?
Fabrice Mattatia, Responsable d’investissements numériques à la Caisse des dépôts, a été conseiller au cabinet de la secrétaire d’Etat à l’économie numérique et s’est occupé du projet de carte d'identité numérique INES au ministère de l’intérieur.
Nicolas Nova, auteur du livre Les flops technologiques, à la fois chercheur, enseignant et consultant au LIFT LAB spécialisé dans les usages des technologies numériques.
Lecture de la semaine sur InternetActu.net 
Le déclin du pseudonyme
La lecture de la semaine nous vient du magazine en ligne Salon, et elle est de circonstances. Elle s’intitule “Le déclin du pseudonyme” et on la doit à Carmela Ciuraru (blog), qui est critique littéraire et vient de publier une histoire du pseudonyme. L’article, tout en se concentrant sur l’usage du pseudonyme en littérature, offre des perspectives intéressantes pour comprendre les raisons de sa force dans les réseaux.
Sons
Flop, "Un grand moment d'absence"
Retrouver Place de la Toile - #pdlt
Invité(s) :
Nicolas Nova
Jean-Marc Manach, journaliste internet spécialisé dans les questions de libertés et de vie privée, co-fondateur des Big Brother Awards
Thème(s) : Information| Informatique| Internet| Innovation| Société| anonymat| échec| flop| identité| intimité| invention| proxy| ratés| technologie| vie privée| vpn






13 commentaires
Comme il n'etait toujours pas dispo en entier, je l'ai finalement recupe via :
http://www.franceculture.com/sites/default/files/sons/2011/07/s26/RF_E36...
Le podcast est toujours incomplet, comme celui de plusieurs autres émissions de la même semaine. Pour certaines émissions le problème a été corrigé, mais pas pour celle-ci.
Pb or not ? car pour moi le podcast de l'emission ne fait que 17mn ..
Il semble qu'il y ait un problème oui. J'en parle à qui de droit. Merci. Je reviens vers vous.
L'émission le champ des possible avait choisi 2 jours plus tôt un sujet similaire : « Pourquoi une technologie prend ou échoue ? »
http://www.franceculture.com/emission-le-champ-des-possibles-pourquoi-un...
Amusant. Tous types de technologies furent évoquées. Connaissiez-vous l'aérotrain ?
Je propose la solution du profil collectif pour rester anonyme sur le web afin de brouiller les pistes / casser la tendance EGOlogique - vitrinisation du soi.
http://intelligenceetfrustration.blogspot.com/2011/03/des-profils-collec...
A partir du sujet de l'anonymat sur le net, on arrive à un moment à la question de l'exploitation commerciale des données personnelles , le data mining . On peut pousser la réflexion jusqu' à se demander si chaque personne connectée qui de fait contribue à l'accroissement des richesses financières des entreprises du net par l' exploitation commerciale de sa vie personnelle, de façon plus souvent plus ou moins consciente et volontaire, ne serait pas en droit ou légitime pour exiger une reconnaissance financière liée à cette contribution à l'enrichissement collectif .
Il y a déjà des formes de redistribution et de reconnaissance pécuniaire de cette participation par de la vie personnelle à l'enrichissement de ces entreprises internet , mais ça reste encore très partiel et partial et pas en rapport avec le nombre des personnes qui apportent leur matière de vie personnelle devenue une grande ressource générale économique et financière.
Est-ce qu'on ne peut pas trouver là aussi la légitimité d'une revendication pour un revenu universel minimal puisqu'à présent ce sont les vies de chacun qui sont sources de profits ?
Si l'anomymat est difficile, il est en revanche plus facile d'exercer un contrôle sur ce qu'on donne et à qui et donc aussi de pouvoir agir selon ce qu'on accepte de donner ou pas, de sa vie personnelle pour avoir un impact sur le niveau de profit de cette activité de data mining par les entreprises du net .
Ce n'est pas être anonyme qu'on souhaite au sens strict, une IP suffit pour les FAI et les services de l'état.
C'est éviter les prises de têtes avec un internaute lambda .Les internautes extravertis sur le net sont légions, Tous situés sur des serveurs hors du territoire français donc la loi française ne s'applique pas.
Donc, oui au pseudonymat variable.
Quant au trolling quel internaute ne l'a jamais fait...
bonne émission
Je pensais que vous alliez surfer sur l'actualité dès l'introduction de l'émission, en citant le cas de la personne qui a posté un exercice de l'épreuve du BAC de mathématiques la veille de l'épreuve. Elle se croyait anonyme mais les services de police l'ont identifiée très rapidement. Mon intuition s'est avérée fausse.
Il y a de forte chance que le fraudeur ait été identifié par son adresse IP. Quelle naïveté de sa part ! Un simple proxy étranger ou mieux un VPN l'aurait protégé. Mais bon, il a voulu frimer, il n'a eu que ce qu'il méritait.
Merci pour les informations du jour ainsi qu'à votre émission que je trouve de plus en plus passionnante!
Très intéressé par la musique de transition que vous avez utilisé aujourd'hui pour annoncer la 2ème partie de l'émission, j'ai cliqué sur le lien pour accéder à cette musique en intégralité. J'ai donc bien découvert "un grand moment d'absence" de Flôp mais il s'agit pas de l'extrait musicale que vous avez diffusé! et qui m'avait enchanté de son je-ne-sais-quel-coté futuriste. Auriez vous l'amabilité de me transmettre les références de celle-ci? J'en bave d'impatience. Merci!
Cordialement.
Je cherche...
Une idée de sujet d'émission.
L'intelligence distribuée.
http://distributedcomputing.info/projects.html
@+
*_*
Avant la question de l'identité elle-même, ne devrait-on pas s'attarder sur la question de l'âge des utilisateurs? Sans doute techniquement plus abordable, un projet de protection des mineurs par la filtration de l'accès aux sites à caractères violents (en tous sens du terme), au moyen, peut-être, d'une carte contenant non pas toutes les informations personnelles mais certifiant seulement de l'âge, ne résoudrait-il pas un problème plus important?