retour en haut de page
 Science publique

Science publique | 10-11

Syndiquer le contenu par Michel Alberganti Le site de l'émission
Emission  Science publique

le vendredi de 14h à 15h

Ecoutez l'émission 60 minutes

Comment les médecins prescrivent-ils les médicaments ? 16

28.01.2011 - 14:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobileaudio

 Après l’affaire du Mediator, ce médicament qui serait responsable de 500 à 2000 décès entre 1975 et fin 2009, c’est un traitement contre l’acné qui est soupçonné d’être à l’origine de 25 à 27 suicides d’adolescents entre 1986 et 2009, selon l’Agence française de sécurité sanitaire, l’Afssaps. Cette semaine, le père d’un jeune de 17 ans qui s’est donné la mort en juillet 2007 alors qu’il suivant un tel traitement, a saisi la justice. Peu avant le 15 janvier, date de la remise du rapport de l’Inspection Générale des affaires sociales, l’IGAS, sur le Médiator, la revue Prescrire avait révélé une liste de médicaments qu’elle juge dangereux comme le buflomédil, le nimésulide ou le vinflunine… Et, comme en 2008 et 2009, la revue n’a pas décerné, pour son palmarès 2010, de pilule d’or… C’est dire à quel point l’industrie du médicament traverse une mauvaise passe. Et c’est sans doute pour limiter les risques de contagion que le regroupement des entreprises françaises du médicament, le LEEM, a décidé, lors de son conseil d’administration du 18 janvier, de suspendre de la liste de ses membres Servier, le laboratoire qui a produit le Mediator pendant 34 ans.

Dans ce contexte, Nicolas Sakozy a chargé Bernard Debré, professeur de médecine et député UMP de Paris, d’une mission pour proposer, dès mars 2011, des mesures destinées à assainir la filière du médicament. C’est donc toute la structure actuelle des Agences et autres Commissions qui se retrouve sur la sellette. Néanmoins, en marge de ce tumulte et du parfum de scandale qui flotte sur la médecine, les patients continuent à consulter et les généralistes à prescrire. Et chacun d’entre nous est en droit de s’interroger sur le processus qui conduit le praticien à délivrer la fameuse ordonnance, sésame d’un traitement.

- Qui n’a pas été surpris de voir son médecin consulter le Vidal pour trouver le bon médicament ?

- Après son diagnostic, comment le généraliste choisit-il un médicament plutôt qu’un autre ?

- Quel rôle jouent les visiteurs médicaux dans ce choix et quels liens existent entre ces visiteurs et les laboratoires pharmaceutiques ?

- Les patients réclament-ils eux-mêmes certains médicaments et les médecins ont-ils les moyens de résister à cette demande ?

Invités :

Fabienne Bartoli, directrice adjointe de l’Agence française de sécurité sanitaire, l’Afssaps,

Christian Lajoux, président des entreprises du médicament, le LEEM,

Claude Leicher, président du syndicat de la médecine générale, le SMG

Jean-Yves Nau, médecin et journaliste du site Slate.fr

Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de la revue Prescrire

 

Réécoute de l'émission:

Lecture
 

 

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Radio:

Science Publique - 08 10 2010: Allons-nous vers une crise du médicament ?

 

 

 

 

Science Publique - 30 04 2010: Faut-il encore croire à l'homéotpathie?

Lecture
 

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Vidéo:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Invité(s) :
Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine
Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de la revue indépendante Prescrire
Fabienne Bartoli

Thème(s) : Sciences| Médecine| Mediator| Servier

16 commentaires

Portrait de Anonyme Dr Bosser04.02.2011

Les gouvernements australien nouveau-zélandais et des pays-bas ont effectue un choix : celui de privilégier les finances publiques et celui de la sante publique contre celui de l industrie pharmaceutique. Pour chaque classe médicamenteuse : établir une liste de médicaments référents en terme de bénéfice risque et faire un véritable appel d offre pour faire baisser les prix. Comparer toute nouvelle molécule a la molécule de référence et n autoriser son utilisation que si celle ci pressente un avantage dans la balance bénéfice risque. C est pas complique : il suffit d arrêter le coquinage entre le pouvoir politique et l industrie pharmaceutique. Les belges sont en train de le faire.

