Alexandre Graham Bell (1847 - 1922) Moffett Studio©Domaine public
Rien de plus ordinaire que le bruit que nos oreilles, qui ne se ferment
jamais, captent en permanence. Quoi de plus familiers que les sons qui
nous entourent et engendrent un paysage sonore qui confère son identité à
un lieu tout autant que les images et les odeurs. Pourtant, malgré sa
banalité et son importance, le son demeure le phénomène physique de
notre environnement que nous avons le plus de mal à mesurer. Avec un peu
d’expérience, il est possible d’évaluer une température en degrés
Celsius ou une distance en mètre. Rien de tel avec le son. A notre
décharge, il faut dire que l’unité sonore, le décibel, est loin d’être
une unité simple. C’est pourtant elle qui permet de classer les sons en
fonction de leur puissance. Le seul moyen pour comparer les bruits entre
eux et détecter ceux qui sont trop faibles ou trop forts pour nos
oreilles.
Dans décibel, il y a Bell avec un seul L. Il ne s’agit pourtant pas
d’une référence à une cloche, bell en anglais, mais bien à un génie :
Alexander Graham Bell, l’un des inventeurs du téléphone. Le décibel
n’est en effet rien d’autre que la dixième partie du bel, Cette unité a
été créée vers 1923 par les ingénieurs des laboratoires Bell, créés par
Alexander Bell et devenus les fameux Bell Labs aux Etats-Unis. C’est là
que les choses se compliquent. Les ingénieurs ont, en effet, choisi
d’utiliser une fonction logarithmique pour définir le décibel, et non
linéaire comme pour la longueur, la masse ou la température !
L’essentiel de la difficulté vient donc de cette caractéristique qui
défie notre intuition mais qui correspond à une particularité du son et
de nos oreilles. Notre perception du bruit n’est en effet pas linéaire
et, pour doubler la puissance sonore d’u piano, deux
pianos sont loin d'être ne suffisants…
Comment a été fabriquée l’unité décibel et pour quelles raisons ?
Quelles sont ses utilisations, aujourd’hui, dans la vie courante ?
Comment nous familiariser avec cette unité et apprendre à évaluer la puissance d’un son lorsque nous l’entendons ?
Le décibel permet-il de mesurer les nuisances sonores, en particulier en ville, et de prendre des mesures pour les limiter ?
Quel est l’impact du niveau sonore sur nos oreilles et notre cerveau,
qu’il s’agisse du bruit des villes, de celui d’une boite de nuit ou des
écouteurs d’un baladeur audio ?
Invités:
Albert Godal, Ingénieur d'Etudes Sanitaires, Délégation Territoriale des Yvelines, ARS (Agence Régionale de Santé) d'Ile-de-France,
Christian Hugonnet, ingénieur acousticien, expert près les Tribunaux, président de l’association La Semaine du Son,
Hellen Tuernal, inspecteur de salubrité, Bureau des actions contre les nuisances de la Préfecture de police de Paris,
Michel Vampouille, créateur et administrateur de BruitParif
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Thème(s) : Sciences| Recherche| décibel| musique
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Document(s)
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Le corps et la musique Presses universitaires de Provence, 2011



6 commentaires
Lorsque j'ai vu le jour il y a 46 ans j'ai crié, très fort!
Durant mon enfance j'ai pleuré et ri, très fort!
Jusqu'à l'age adulte j'ai fait du bruit, non plus avec ma bouche, mais avec des mobylettes!
J'ai même aimé le vacarme assourdissant des Mirages F1 décollant a 500 mètres de moi sur la B.A. 726 d'Orange!
Et puis j'ai voyagé dans les capitales les plus bruyantes (Manille, Hochiming...) et j'ai découvert le bruit ininterrompu.
Puis j'ai marché dans le désert algérien, et j'ai été émerveillé par...le SILENCE!!
Depuis je cherche ce calme, dans le sud de la France ... mais il n'existe pas ou plus : motos, tracteurs, routes, quads, ch(i)asseurs,avion militaires, avions de ligne, avions de tourismes, hélicoptères.éoliennes...
je suis allé au nord, au sud, a l'est, a l'ouest...
QUE DU BRUIT!
SNIF
Bon pas très bien compris encore la définition du Bell ni pourquoi le bruit n'est pas proportionnel aux sources du bruit, mais passionnant encore, comme la plupart des émissions scientifiques de F Culture...
Dommage, mes voisins ne m'emmerdent jamais en écoutant trop fort F Culture, ça me ferait tellement plaisir, la diffusion du Savoir par le bruit...
Au lieu d'appeler le service d'hygiène, je vais donc maintenant essayer d'aimer le bruit des voisins...de me persuader que c'est un bruit agréable, la négation de la mort qui est la fin de tout bruit.
Bonjour,
Des choses intéressantes, mais plus "grand public" que d'habitude il me semble, ce n'est pas une critique mais une constatation.
Dans une émission qui se veut scientifique, vous auriez pu dire que le Bel n'est pas vraiment une "unité" puisque c'est un rapport de pression, donc sans unité. Pa/Pa
Bien à vous.
Bonjour,
Nous avons dit que le décibel est un rapport de pression, je pense... Mais l'objectif de l'émission était en effet "grand public" comme vous le remarquez. Cela me paraît justifié tant la mesure du bruit est mal maîtrisée alors qu'elle fait partie de l'environnement quotidien de tout le monde...
Bien à vous
Bonjour à tous, enfin l'émission que j'attendais je vous remercie; serait-il possible d'expliquer les nuisances des basses et qu'en est-il de la loi face aux fabricants de matériels ainsi que des normes de construction; les basses pour moi sont terribles j'entends très bien; merci pour votre émission
cordialement
Madame, monsieur,
Quelles mesures la préfecture de police prend-elle pour ses fonctionnaires… qui, par exemple, transportent des prisonniers de la prison au palais de justice [Paris] et retour, des motards devant et derrière le fourgon, avec un véhicule d'accompagnement, tous ces engins utilisant des sirènes sans discontinuer pour ne pas s'arrêter aux carrefours ?
Merci pour la science sur France culture.
Très cordialement,
eRuTLuC