Club Science Publique : La catastrophe nucléaire de Fukushima - Les leçons de La main à la pâte à travers le monde 5
Image satellite de la centrale de Fukushima Ho New©Reuters
Avant d’entrer dans le sujet que nous avions prévu pour aujourd’hui, les leçons de La main à la pâte à travers le monde, je vous propose une première partie consacrée au drame qui se poursuit au Japon. Impossible, en effet, de ne pas parler, en particulier, de cette catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima qui est devenue une épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête des 35 millions d’habitants de Tokyo. Depuis une semaine, cette centrale est à la dérive avec quatre réacteurs qui émettent de la radioactivité en raison de la défaillance de l’ensemble des systèmes de refroidissement des réacteurs et de plusieurs explosions. Dans un second temps, ce sont les piscines de combustible usagé qui se sont mises en ébullition faute, là encore, d’un niveau d’eau de refroidissement suffisant.
La Main à la pâte est une méthode d’enseignement des sciences dans les classes du primaire lancée en France en 1996 par Georges Charpak, décédé l’an dernier, le 29 septembre 2010. Le prix Nobel de physique en 1992 avait découvert visité les quartiers défavorisés de Chicago où la méthode baptisée « Hands on » palliait le manque de formation scientifique des instituteurs grâce à un enseignement fondé sur la manipulation et donc sur des expériences, des exercices pratiques de découverte de la physique ou de la mécanique, par exemple. Georges Charpak est alors frappé par la réussite de cette approche dans le contexte difficile des ghettos noirs de Chicago. Il décide donc de transposer cette méthode en France sous le nom de « La main à la pâte », lancée dès 1996 dans les classes maternelles et primaires. Malgré son succès, cette méthode reste appliquée par une minorité de classes en France même si elle tente désormais de passer au secondaire. En revanche, elle s’étend à un très grand nombre de pays. C’est cet aspect que nous allons aborder aujourd’hui.
En direct du salon du Livre de Paris
Invités:
Jean-Claude Ameisen, Médecin et chercheur, professeur d’immunologie à l’université Paris VII, Président du comité d'éthique de l'Inserm
Etienne Klein, physicien au CEA, professeur à l’Ecole centrale à Paris
Pierre Léna, membre de l’Académie des sciences, délégué à l’éducation et à la formation
Patrick Marcel, professeur agrégé de sciences de la vie et de la terre, formateur à l'IUFM de Lons-le-Saunier
Nicolas Merveille, ethnologue, responsable de l’unité de recherche de l’université jésuite du Pérou
Audio:
L'intégralité de l'interview de Nicolas Merveille, réalisé lors d'un passage récent à Paris :
Blog:
Consultez aussi le blog de Science Publique, En quête de science, au sujet de la catastrophe de Fukushima.
Vidéo:
L'évolution du nuage radioactif émis par la centrale de Fukushima (IRSN):
Thème(s) : Sciences| Médecine| Physique| Education| Japon| nucléaire
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Document(s)
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10 notions clés pour enseigner les sciences de la maternelle à la 3eme Belin /le Pommier, 2011 -
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5 commentaires
Pourquoi n'y a t il jamais de commentaire, de votre part et des scientifiques, sur la seule énergie inépuisable et gratuite (au dela d'un modique investissement), LE SOLAIRE.
Nous n'utilisons que 5% du potentiel.
La surface des toitures, en France, dépasse la surface nécessaire au solaire
pour une totale indépendance énergétique.
Cher Jacques,
Nous parlons régulièrement du solaire. Mais il faut bien dire que la situation française dans ce domaine a quelque chose de désespérant qui décourage d'y revenir. Les récentes mesures gouvernementales sur la réduction des aides à l'équipement en solaire le démontrent encore.
Néanmoins, le débat qui va suivre la catastrophe de Fukushima vont forcément conduire à rouvrir le dossier du solaire. A l'évidence, la question est, désormais: Comment allons-nous sortir du nucléaire? La réponse n'est pas simple dans un pays qui compte quelques 58 centrales. Mais elle est devenue incontournable pour trois raisons: le nucléaire n'est pas parvenu à convaincre de sa maîtrise des risques qu'il engendre, le temps de la gabegie énergétique est en passe de s'achever, pollution et réchauffement climatique oblige, et les ressources en uranium ne sont pas éternelles, comme nous l'avons évoqué dans Science Publique du 3 octobre 2008 (L'énergie nucléaire, jusqu'à quand ?).
