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 Science publique

Science publique│09-10

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Emission  Science publique

le vendredi de 14h à 15h

La nature, amie ou ennemie de l’homme ? 4

28.05.2010 - 14:00

« Un organisme vivant qui s'installe dans un milieu naturel qui n'est pas le sien, le colonise, déréglant ainsi l'équilibre naturel du milieu concerné ». Cette définition pourrait s’appliquer à l’homme. Pourtant il s’agit de celle des EEE, les espèces exotiques envahissantes, dont l’exemple le plus souvent cité est celui de l’algue Caulerpa taxifolia qui a envahit les fonds marins de la Méditerranée après s’être échappée du musée océanographique de Monaco. Cette définition peut également faire penser au film Matrix dans lequel les machines qui ont pris le pouvoir sur Terre considèrent l’homme comme un virus nuisible. Le débat sur le changement climatique met, lui aussi, l’être humain sur le banc des accusés. Son activité est considérée comme responsable du réchauffement de la planète. La question que nous posons aujourd’hui aurait donc pu être inversée : « L’homme, ami ou ennemi de la Nature ? »

Pourtant, l’éruption d’un volcan islandais a brusquement modifié cette sensation d’un homme tout puissant, comme maître et possesseur de la Nature, ainsi que le laissait craindre Descartes. S’il est indéniable que l’espèce humaine est devenue envahissante, le volcan islandais est venu nous rappeler que sa situation sur Terre reste fragile. Elle est toujours à la merci de cette Nature que son ubris la conduit parfois à considérer comme sa propriété. Longtemps, l’homme s’est battu contre une partie de la biodiversité, celle qui le mettait en danger, comme les virus porteurs de maladie, mais également contre certains prédateurs comme les loups. Sans parler du climat ou des astéroïdes. Aujourd’hui, il se considère comme le gestionnaire d’un patrimoine naturel qu’il doit protéger contre lui-même. 

 

Quelle est la place de l’homme dans la Nature ? En fait-il encore partie intégrante ou bien en est-il devenu le propriétaire ? Doit-il protéger toutes les espèces vivantes, y compris celles qui peuvent être dangereuses pour lui ? Quel sera l’impact d’une extinction massive des espèces sur son propre destin ? Un équilibre durable entre la diversité de la nature et les besoins de l’homme peut-il être établi ? A quel prix ?

Invité(s) :
Pierre-Henri Gouyon, biologiste et professeur au Muséum national d'Histoire naturelle
Romain Julliard, enseignant–chercheur au MNHN
François Ramade, professeur émérite de l'université Paris-Sud (Orsay)

Thème(s) : Sciences| Biologie| Ecologie| Biodiversité| évolution

4 commentaires

Portrait de Anonyme Anonyme28.05.2010

Ecxellente emission avec de la part des trois intervenants une vision éclairée exprimée dans un langage clair et direct. Un débat dynamisant malgré les terribles inquiétudes qu'il inspire.

merci a France culture pour ses emissions de sciences de 14h chaque jour

Portrait de Anonyme Eugène28.05.2010

La solution des questions fondamentales posées par ces trois chercheurs se trouve ds la théorie de la médiation de Jean Gagnepain: suffit de légaliser des processus minimaux de légitimation donc ainsi cessr de se plaindre que l'économistique domine le monde et formate les comportements de chacun. Bref institutionnaliser l'autolimitation... vaste chantier pour des politiques qui accepteront de se former en cessant de croire que des consensus ou de leurs inspirations émergeront les solutions.

Portrait de Anonyme Eugène28.05.2010

Si j'ai bien compris, la clé du pb est celle de l'autolimitation de chacun, pendant que l'économistique continue de formater les comportements...

La porte de sortie consiste donc, sans être liberticide, à institutionnaliser des processus minimaux de légitimation.

Comment savoir que cet objectif serait atteint? Si le processus de codification (nouvel idéal du job des politiques s'ils veulent bien se former un peu) vérifie l'axiologie dialectique décrite par Jean Gagnepain ds sa Théorie de la médiation dite aussi anthropologie clinique

Au plan théorique c'est donc très simple puisque les concepts sont posés. Reste plus, exemples à l'appui, à montrer que c'est soit vrai soit faux

Portrait de Anonyme Aubertin28.05.2010

L'un de vos intervenants déplore que, plus le public est accablé par des mauvaises nouvelles sur le front de l'environnement, plus il rechigne à y croire pour se rassurer, et plus il se fie à des auteurs qui minorent ou nient les problèmes comme M. Allègre. Mais ne pensez-vous pas qu'il y a une différence entre une appréhension rationnelle de la situation et les discours, soit catastrophistes, soit idéologiques, soit les deux, qui contribuent souvent à braquer les gens, à commencer par moi. Ainsi, dans votre émission, on a eu droit à la déploration malthusienne la plus caricaturale, avec la description d'une explosion démographique non maîtrisable conduisant l'espèce humaine à la famine et à l'extinction; la seule solution envisageable serait une politique de stérilisation massive conduite par une dictature. Que voulez-vous que les gens fassent de ce genre de discours? Tout à votre délire catastrophiste, personne n'a ne serait-ce qu'évoqué le phénomène de la transition démographique observé par les spécialistes dans beaucoup de pays pauvres, et qui fait que les perspectives sont considérées aujourd'hui comme bien moins noires pour les décennies à venir. Mais surtout la politique, ça ne consiste pas à raconter des mythes déprimants qui paraissent tout droit sortis de la mythologie scandinave, façon "le crépuscule des dieux", mais à sérier des problèmes précis, à dégager les points positifs et négatifs dans chaque domaine, à évaluer lucidement la situation et surtout à se placer fermement sur le terrain de la survie de l'humanité dans un cadre démocratique et humaniste. Ainsi, si la transition démographique actuelle ne suffit pas, quelles mesures humanistes faut-il prendre en termes d'éducation, d'infrastructures sanitaires, etc.? Mais de grâce, laissons l'Apocalypse du pasteur Malthus dans la corbeille à papier où est sa place.
Je dois dire que j'aurai encore des choses à dire sur le mélange entre discours scientifique et programme politique du parti écologiste, mais je m'arrête là. Je vous assure que nul ne souhaite plus que moi la préservation et restauration, autant que possible, de la nature, mais il y a des façons de présenter les choses, des amalgames, des confusions de niveaux, etc., qui me paraissent être plus nuisibles qu'utiles.