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le vendredi de 14h à 15h

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La révolution numérique de l'éducation a-t-elle eu lieu? 17

30.11.2012 - 14:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecturevideo

La classe Star Trek du projet SynergyNet
© Université de Durham

A quelques encablures de la Maison de la radio, porte Dauphine les Assises du numérique viennent tout juste de fermer leur porte. Pour cette cinquième édition, l’un des thèmes abordés a été : « De la craie à la tablette numérique : la révolution éducative ». La formulation révèle, peut-être, le fond du problème. La révolution de l’éducation par le numérique est souvent abordée par le biais du matériel. Les ordinateurs, les logiciels, les écrans, Internet ou Twitter seraient les acteurs de cette révolution. Or, la publication, cette semaine du résultat du projet SynergyNet, une expérience sur 400 élèves coûtant 15 millions d’euros menée en Grande-Bretagne pour évaluer l’impact des bureaux-écrans multitouch sur l’apprentissage des maths, est essentiellement axée sur l’organisation de la salle de classe autour de ces outils. Plus interactif, l’équipement de la salle de classe baptisée Star Trek, a permis d’enregistrer des progrès de 46% des élèves contre 16%, dans le même temps, avec les traditionnelles feuilles de papier. 

La révolution éducative naîtrait ainsi des modes d’apprentissages que la technologie rend possible. Et au cœur de ces modes d’apprentissage,  on trouve, bien entendu, le professeur, l’enseignant sans lequel rien n’est vraiment possible. Lors des Assises du numérique, installées au milieu de l’université de Paris-Dauphine, on pouvait apercevoir, par les fenêtres, des salles de classe strictement identiques à celles des années 1970. Le professeur, devant un tableau maniait la craie face à des élèves. La révolution de l’éducation a-t-elle eu lieu ici ? On peut tenter de répondre à cette question mais également s’interroger sur son sens véritable et sur ses réelles implications sur le système éducatif dans son ensemble. 

Où en est le système éducatif français dans cette révolution si souvent annoncée ?

Comment la France peut-elle se retrouver distancée dans la plupart des classements internationaux d’évaluation du niveau scolaire des élèves ?

Pourquoi les multiples expérimentations concluantes de nouvelles pédagogies exploitant les nouvelles technologies ne parviennent-elles pas à la généralisation ?

Quels sont les points de blocage qui pénalisent la France ?

Qu’attendent les enseignants pour franchir le pas ?

Invités:

Alexandre Acou, professeur des écoles en CM2, prof de la @Classe_Acou dans le quartier chinois de Paris.
Paul Mathias, inspecteur général de l'éducation nationale, doyen du groupe de philosophie

Olivier Perlot, vice-président de l'Université de Reims Champagne-Ardenne, délégué à l'Université Numérique et ancien directeur-adjoint de l'IUFM de Champagne.

Serge Pilicer, président-Fondateur des Assises du Numérique
François Taddéi, généticien, directeur de recherche à l’Inserm et membre du Haut Conseil à l’Education

Vidéos :

 

Invité(s) :
Alexandre Acou, professeur des écoles
Paul Mathias, inspecteur général de l'éducation nationale.
Serge Pilicer, organisateur du 5Plus City Forum sur l'innovation numérique, Président-Fondateur des Assises du Numérique
François Taddei, directeur de recherche à l'inserm. Directeur du centre de recherches interdisciplinaires
Olivier Perlot, vice-Président de l'URCA en charge de l'Université Numérique et d'ancien directeur-adjoint de l'IUFM.

Thème(s) : Sciences| Ecole| Education| Multimédia| élèves| numérique| pedagogie| professeurs

Lien(s)

Les assises du numeriqueLes Assises du Numérique se dérouleront à l'Université de Paris-Dauphine, les 29 et 30 novembre 2012. L'édition 2012 proposera une vision prospective de la France et de l'Europe Numérique à échéance 2020 avec en ligne de fond, la croissance dont la France et l'Europe ont besoin. assisesdunumerique.fr

17 commentaires

Portrait de Anonyme Jacques08.12.2012

Des perspectives et des prolongements dans les chapitres consacrés au numérique dans l'art à l'école, réconcilier le sensé et le sensible, documentation française.
tR7S CORDIALEMENT,
J.

