Jean-Pierre Martinet
28.08.2010 - 22:05
A propos des rééditions, aux éditions Finitude, de Jérôme, à la Table ronde, coll. Vermillon, de " L'ombre des forêts " et chez le Dilettante, de " Ceux qui n'en mènent pas large "
Jean-Pierre Martinet : 1944-1993. Comme l'écrit Alfred Eibel : " Il était persuadé qu'une malédiction détermine la vie des hommes et que, quoiqu'ils fassent, leur sort est scellé d'avance. "
Citons Jean-Pierre Martinet lui-même : " Parti de rien, Martinet a accompli une trajectoire exemplaire : il est arrivé nulle part. " Admirateur d'Henri Calet, il consacra des études critiques à Thomas Hardy, Gustave Roud ou T'Serstevens et se prêta ses talents à la traduction de Jack London.
Ancien élève de l'IDHEC, un temps à la télévision, son dernier emploi fut kiosquier. Il inventa des personnages tel Georges Maman, Marie Beretta, ou encore Mme Edwina (qui n'est pas sans rappeler Mme Edwarda de Georges Bataille).
Mais est-il besoin de commenter outre-mesure?...
Il n'y a pas de départ chez Martinet, mais une condition humaine vécue jusqu'à la lie.
Que le monde est glacé, nous murmure-t-il, dès 1975 quand il publie La Somnolence chez Jean-Jacques Pauvert.
Il ne fut pas en reste de littérature, se plaçant dans le sillage d'un Malcom Lowry ou d'un Faulkner (Kafka n'est pas loin).
Jean-Pierre Martinet fut le compagnon fraternel de Jérôme Bosch. Notons d'ailleurs que le personnage de son roman Jérôme se nommant Bauche, b a u c h e ; en le lisant, vous retrouverez les silhouettes de Kleist ou Joyce, mais, surtout, découvrirez une écriture noire, où gronde un rire sardonique qui balaye les faux-semblants et l'assemblée de crabes des vivants.
Avec Alfred Eibel, éditeur et libraire, Florent Georges de " La Revue littéraire ", Julia Curiel, critique, et Raphaël Sorin.
Lectures : Sarah Chaumette.
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