Bertrand de La Chapelle th©Radio France
Avec Bertrand de La Chapelle, diplomate, ambassadeur thématique pour la gouvernance internet de 2006 à 2010, directeur des programmes de l'Académie diplomatique internationale, membre du board des directeurs de l'ICANN, organisme américain qui gère les noms de domaine, un des principaux organes de gouvernance de l’Internet.
Bertrand de La Chapelle fait son retour dans Place de la toile après s'être livré au printemps à l’exercice compliqué consistant à débrouiller les enjeux et les résultats du G8 de l’Internet qui s’était déroulé à Paris sous la présidence française. Une émission où l’on avait commencé à comprendre qu’il y avait une diplomatie de l’Internet, et qu’elle valait en complexité toutes les autres diplomaties.
Le prétexte pour cette nouvelle invitation, c'est un programme qu'il vient d’inaugurer à l’Académie diplomatique internationale, un programme de dialogue pluri-acteurs international (global multistakeholder dialogue facilitation program) [mail : bdelachapelle@gmail.com] qui entend « traiter de la tension croissante entre un réseau techniquement sans frontières et un système de juridiction international basé sur les frontières physiques des Etats ».
Internet et les frontières : quel est le pouvoir des Etats sur l’internet ? Est-ce qu’il y a une diplomatie de l’internet ? En quoi elle consiste ? Avec quels acteurs ? Passionnante question et follement d’actualité, car tout ce à quoi on assiste en ce moment (comme les tentatives de législations, notamment aux Etats-Unis (SOPA et PIPA dans le contexte de la fermeture du service de téléchargement MegaUpload, qui illustre bien des enjeux dont nous parlerons aujourd'hui), et en Europe (ACTA), les réactions des Anonymous etc.) peut se reformuler en terme de tension entre une technologie et des juridictions.
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Lecture
de la semaine sur InternetActu.net 
De quoi notre connexion permanente nous déconnecte-t-elle ?
La lecture de la semaine est un article de la revue américaine The Atlantic, on la doit à Jason Farman, qui est professeur d’études américaines à l’Université de Maryland. L’article s’intitule : « Le mythe de la vie déconnectée » : « La nouvelle année est aujourd’hui bien entamée et beaucoup de gens ont déjà abandonné leur résolution de se déconnecter plus souvent de leurs outils numériques et de se reconnecter avec les personnes et les lieux qui les entourent. Et Jason Farman d’énumérer les moments et événements qui ont symbolisé l’an dernier notre besoin de déconnexion : la vidéo d’une femme tombant dans une fontaine parce qu’elle écrit un texto en marchant, une campagne contre l’usage du téléphone portable en voiture, etc. [...] Suite.
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Près de la machine
(Billy Guidoni)
Death For Above 1979, "You're a Woman, I'm a Machine"
Extrait d’un album sorti en 2004. Voici ce qu’en dit Billy Guidoni :
« Dance-punk, la synergie entre saturation et rythmes binaires. Binaire comme le groupe, constitué de seulement deux membres, un batteur-chanteur et un bassiste. »
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Internet Explorer
(Thibault Henneton)
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Claviers de tous les pays, etc.
Tout part d’un article du site américain Slate à propos de la touche CAPS LOCK (cette touche qui, une fois pressée, nous permet de tout écrire en majuscules). L’article s’intitule : « La touche CAPS LOCK doit disparaître, et autres propositions pour améliorer le clavier d’ordinateur… » C’est vrai qu’on s’interroge rarement sur ces objets désormais si familiers qu’ils en deviennent invisibles. Le papier de Slate commence ainsi : « y a-t-il quelque chose de plus énervant sur un clavier que la touche CAPS LOCK ? » [...] Suite.
Autres Sons
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Invité(s) :
Bertrand de La Chapelle, de l'Académie diplomatique internationale
Thème(s) : Information| Internet| Droit| Gouvernement| Politique| cyber espace| diplomatie| droit international| fractalisation| frontière| infrastructure| juridiction




2 commentaires
Bonsoir,
Je viens d'écouter votre émission en podcast, tjrs aussi instructive. J'aimerais partager ce que j'ai appris en cours à l'université de Nice et ce que j'ai retenu de mes lectures pour rebondir sur le contenu de votre lecture de l'article "Le mythe de la vie déconnectée" :
Platon nous parle du monde de la réalité première, des idées pures. Différent de celui de la réalité matérielle. Donc, complexe d'une réalité vraie par rapport à une réalité appauvrie qui serait celle de la matière.
