« Je
laisse partout mes traces… »
Lu par Nâzim
Boudjenah
Fils d'un russe et d'une polonaise immigrés en Belgique après la guerre, Eugène Savitzkaya est né à Liège en 1955. Après avoir abandonné très tôt ses études, il publie à dix-neuf ans un recueil de poésie, Les Lieux de la douleur (1974). Puis, après trois autres ouvrages de poésie influencés par le surréalisme — dont Mongolie, plaine sale —, paraît son premier roman, Mentir (1977, éd. de Minuit). Avec une duplicité très maîtrisée, Savitzkaya avoue autant qu'il masque les sentiments d'amour et de haine d'un fils pour sa mère. Tragédie et comédie, réalités et mensonges se mêlent, et, à la fin, les mots seuls semblent constituer une vérité durable, une certitude. Dans Un jeune homme trop gros (1978), Savitzkaya écrit une biographie fictive d'Elvis Presley, qu'il transforme en véritable héros de légende, ne retenant de sa vie que des emblèmes : l'argent, la gloire, la boulimie, la puérilité. Très vite, la description volontairement neutre de Savitzkaya inquiète, et la vie qu'il relate apparaît comme une fantasmagorie monstrueuse, l'aveu honteux d'un rêve d'enfant. Fou civil, publié en 1999, ne se soumet pas à un genre littéraire en particulier : Courts récits ? Poèmes en prose ? Des contes peut-être, en ceci que la frayeur et l’horreur y sont source de plaisirs délicieux.
Tous les poèmes lus cette semaine sont extraits de Fou civil (Les Flohic Editeurs, 1999)
Choix de Baptiste Guiton
Réalisation : Marguerite Gateau
Prise de son et mixage : Bernard Lagnel
Montage : Manon Houssin
Assistante à la réalisation : Pauline Ziadé
Thème(s) : Littérature| Poésie


