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Planète terre

Planète terre | 13-14

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Emission Planète terre

le mercredi de 14h à 14h55

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La ville est-elle le problème ou la solution ? 6

09.10.2013 - 14:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

L’urbanisation est tantôt présentée comme fauteur des maux de la modernité ; tantôt, au contraire, comme le laboratoire d'une modernité libératrice.  Alors que plus de 50% des terriens sont aujourd’hui des urbains, et que la Chine connait une croissance urbaine impressionnante,  "la ville est elle le problème ou la solution?"
Éléments de réponse avec trois éminents chercheurs, Cynthia Ghorra Gobin, Thierry San Juan et Jacques Lévy lors d'une émission enregistrée en public au Festival international de géographie de Saint-Dié des Vosges en partenariat avec CARTO.

New-York Own work © Radio France

 

 

Invité(s) :
Cynthia Ghorra-Gobin, géographe, directeur de recherche CNRS au Creda, le centre de recherche et de documentation sur les Amériques de l’université Paris 3 Sorbonne nouvelle
Jacques Lévy, géographe, professeur à l’école polytechnique fédérale de Lausanne. Professeur à Sciences-Po Paris
Thierry Sanjuan, sinologue, professeur de géographie, titulaire de la chaire d’Asie méridionale et orientale à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

Thème(s) : Sciences| Géographie| Ville

6 commentaires

Portrait de Anonyme vzg01.04.2014

Il n'y a pas eu dans cette émission à mon sens d'élément digne d'intérêt et ceci étant dû de manière évidente à la teneur des intervenants.

S'il s'agit de remettre en question le caractère idéologique du film Metropolis, il sera également sans doute banal de rappeler l'aspect politique de toute chose. Personnellement je porte plus d'attention à une référence telles que celle-ci ou telle que celle concernant Saskia Sassen plutôt qu'à des spécialistes qui encensent un monde globalisé.

Il y a tant d'erreurs et de faussetés dans ces prises de paroles qu'il semble que ni leur énumération ni leur remise en question ne semble à ce stade véritablement constructif. Rappeler peut être que la ville n'est pas une entité autonome qui se produit elle même, elle est en premier lieu une construction historique vouée à abriter des individus qui seront nécessairement distincts les uns des autres mais pas nécessairement ennemis. La ségrégation est une réalité sociale incontestable (ni même en train de changer, elle est peut être plus pernicieuse), l'insécurité n'existe que dès lors qu'on crée des gens pour nous haïr, dès lors finalement qu'on crée des inégalité trop criantes.

Bref, il s'agira un jour de se défaire de notre analyse évolutionnistes, de réaliser que le modèle libéral à économie de marché ne peut fonctionner qu'en n'excluant une partie de ses membres et qu'enfin on arrête de considérer que la forte densité des villes d'Afrique subsaharienne est un atout. On masque simplement des réalités dont nous sommes - du moins historiquement, responsables.

Portrait de Anonyme Gigi11.10.2013

« De fait, maraîcher bio sur 1000 m2, c'est possible. Témoin officiel : l'Inra ». Tel est le titre d'un paragraphe de la succulente revue « L'Ecologiste » dans son numéro « L 'agriculture biologique. Peut-elle nourrir le monde ? ». « Plus la ferme est petite, plus elle est productive ». En 2011 la ferme du Bec Hellouin a lancé avec François Léger de l'INRA une étude de 3 ans sur la productivité d'une parcelle de 1000 m2 en agriculture biologique. Les premiers résultats tombés en juillet 2013 montrent qu'il est possible de dégager un revenu brut annuel de 30 000 euros environ avec 1400 heures de travail, soit 35 heures pendant 10 mois. Coline SERREAU dans son film « Solutions locales pour désordre global » avait déjà montré l'exemple de ce paysan indien nourrissant une famille de 12 personnes sur moins de 2 hectares, exportant de sa ferme des tonnes de produits obtenus en agroforesterie. Et si ses doutes sont persistants sur la productivité des petites structures agricoles, l'incrédule pourra se référer aux travaux de I. Ponce – 1869 « La culture maraîchère pratique des environs de Paris » : « Le jardin maraîcher parisien du XIX° siècle mesurait en moyenne de 4000 à 8000 m2. Un maître maraîcher a donné ce conseil : « Choisissez toujours la plus petite parcelle de terre possible, mais cultivez-la exceptionnellement bien ». Un autre maraîcher de l’époque décrivait leur profession comme étant « les orfèvres du sol ». Les maraîchers parisiens de la fin du XIX étaient extraordinairement efficaces. Il existait alors 600 hectares de jardins légumiers dans la capitale, d'une surface de 4000 m2 en moyenne et employant un travailleur pour 1000 m2. Ils nourrissaient la capitale en légumes frais, bio évidemment. Ces maraîchers étaient arrivés au sommet de leur art, produisant toute l'année grâce aux couches chaudes composées de fumier de cheval, et atteignant 8 récoltes par an.

