Une « Place de la toile » enregistrée depuis les "États généraux de la République", organisé par Libération à Grenoble, dans le beau bâtiment de la MC2, des Etats généraux consacrés à la jeunesse ("Jeunes, débattez-vous !") et aux questions qui se posent à la jeunesse dans des domaines aussi variés que le travail, l'égalité homme-femme, ou le rapport à l'Europe.
Nous est échue la question de la culture, et de la culture numérique en particulier (avec une sorte de premier volet ici : "Comment développer et transmettre une culture numérique?"). On voit tout de suite l'implicite qui se dissimule sous le regroupement de ces deux syntagmes « culture numérique et jeunesse inculte » : ce qu'on appelle la « culture numérique » ne serait-elle pas une forme d'acculturation ? La jeunesse ne serait-elle pas acculturée par le numérique, par ses pratiques erratiques et ses objets futiles ? Telles sont les questions auxquelles vont devoir répondre nos trois invités.
Marc Le Glatin
Professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’Université de Paris 8-Saint-Denis (co-responsable du Master 2 Politiques et gestion de la culture en Europe) et Directeur du Théâtre de Chelles.
Hortense Vinet
Photographe freelance à Paris, membre du collectif "faux amis", formé en 2008 : "La cellule familiale et les problématiques qui en découlent, la personne dans le développement de son identité et son rapport au territoire sont les thématiques explorées par le collectif. Travaillant principalement autour de l'image photographique liée au texte, leur pratique s'étend aussi au son, la vidéo, la sculpture ou l'installation."
Olivier Tesquet
Journaliste à Télérama, rubrique Médias.
Émission enregistrée en public le vendredi 1er février
Thème(s) : Information| Internet| Education| Société| Marc Le Glatin| Olivier Tesquet| Hortense Vinet





14 commentaires
peer-to-peer not pear-to-pear...
En très vieux français, on orthographiait de la façon suivante : « Nous est échuE la question (...) ». Mais, dans la sphère électronique, à quoi bon, horribile dictu, des « règles » (grammaticales, de surcroît) ?
Tout n'est pas perdu, voyez, c'est corrigé, merci :)
Merci pour le PodCast !
Si vous avez besoin de billes pour le prochain sur l'Internet des Objets n'hésitez pas à demander je suis justement sur le sujet depuis un moment avec SARAH (http://encausse.net/s-a-r-a-h). Entre le CES13 et LeWeb le sujet (vieux de +8ans) explose en ce moment.
Arrêtez votre délire! il n'y a pas de culture numérique: c'est un leurre, un bluff, un abus de langage.
L'entretien a été très intéressant, mais il manque un point que vous n'avez pas (pu ?) aborder.
Très rapidement, la question de la culture a été limité à l'esthétique et à l'artistique.
Pourtant la culture est aussi les pratiques communes, et la culture numérique passe à travers les façons d'être en relation avec les autres qui réduisent les verticalités.
Cela se voit particulièrement bien lorsque vous avez abordé la question de l'ACTA comme une menace sur la production artistique sur internet. Mais ce ne sont pas les représentants qui ont été à la pointe de la bataille, mais bien des collectifs et des communautés qui se sont structurés de manière moins formelle.
On parle culture aux jeunes. Ils répondent expression artistique sur ordinateur, réalisation de photos et de vidéos pour le web. Ils soulignent l'usage du pear-to-pear et l'approfondissement des connaissances musicales ou cinématographiques qui en découlerait.
Ils ne comprennent visiblement pas la pleine acception du mot culture : littératures classique et moderne, philosophie, sciences, histoire, histoire des idées, de l'art, des sciences, etc. Ils ne connaissent presque rien de leur pays ne serait-ce que sur les cinquante dernières années (savent-ils qui étaient Mitterrand et Pompidou pour faire simple) et sont incapables d'écrire français sans faire cinq fautes par ligne.
Internet permet véritablement d'acquérir une culture solide pour peu qu'on quitte un instant Facebook, Twitter, You Tube, Daily Motion, Deezer et d'autres ; pour peu qu'on le souhaite, au regard des innombrables sites et portails de qualité comportant une documentation d'une grande richesse.
Qui connait parmi ces jeunes les portails tels que revues.org, cairn.info, persee.fr, erudit.org, bnf.fr, etc. Si ces exemples sont trop élitistes, alors qui tout simplement lit les sites d'info de la presse française, comme Le Monde, Libération ou Le Figaro ? Bien peu d'entre eux à vrai dire car le lectorat de ces sites a 44 ans environ de moyenne d'age. Qui achète des livres au format numérique ou en acquiert gratuitement pour les oeuvres qui ne comportent plus de droit d'auteur ?
En terme de vraie culture, celle qui forme l'esprit et le jugement, qui donne l'autonomie et le sentiment de liberté, indispensables à la vie d'adulte, il semble que l'on est parfois proche du néant chez bien trop de jeunes.
Merci pour ce parfait condensé de stéréotypes en tout genre. Par ailleurs, en admettant que vos propos soient pleinement fondés, pensez-vous réellement que la grande majorité des jeunes soit "moins" cultivée que leurs ainées au même âge ? Permettez-moi d'en douter.
La culture se forge souvent à l'école pour ceux qui n'ont pas la chance de la vivre dans le foyer familial. Comparez le baccalauréat C voilà 30 à 40 ans et le bac S d'aujourd'hui. Faites la même chose entre l'ancien bac A et l'actuel bac L. Dans un autre registre, un bac pro ne vaut guère un BEP de l'époque.
Le reste est à l'avenant... Il est fortement suggéré aux enseignants de moins faire attention aux fautes de français dans les copies. Des universités telles que la Sorbonne Nouvelle mettent en place des stages intensifs et autres cours de soutien en Français qui ne sont pas nécessairement destinés à des étudiants étrangers... Ceci pour n'évoquer que la discipline qui nous est la plus proche, celle qui nous permet de communiquer au quotidien avec autrui.
Juste pour être tout à fait au point je corrige votre peer-to-peer ( pear en anglais étant la poire, bonne ou mauvaise !! ). Cordialement.
Simple question de vocabulaire.
Dans le chapeau de votre émission, j'ai bien l'impression que vous utilisez le terme d'acculturation à contre sens, et donc de façon inappropriée :
..." ce qu'on appelle la « culture numérique » ne serait-elle pas une forme d'acculturation ? La jeunesse ne serait-elle pas acculturée par le numérique, par ses pratiques erratiques et ses objets futiles ?"
L'acculturation c'est le processus d'acquisition, d'assimilation, des valeurs culturelles d'un autre groupe humain en ethnologie.
C'est de "déculturation " que vous voulez parler dans la question que vous posez, ou plus exactement d'un détournement éventuel des jeunes hors de la culture véritable par l'errance numérique.
Internet est un territoire de fiction. Un territoire a l'apparence libre mais avec des multiples zones grises et noires interdites. L'internet se friscalise et se geolocalise au de lieu de se freelocaliser...
Inversons la problématique:
Les vieux n'ayant pas accès à l'internet sont-ils en marge de la culture et des savoirs ?
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