Portrait de Anonyme Georges31.01.2011

Une faute de grammaire, et pas des moindres, dans le titre, bon...

Portrait de Michel Alberganti Michel Alberganti12.02.2011

Bonjour.

Pouvez-vous préciser de quelle faute vous parlez?

Merci d'avance

M.A.

Portrait de Anonyme Anonyme30.01.2011

A Geneviève:

Pour ma part, pour choisir un médecin je me réfère à la liste des médecins "lecteurs émérites" de Prescrire:
http://www.prescrire.org/emerites/indexEmerites.php

Ce sont des médecins lecteurs de Prescrire qui ont satisfait à des tests mensuels de la revue: ils font donc l'effort permanent de se former de façon indépendante, et ont passé l'examen.

Pour la visite médicale, certains médecins affichent dans leur cabinet qu'ils ne la reçoivent pas.

Une autre source est la liste des signataires de la charte du Formindep, association de médecins pour une formation continue indépendante:
http://www.formindep.org/spip.php?article339
mais elle n'est pas classée par département, donc plus difficilement exploitable.

Les patients sont en droit d'exiger professionnalisme et éthique de la part de leurs soignants, alors autant s'adresser aux professionnels qui font l'effort de se remettre en cause!

Portrait de Anonyme Massé Jean François29.01.2011

Merci Michel Albertganti pour cette émission très utile.
En tant que médecin généraliste en exercice depuis 30 ans, je cautionne avec force les interventions de Bruno Toussaint concernant la pression des firmes pharmaceutiques sur la formation des médecins spécialistes et celles de Claude Leicher concernant les difficultés de réduction des prescriptions faites par les confrères spécialistes (tant libéraux qu'hospitaliers).
Le message de base est de laisser au médecin généraliste traitant la responsabilité du choix du traitement. C'est lui qui va en assurer le suivi au long cours, c'est lui qui va en détecter les éventuels effets secondaires, c'est lui qui connaît les autres médicaments de son patient et donc les risques d'interactions néfastes,c'est lui enfin qui va assumer la responsabilité de son renouvellement. Il est illogique que ce ne soit pas lui qui décide la prescription initiale (+++). L'avis d'un spécialiste (dit d'organe) est bien sûr utile. Mais un avis ne doit pas se substituer à une décision.
Sacha Guitry disait en 1950: "Mon médecin est le chef d'orchestre de ma santé. Il peut certes demander des avis, mais c'est lui le responsable ultime". En instaurant le principe d'un circuit de soins coordonnés dans notre système de santé, le législateur a donné un signe fort en faveur du rôle de pivot des médecins traitants. Il convient de le respecter.

Portrait de Anonyme PESTY François29.01.2011

Responsabilisons les médecins en les informant mieux, pour éviter de nouveaux Médiator®, et améliorons la qualité et l’efficience de la prescription, tout en réduisant l’iatrogénie médicamenteuse. Il est certain que la prescription des médicaments par les médecins présente hélas une très large part d’empirisme, d’irrationalité et d’impulsivité, puisqu’elle est davantage guidée par la promotion des firmes pharmaceutiques au travers de ses multiples canaux de communication (visite médicale, publicité, intervention de leaders d’opinion dans les congrès, formation médicale continue et presse financée par l’industrie), que par l’état de la science et les niveaux de preuve. L’une des raisons à ces impostures, est le vide d’information dans lequel le médecin se trouve au moment de prendre ses décisions. En effet, on n’exige pas de sa part qu’il connaisse les indications validées par l’AMM, ni qu’il déclare dans le dossier patient laquelle de ces indications autorisées il retient pour justifier sa prescription. Par ailleurs, les informations pertinentes au moment de valider sa prescription ne s’affichent sur l’écran de poste de travail informatisé. Il faut donc exiger davantage des bases de données et des logiciels d’aide à la prescription, un sujet abordé par mon « article – Lettre au législateur » accessible en suivant le lien : http://optimiz-sih-circ-med.fr/Actu.aspx#14