Or, l'idée est que la réalité technique est moins noble.
Fardeau platonicien considéré comme dangereux car source d'illusion (mythe de la caverne). Réalité matérielle est une illusion par rapport à la réalité fondamentale avec laquelle il faut rentrer en contact avec des éléments appropriés, à savoir, la philosophie.
Jean Baudrillard : « Le monde contemporain est en train de se conduire à sa propre perte car il est dominé par l'illusion, les faux semblants ». Vertige de la simulation qui nous éloigne de la première réalité, c’est-à-dire, un phénomène de « déréalisation ».
Donc, Monde qui se met en place à partir de 1995, c'est le monde des écrans, de la médiation et intermédiation. Contact médié par les machines. Et cette prolifération des écrits d'écrans fait émerger une déréalisation (une sortie de cette Réalité physique).
Dans cette approche de déréalisation, ce qu'on peut voir, c'est que ce sont les Français qui vont s'accrocher autour de quelques chefs de file (Baudrillard, Virilio).
Virilio prône la théorie du « grand accident ». Pour lui, c'est l'idée selon laquelle en nous vouant à la technique, en la laissant arraisonner le Monde, on s'abandonne à son ordre, dans lequel on est soumis à tous les accidents qui peuvent en découler. Plus on se soumet à la réalité physique, plus il y a un taux d'accident en chaine probable, représentés par le fameux « Bug de l'an 2000 ».
(→ « La Grande peur de l'an 2000 », Delumeau explique que dans toutes les sociétés, les millénaires représentent des seuils symboliques, qui cristallisent des peurs engendrés par un système politico-religieux qui a tout à gagner à faire régner la peur pour garder le contrôle.)
C'est exactement le cas de l'an 2000, qui prouve que toutes les innovations technologiques sont considérées comme menaçantes. Qu'on nous fait perdre le contrôle. Toute l'histoire des techniques et des sciences nous prouvent qu'il n'existe pas d'innovation sans deuil de ce qu'on vient de perdre.
On parle de réalité numérique (et pas virtuelle) car les 10 ans qui sont passé ont montré une reconfiguration : domaine de l'enseignement, de lien social, pro, associatif, …
A l'heure où nous sommes, nous vivons dans deux réalités : une physique et une dans des dimensions parallèles.
Ça forme le continuum physico-numérique. Il existe aujourd'hui une continuité entre les différents dispositifs d'info et de com. dont nous disposons. Et parallèle absolu entre l'équipement de notre corps et l'équipement technique qui le prolonge. André Leroi-Gourhan, « Milieu et technique », → pense le corps humain, naturel, comme déjà équipé de prothèses. C'est une révolution de pensée.
Les médiologues (Régis Debray et Daniel Bougnoux) parlent d'effet « jogging ». C'est à dire qu'une technique ne disparaît jamais vraiment. Ce sont des couches qui se superposent. On ne se déplace plus à cheval, mais on n'a pas encore bouffé tous les canaçons.
L'effet jogging consiste à dire que l'ensemble des dispositifs amène à cette « mise entre parenthèse du corps » qui quelque part fonctionne comme son abolition, on va mettre en place des processus pour combler ces carences. C'est un effet de compensation technologique; traduction énergétique et physique Ex : toutes les techniques qu'on a mises en place depuis les réseaux (voies maritimes et terrestres, …) ont un but, nous faire déplacer le plus vite possible. Les réseaux numériques ne constituent pas une dimension antinaturelle, mais au contraire, une prothèse qui nous sert à nous déplacer.
Mesdames, Messieurs,
Les touches "CAPS LOCK" et "INSERT" devraient être maintenues, à condition d'être placées en marge du clavier, afin de limiter le risque de les frapper par inadvertance.