Autant de raison de parler, enfin sérieusement, peut-on l'espérer, des alternatives au nucléaire. S'il n'est pas possible de s'en passer d'un jour à l'autre, il est urgent d'entrer dans une phase de sortie volontariste et programmée de sortie du nucléaire.
Cela prendra peut-être 50 ans mais, plus on retarde l'amorce de cette sortie, plus le risque d'accidents, dans l'avenir, sera grand.
Les première mesures, que certains pays ont déjà prises, doivent être d'arrêter la construction de nouvelles centrales, d'étudier le démantèlement des centrales les plus anciennes en les remplaçant par des sources d'énergie renouvelables dont le solaire, et de planifier l'arrêt progressif de toutes les centrales existantes. Cela passera, obligatoirement, par une réduction de notre consommation d'électricité. D'où, également, un changement profond de notre mode de vie. Il faut en débattre pour le mettre en œuvre collectivement et non dans un climat d'affrontement stérile.
Bien à vous
M.A.
LA MAIN À LA PÂTE :
Je suis étonnée que la question de la qualité de la documentation scientifique diffusée n'ait pas été abordée par vos interlocuteurs .
L'invitant et les invités de l'émission connaissent-ils le site de la main à la pâte ? le nombre, la nature et la qualité de la documentation pédagogique proposés sur ce site ont-ils par eux expérimentés, analysés, critiqués ? par quels participants à l'émission ? en fonctions de quelles références ?
les documents anciens semblent avoir été faits par des amateurs .
les documents récents sont des manuels papier belin/Le pommier .
> pourquoi pas un ensemble de documents en ligne gratuits DE REFERENCE réalisés par des équipes compétentes : scientifiques / didactique / graphistes /informaticiens .
> de telles équipes existent dans de nombreux pays . les responsables de la main à la pâte, du ministère et les concepteurs/responsable du site le savent-ils ?
Bonjour,
Faire des économies d'énergie c'est possible si l'on réduit toutes les illuminations des villes de nuit, les pub lumineuses, les stades éclairés par des éclairages énergivores et contrairement à tout ce qu'on entend cela ne coûtera pas plus bien au contraire. J'adore les illuminations de Noël mais à chaque fois je pense aux enfants de demain et d'après demain et me demande s'ils auront seulement la joie de voir juste leur sapin éclairé !!! Il y a des milliers de façon de respecter la nature et les générations à venir mais on ne se pose pas les vrais questions. Il est certain que si l'on ne change pas d'habitudes quotidiennes, il sera nécessaire de plus en plus de nucléaire et que ferons nous des déchets ? On les enverra dans le tiers monde !!! Car on perçoit bien qu'un humain n'égale pas un autre humain sur cette terre. Dans le domaine de l'économie de l'eau c'est identique, pourquoi utiliser de l'eau potable pour des toilettes ? Pourquoi ne pas utiliser l'eau de lavage des légumes, de la vaisselle pour ces toilettes ? Moi, c'est ce que je fais mais je vois bien que les personnes sont choquées par ce choix, parfois on pense que je suis radine. Oui radine sur l'utilisation des ressources qui ne m'appartiennent pas. C'est pourquoi il ne faut pas laisser retomber "l'émotion" comme le disait un de vos intervenants car c'est le moment de faire comprendre à des "Consommateurs" (car nous sommes dans une société de consommation et qu'il faut consommer à tout prix pour exister) que ce n'est pas la vérité et qu'il y a d'autres possibilités de vie en dehors de cette consommation à outrance.
Arrêtez de dire que l'on revient à la bougie, s'il vous plaît ! Revenir à du 16° c'est un peu dure (et pourtant je n'ai pas chauffé ma maison cet hiver par manque de revenus) mais apprendre à mettre un pull-over chez soi afin de réduire son chauffage, éteindre une lumière lorsqu'on sort d'une pièce, ce sont des gestes qui devraient être automatique.
J'espère que ces tristes évènements éveilleront les consciences et pour le respect des blessés et des morts c'est notre devoir de terriens de réagir et de changer notre mode de vie afin qu'il soit plus respectueux des humains et de la terre pour que les richesses soient mieux réparties.
Bonne journée
Cher Déméter,
Ma réponse au message de Jacques, ci-dessus, devrait également répondre au votre.
Bien à vous
M.A.