Il s’agit tout bonnement, en les informant mieux, de davantage responsabiliser les médecins. Que les données essentielles de l’évaluation comparative des médicaments « crèvent l’écran » de validation des prescriptions. Leur demander de tracer l’indication retenue dans le dossier patient, c’est enfin connaître quelles sont les raisons qui motivent leurs choix thérapeutiques. Une information qui a une grande valeur pour le médecin prescripteur lui-même, c’est la moindre des choses tout de même qu’il sache pourquoi il prescrit), mais aussi pour les autres médecins qui peuvent prendre en charge le patient, pour le patient lui-même (il a le droit de savoir), pour le pharmacien qui doit analyser l’ordonnance, et pour l’infirmier(e) qui va l’exécuter…

Portrait de Anonyme med29.01.2011

Bonjour,
Le lien de réécoute de "science publique" du 28/01 ne fonctionne toujours pas
pouvez-vous le rétablir svp. Merci.

Portrait de Michel Alberganti Michel Alberganti30.01.2011

Le lien de réécoute fonctionne désormais normalement.

Avec toutes nos excuses.

M.A.

Portrait de Michel Alberganti Michel Alberganti29.01.2011

Bonjour,

En attendant la correction du lien de réécoute du haut de page (signe rouge), vous pouvez réécouter l'émission grâce au lien situé après la liste des invités.

Avec nos excuses pour ce problème,

M.A.

Portrait de Anonyme Jean-Pol28.01.2011

Le podcast de "La Grande Table" se retrouve à la place de celui de "Science publique" pourriez-vous remettre les choses en place ? Merci.

Portrait de Michel Alberganti Michel Alberganti29.01.2011

Le podcast de Science Publique fonctionne désormais normalement.

Désolé pour ce problème,

M.A.

 

Portrait de Anonyme De almeida alain28.01.2011

Mme bartoli faitpreuve de mauvaise foi qui irrite le generaliste que je suis; elle ne devine pas la colère sourde qui nous inonde , je ne suis pas" expert" comme mes collègues generalistes ; mais du vioxx au mediator et en passant par la grippe h1n1 il serait temps en terme de santé publique de redonner la parole aux acteurs de terrain

Portrait de Anonyme Geneviève28.01.2011

J'aimerais pouvoir choisir mieux mon médecin traitant.... Comment connaître les médecins:
- qui refusent de recevoir les visiteurs médicaux
- qui suivent une formation continue autre que celle dispensée par les labos pharmaceutiques??

P.S. J'ai pris en 2000, pendant plusieurs mois, du Mediator prescrit par un nutritionniste, dans le cadre d'un régime en vue de perdre du poids.

Portrait de VAD VAD28.01.2011

Bonjour,

LA France se dit pays CARTÉSIEN.
Les médecins et le médecine sont le flambeau de ce CARTÉSIANISME déclamé.
Or les médecins FLÉCHISSENT devant les arguments PUBLICITAIRES de ces visiteuses en MINIJUPE, jouant le rôle de VIAGRA.

Où est-on ?

Bien à vous !

Vafi Vadsaria

Portrait de Anonyme De almeida alain28.01.2011

Completement d accord avec une formation independante en prescription et pharmacologie mais indépendante aussi des caisses de secu qui ne pensent elles qu à faire des economies: j entends par la : stop aux VM de l industrie et stop aux DAM( delegues de l assurance maladie).
Prescrire est une des rares solutions incontestables.

Portrait de Anonyme Anonyme28.01.2011

Quel honte l’Afssaps !!! et ce système médicale

D'ailleurs, rien qu'en écoutant leurs facont de s'exprimer... Ils ne sont pas crédibles..

Parlez leurs du reportage "les médicamenteurs"

"c'est très grave"... no comment

les médecins sont achetés par le système... corrompu