Allégorie de la Science, par Pierre Blanchard - 1882 (place de l'hôtel de ville à Paris) ©Siren-Com
La question peut paraître saugrenue tant la science ne cesse d’afficher
des résultats extraordinaires. Au cours des dernières décennies, l’homme
n’a-t-il pas décrypté le génome humain, exploré les confins de
l’espace, démultiplié la puissance des composants électroniques, créé
Internet, la téléphonie mobile ou le TGV, effectué des greffes totales
de visage et augmenté régulièrement la durée de vie moyenne de la
population des pays riches… Autant de réussites incontestables. Mais
relèvent-elles véritablement de la science ou bien s’agit-il plutôt
d’exploits technologiques ? Cette interrogation nous conduit sans doute à
redéfinir ce qu’est la science. Mais nous pouvons aussi observer ce qui
distingue les avancées de ce début du XXIème siècle de celles du début
du XXe siècle. Il y a un peu plus de cent ans, en effet, Albert
Einstein réalisait des percées scientifiques majeures. La physique et
l’astrophysique étaient en ébullition. Les découvertes d’aujourd’hui
sont-elles de même nature ou bien la science cède-t-elle progressivement
la place à la technoscience ?
Pourquoi se poser de telles questions
aujourd’hui ? Essentiellement pour revenir sur le malaise actuel qui
s’est installé entre la science et la société. Une sorte de crise de
confiance s’est exprimée à plusieurs reprises au cours des derniers
mois, qu’il s’agisse de réchauffement climatique, de nanotechnologies ou
de grippe A, le public semble avoir de plus en plus de mal à accepter
le discours scientifique officiel. Nous avons déjà abordé ces questions
dans le Club Science Publique ainsi que lors de l’émission spéciale
produite par France Culture le 30 mai dernier. Nous y revenons
aujourd’hui quelques jours avant le débat organisé par l’Académie des
sciences sur le réchauffement climatique, le 20 septembre.
Le malaise de la société vis-à-vis de la science n’est-il pas alimenté, peut-être de façon inconsciente, par le fait que la science traverse aujourd’hui une période difficile ?
Les progrès continus apparents de la recherche ne cachent-ils pas à la fois les échecs, le cancer par exemple, les renoncements, l’homme dans l’espace, et les impasses telles que le réductionnisme génétique ?
Les espoirs suscités par le scientisme et en partie déçus ne sont-ils pas en train d’alimenter un mouvement de rejet de la science ?
Avec Jean-Claude Ameisen, Médecin et chercheur, professeur d’immunologie à l’université Paris VII, Président du comité d'éthique de l'Inserm, Etienne Klein, physicien au CEA, professeur à l’Ecole centrale à Paris, Jean-Marc Lévy-Leblond,physicien spécialiste de la physique quantique et de la relativité, professeur émérite à l’université Paris VII et Nice-Sofia Antipolis, directeur de programme au Collège international de philosophie, auteur de plusieurs ouvrages critique sur la science comme La pierre de touche, la science à l’épreuve (Gallimard,1996) et La vitesse de l’ombre (Seuil,2006). Et un nouveau livre de Jean-Marc Levy-Leblond intitulé La science n’est pas l’art édité par Hermann, sera en vente dans quelques jours, le 16 septembre.
Coups de coeur, coups de sang
Oncle
Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) Palme d’Or 2010
Lung Boonmee, Raluek Chat, De Apichatpong
Weerasethakul
«L'univers est né sans Dieu» : Hawking crée la polémique
Franz De Waal, L'âge de l'empathie, LLL, 2010
Siri Hustvedt, La femme qui tremble, à paraître chez Actes Sud le 15 octobre 2010
Thème(s) : Sciences| Philosophie| Physique| Recherche
Document(s)
-
-
-
-
Galilée et les Indiens : allons-nous liquider la science ? Paris, Flammarion, « Café Voltaire », -



1 commentaire
Oui probablement en panne d'idées mais d'idées qui relèvent plus de philosophie ou de métaphysique, de changement de paradigme.
Et il ne faut souvent pas chercher très loin, par exemple voir Copernic qui dit que c'est la terre qui tourne autour du soleil, Galilée qui dit que le mouvement est relatif et que le mouvement est comme rien, Einstein qui affine Galilée avec la constance de la vitesse de la lumière.
Donc pas de grande mathématique mais des idées simples qui contredisent les idées reçues.
Mais ces gens là ont été pris pour des rigolos à leur époque, évidemment il y a de la résistance à changer les habitudes.
Et ce n'est pas la big science, les cathédrales des temps modernes (les accélérateurs de particules tel le LHC, la station spatiale, le projet ITER) qui donneront des idées nouvelles, ces appareils ne font que vérifier des thèses déjà existantes. Seuls l'imagination, le culot, l'espièglerie à la Einstein, la poésie, les expériences de pensée, le courage permettront l'émergence d'idée, de concept, de théorie, de paradigme nouveau.
J'ai quelques idées sur une nouvelle interprétation de la physique quantique que je compte publier un jour si j'en ai le courage.