Le résultat de cette étude de l'INRA est doublement réjouissant. Il montre qu'il n'y a pas lieu de désespérer et que les carottes ne sont pas cuites, ni que c'est la fin des haricots, d'une part, d'autre part que l'INRA semblerait enfin sortir de son enfermement dans le toxique dogme de l'agrochimie. Claude BOURGIGNON qui a quitté cette institution en claquant la porte tant il lui était difficile de se faire entendre, doit boire du petit lait.

Reste maintenant à convaincre la population active ou potentiellement active que le métier de paysan est le plus beau métier du monde. Après des décennies de forces centripètes en direction des villes, et de disqualification des métiers de la terre, il faudra beaucoup d'efforts de persuasion, ou des évènements fortement « incitatifs » pour que les mentalités changent.

En attendant, ce qui importe est de savoir et de faire savoir que c'est possible.

Portrait de Anonyme Kercoz11.10.2013

La dynamique globalisante semble etre structurelle et lié a l' etatisation ou aux civilisation ( ds le sens d' empire).Cette dynamique est a forte inertie (ex de la toupie)et il est difficile sinon impossible d' en modifier la trajectoire de façon endogène , de l' intérieur de la toupie.
Cette dynamique semble s'etre installée sur le concept d'échanges commerciaux , sur sa structure. Cette structure a tendance centralisatrice a longtemps parasité son hote , la structure morcelée originelle , sans la detruire ...
C' est a mon sens l' energie bon marché qui a boosté ce processus et actuellement la structure parasite semble vouloir detruire la structure originelle en croyant pouvoir gérer la nouvelle structure hypertrophiée . Pour celà elle doit isoler l' individu .....en oubliant que la cellule minimale n' est pas l' individu , mais l' individu ET son groupe .
La croyance en la substitution de l' outil complexe( dans son sens mathematique)de gestion des groupes par un outil lineaire simplifié est une croyance dominante .
Les "vraies " croyances sont inconscientes et le scientisme en est l'exemple majeur.
Si cette dynamique globalisante a été boostée par l'arrivée de l' energie gratuite ..qui a autorisé un énorme gain de productivité en agriculture passant de 40% à 2% pour la balance producteur consommateur , La FIN de l' énergie bon marché devrait faire reculer ces gains a un niveau ou l' urbanité DOIT etre remise en question.
Il faut relire "Identité" de la France" de Fernand Braudel , pour appréhender ce qui nous attend dans la pluspart des occurences de l' éventail des possibles .De plus les "ceintures alimentaire" des villes ont depuis longtemps été bétonnées et pavillonnées !
A l' heure ou le prix de l' energie doublera ou triplera , acheminer des tonnes de nourritures a des populations urbaines forcément désoeuvrées , n' a aucun sens .
Malheureusement , le danger societal principal , ne viendra pas de la pénurie , mais de l' "effet de collage" au modèle consumériste et urbain ancien ...cette dynamique est deja en cours : des millions d' urbains désoeuvrés alimentés par le travail de clandestins sans papiers ! .
On s'aperçoit que la solution a la pénurie d'abondance trouvée par le système n' est pas technologique mais plus simplement de réduire la demande de façon a ce qu' elle "colle" a la reduction de l' offre" .
Mais , comme dan,s l' equation , la constante c'est le "consumérisme possible" ( TINA) , ce qui implique un cout de l' énergie acceptable , le système reduit le nombre de demandeur plutot que de répartir cette reductiona l' ensemble des acteurs .
C'est la theorie en cours du plateau ondulé ...il suffit de pas etre dans le prochain wagon .

Portrait de Anonyme Gigi09.10.2013

Je partage grandement les points de vue de Raymond et Kercoz.
Parler de la ville sans évoquer la dimension énergétique, tant du point de vue de son expansion passée que des perspectives à venir c'est éluder sa dimension n°1.
Le sentiment d'insécurité des populations pourrait être grandement amoindri, comme le suggère Kercoz, par une certaine autonomie alimentaire, sans parler du bénéfice tiré en termes de lien social et de santé. Le cas de Cuba au début des années 91 (voir le documentaire "Le pouvoir de la communauté. Comment Cuba a survécu au pic pétrolier") est éclairant. Les cultures ont été mises en place partout où cela était possible. Le climat n'est cependant pas le même que dans d'autres régions du monde.
En Grèce et en Espagne on assiste à un retour à la terre (voir la superbe émission de Ruth Stegasy, Terre à Terre).
Une nouvelle émission avec pour thème la ville à l'horizon de la cherté de l'énergie serait la bienvenue.
Mercivtrkp

