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L’Internet des objets est-il compatible avec la vie privée? 4

09.05.2014 - 14:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecturevideo

Visualizing the invisible - volume opérationnel d'un lecteur RFID Philippe Teuwen © via Flickr CC

Cette année, le nombre d’internautes sur la planète devrait atteindre les 3 milliards, soit plus de 40% des 7,2 milliards d’habitants prévus pour 2014. Ils forment un réseau mondial dans la mesure où ils sont tous interconnectés. N’importe quel internaute peut communiquer avec n’importe quel internaute. Mais un autre réseau mondial surpasse déjà Internet : celui des téléphones mobiles. Le nombre d’abonnements actifs à un service de téléphone mobile a atteint 6,8 milliards en 2013. Il devrait dépasser celui de la population mondiale en 2014. Si le nombre d’utilisateurs d’un téléphone mobile, lui, reste limité à 2,1 milliards en 2013, il a affiché un taux de croissance annuel moyen de...  40% entre 2007 et 2013...Alors imaginez qu’un grand nombre des objets qui nous entourent se transforment également en un réseau mondial. Un peu comme si votre voiture, votre réfrigérateur, votre cuisinière, votre lave-linge ou votre aspirateur disposait également d’un abonnement à la téléphonie mobile. "Et pourquoi pas mes habits, mes chaussures, mes médicaments et mon armoire à pharmacie, ma montre, mes bouteilles de vin et mon réveille-matin tant que vous vous y êtes !?", me lancerez-vous. Eh bien oui, pourquoi pas...

Une telle mise en réseau des objets quotidiens ne relève pas du phantasme de quelques techno-évangélistes en mal de science-fiction. Il se prépare depuis une dizaine d’années et fait déjà partie de notre environnement sans que, souvent, nous en prenions conscience. Dès 2006, la passe Navigo a fait partie de ces discrets pionniers. Depuis, le passeport électronique, le badge de paiement sur autoroute LiberT et même la plupart des nouvelles cartes bancaires sont dotés d’une sorte d’abonnement à la téléphonie mobile des objets. Ils  sont en effet équipés d’une puce qui communique par radio avec un réseau... Si les objets sont en mesure de communiquer sur Internet, quelles seront les conséquences pour les entreprises qui ont fabriqué ces objets et celles qui les vendent ?

- Que raconteront les objets communicants sur... leur propriétaire, c’est à dire chacun de nous ?

- Les internautes humains risquent-ils de devenir les otages des objets qui les entourent et qui deviendront, en quelque sorte, autant de micro caméras de surveillance ?

- Le téléphone mobile ne créée-t-il pas, déjà, un Internet des objets embryonnaire mais puissant ? 

- Si l’Internet des objets est en mesure de grignoter peu à peu toute vie privée, une législation peut-elle limiter ses capacités d’espionnage de chacun de nos mouvements ? 

Pierre-Jean Benghozi, Pierre Métivier, Michel Alberganti, Marie-Charlotte Roques-Bonnet © DR

 

Vidéo: 

L'internet des objets vu par Orange: le paradis de demain...

 

Invité(s) :
Pierre Métivier, délégué général du Forum des services mobiles sans contact, éditeur du blog Avec ou sans contact et membre du thinktank européen « the Internet of things council»
Marie-Charlotte Roques-Bonnet, docteur en droit public (Thèse “La Constitution et l’Internet”), juriste spécialisée en protection des données, expert nommé auprès de la Commission européenne et auteur de l’ouvrage « Le droit peut-il ignorer la révolution numérique ? » (Editions Michalon, 2010)
Fabrice Mattatia, ingénieur et Docteur en droit, auteur de "Traitement des données personnelles. Le guide juridique. La loi Informatique et libertés et la CNIL. Jurisprudences." et de "Loi et Internet : Un petit guide civique et juridique" en 2013 chez Eyrolles.
Pierre-Jean Benghozi, professeur à l'Ecole polytechnique et Directeur de recherche CNRS, Membre du Collège de l'Arcep, co-auteur de L'Internet des objets / The Internet of Things, Éditions de la MSH, collection "pratics", septembre 2009 (avec S. Bureau et F. Massit-Follea)

Thème(s) : Sciences| Economie| Entreprise| Sociologie

4 commentaires

Portrait de Anonyme Jean-Paul Quentin11.05.2014

Bonjour,

Pour moi le véritable progrès consisterait que pour des objets communiquants largement diffusés (+ de 10000 ) par exemple les CGU (conditions générales d'utilisation) que l'on accepte en général sans les lire soient obligatoirement négociées entre les fabriquants et les assos de consommateurs qui détermineraientt par un code couleur (comme pour la consommation des appareils électriques) le caractère + ou - intrusif de ses applications mais aussi la capacité pour le particulier d'accéder au contenu et au paramétrage des données transmises la plupart du temps à son insu.

Portrait de Anonyme Anonyme09.05.2014

Un des aspects de la vie privée ne me semble pas assez évoqué. L' usage des caméras par la police ou la justice sur la voie publique ou privée ne semble plus faire débat ......L' utilisation du Linki electrique ou du compteur d'eau , peut de façon tres intéressante aider a la sécurité d' une personne agée a domicile , en enregistrant la courbe d' usage journalière et en donnant une alerte pour une modif ou immobilité ...mais cet enregistrement est intrusif et peut etre accessible par d' autres instances comme une surveillance policiere .....
Foucault se trompait , le Panoptique n'est pas dans la prison mais a l' exterieur .

Portrait de Michel Alberganti Michel Alberganti09.05.2014

Merci pour votre message. Je comprends votre réaction mais les caméras de surveillance ne faisaient pas vraiment partie du sujet d'aujourd'hui. Encore qu'elles seront (sont?) probablement intégrées à l'Internet des objets. Néanmoins, il ne s'agit pas d'un objet personnel ou que l'on peut acheter pour soi, en dehors des systèmes de vidéosurveillance privés...
Quant à Foucault, je suis d'accord avec vous. "Surveiller et punir" est un livre plus historique que visionnaire. Pour cela, mieux vaut lire Orwell..

Portrait de Anonyme POC09.05.2014

Réseau vient de retio en latin, qui veut dire piège...
celui qui se place au centre du réseau tient le pouvoir, puisqu'il détient l'accès au données.. (par exemple on passe par Google (l'expression est signifiante) pour avoir une information...
merci pour votre émission

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