Portrait de Anonyme Raymond09.10.2013

Emission très intéressante, qui donnait une vision, voire une macro-vision des villes chinoises et américaines, mais qui, de mon point de vue, faisait l’impasse sur certaines conséquences de l’urbanisation ou de la métropolisation évoquée par les intervenants. On a parlé avec beaucoup d’intelligence des flux migratoires, nationaux et internationaux, voire au niveau des « sous régions » continentales (à propos de Lagos), de la bidonvillisation des espaces peri-urbains dans certaines métropoles des pays du sud ou émergeants, de la « bonne ville », des espaces collectifs urbains, de la qualité de vie ou des rejets (occupy wall street) des modèles hérités du XIXe siècle, mais il me semble qu’une autre dimension de l’urbanisation ou de la rurbanisation n’a guère été abordée, c’est celle de la communication routière liée, non au transport des personnes mais aussi au transport des marchandises. En effet les centres urbanisés sont, pour utiliser une métaphore biologique, des cœurs qui doivent battre en rapport très étroit avec les flux et reflux »sanguins » qui lui leur apporte,t énergie, produits manufacturés et alimentaires (frais en particulier). La cohabitation de ces flux de marchandises avec les flux humains pose un véritable problème, en particulier dans les vieux centres urbains, et modèlent considérablement les zones peri-urbaines (marchés de gros, plate-formes d’approvisionnement, stocks d’hydrocarbures, erc.) Cette question n’est pas résolue de manière convenable dans la plupart des cas ou au prix d’une croissance sans fin des transports routiers intra-urbains. La question de la gestion des transports (tout automobile, transports en commun, zone piétonnes, urbanité des espaces – sens de la relation interpersonnelle et non urbanistique – stationnement, chalandise) reste une question ouverte et qui a des conséquences en terme de mode de vie et de santé. Les exemples de villes dédiées eu « tout automatique » tels qu’ils sont expérimentés, au Qatar je crois, sont des création ex nihilo, non transposables à l’échelle des métropoles et plus encore au regard des centres urbains existants, qu’ils soient ancien (pré automobiles) eu modernes (tout automobile). Et je n’évoque que d’un trait les tentatives de récupération des jachères urbaines pour des micro productions végétales ou d’élevage (jardins urbains, sur les toits ou ruchers).
La question de La Ville est encore trop polymorphique et trop complexe en terme de société pour que des solutions globales et intercommunautaires ou intercivilisationnelles puissent émerger avec précision.
Après avoir évoqué ces questionnements qui restent « pendants » (au sens juridique du terme), je souhaite évoques deux ou trois points qui m’ont frappés. On cite souvent le film de Fritz Lang, Metropolis, en oubliant son contenu idéologique final, la révolte des « sous hommes » que sont les travailleurs débouche sur un vision idyllique du consensus interclasses au travers du personnage de la jeune femme (pas du robot !) et de l’ultime communion qui marque la fermeture de la parenthèse « idéologique » de la révolte. Et c’est là qu’il faut regarder le générique et se souvenir que la scénariste du fil était Théa von Arbou, qui écrivit quelques œuvres de sciience-fiction mais était surtout une fervente nationale socialiste et qui travailla en plein accord avec le nazisme, nazisme qui fuît Lang.
Autre petit souvenir qui vient, d’une certaine manière à la rencontre des points évoqués plus haut, Léonard de Vinci, qui était peintre, sculpteur et inventeur était également un « urbaniste’ et il imagina (avec les présupposés sociaux et culturels de son époque) des villes où la circulation s’organisait à plusieurs étages, chacun étant dédié aux déplacements des hommes et des marchandises. Voilà, c’est tout, mais j’espère avoir soulevé quelques questions que je livre à la sagacité des internautes ou des animateurs de cette émission.

Portrait de Anonyme Kercoz09.10.2013

Un élément n'est pas pris en compte par vos intervenants : L' énergie .

L' urbanisation participe a la dynamique globalisatrice .
Les problèmes viendront du fait qu' urbanisation comme globalisation n' ont pu émmerger que grace a l' énergie , aux esclaves virtuels ou humains ( Jancovici).
Avec la pénurie d' abondance et surtout la pénurie d'énergie gratuite , la ville n' est plus compatible au modèle ou attracteur sur lequel on sera OBLIGE d' atterrir ....passer de 200 esclaves ( KW/individu) à 50 ou 30 ne se peut faire sans revoir le modèle .
Cette restriction energetique obligera a recentre nos consommations sur les besoins essentiels ......La ville ne produit que des productions non essentiels ...c'est un modèle évident ...pouquoi rester en ville ? n' y rien faire et etre nourri par qui ? ...
Le modèle courrant d'avant les années 6o, c'est l' auto-production partielle ...J' ai 5 poules et 500m2 de potager ..qui m' apportent outre 70%de ma nourriture , une satisfaction philo probablement du a un sentiment de sécurisation , de non -dépendance au "système" et aux probales queues et autres galères que l' hypertrophie du système engendre .
Il faut etre lucide : 200 villes ce sont 2000 banlieues qui , non alimentées durant 15 jours ( réserves estimées de nourriture à 80% dans vos placards) induiront 2000 "émeutes" ....
Le système centralisé globalisé est un modèle instable , contrairement au système morcelé qu'il a remplacé.....qui lui etait "encore" auto-organisé ( Prigogine) et de fait stable .
Penser a 39/45 sans les millions de petites fermes ...allez demander une douzaine d' oeuf au noir ds une usine a poules , gavées de cadavres pour cause de manque d' électricité .

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