Portrait de Anonyme Pierre08.12.2012

Ces questions sont abordées longuement dans l'ouvrage de réflexions "L'art à l'école. Réconcilier le sensé et le sensible", publié par le Haut Conseil de l'éducation artistique et culturelle, que je m'étonne de ne pas retrouver parmi les documents de votre émission. Bien cordialement,
Pierre B

Portrait de Michel Alberganti Michel Alberganti03.12.2012

Un message d’Éric:

On reste pantois. A entendre ce qu'on vient d'entendre, on ne voit pas
pourquoi les enfants ne continueraient pas à mépriser de plus en plus des
adultes qui s'évertuent à toujours mieux s'humilier. Pourquoi ne pas
aller plus loin encore et supprimer les enseignants ? On mettra à la place
des « scientifiques de douze (huit ?) ans » et le tour sera joué. On
évitera ainsi aux enfants le spectacle désolant d’adultes cherchant à
leur plaire et on fera des économies.
PS. La question a été posée : qu’est-ce qu’aujourd’hui une
personne cultivée ? A peu près ça. Peut-être que l’un des critères
serait la capacité à entretenir une distance critique avec une
technologie comme le numérique et l’usage qu’en fait la jeunesse. Dans
ce débat, on en était loin.

Portrait de Anonyme Alexandre Acou12.12.2012

Éric,

Je suis l'enseignant de CM2 qui parlait dans l'émission et qui semble vous avoir désolé .

Permettez-moi de vous contredire. D'abord, les élèves dans leur immense majorité, en primaire, ne méprisent pas les professeurs, il n'y a donc pas de raison qu'ils continuent !
Je "m'humilie", là vous avez raison, et oui de mieux en mieux, devant un savoir dépassant les limites d'antan, accessible, ne vous en déplaise, à tous, à chacun, "porté sur les épaules des géants" dont parle F. Taddéi.
"Aller plus loin encore [avec] des scientifiques de 8 ans", mais je l'espère au même titre qu'on a réussi dans le passé à faire d'une génération des lecteurs de livres, état alors réservé à une élite, à moins que vous ne le regrettiez...
Vous semblez parler de moi comme d'un "spectacle désolant [...] cherchant à plaire". Vous êtes donc passé à côté de la discussion sur le changement de position que les usages du numérique pouvaient apporter dans la classe et le re-positionnement de l'enseignant moins en "face" des élèves...
La question de ce qu'est une personne cultivée a bien été posée. Et vous avez raison, elle se pose aussi dans "la capacité à entretenir une distance critique avec une technologie comme le numérique et l’usage qu’en fait la jeunesse", or les capacités, comme les connaissances, s'acquièrent à l'école... si on daigne s'y intéresser évidemment, d'où mon travail sur ce sujet.

Portrait de Michel Alberganti Michel Alberganti03.12.2012

Cher Eric,
Cette émission s'adressait en particulier à vous et à tous ceux qui pensent comme vous. Elle n'aura pas réussi à vous convaincre. C'est dommage mais ne nous découragera pas. Nous reparlerons du numérique à l'école qui, loin de conduire les enfants à mépriser les adultes, rend le professeur plus indispensable encore.
Bien à vous
M.A.

Portrait de Anonyme gilles denecker05.12.2012

merci pour cette émission pleine d'énergie
et prometteuse d'avenir...
je trouve que votre approche est éclairante dans le domaine
de la science et de l'expérimentation;
cela ouvre de nouvelles pistes dynamiques
et enthousiasmantes, avec en fil rouge la place de l'enfant comme
acteur de ses expérimentations
qu'il est déjà dans son parcours de jeune humain
à la découverte du monde ! et ce,bien sûr, avec le tutorat de l'enseignant
qui reste indispensable !
la révolution numérique existe, il nous faut donc,
au niveau de l'éducation nationale, nous
en servir au service de l'être humain, c'est ce que je retiendrai
de vos échanges trés riches.

Portrait de Anonyme Mila Saint Anne02.12.2012

Le numérique à l'école ? La question ne devrait même pas se poser, mais s'il faut répondre, c'est encore Michel Serres qui le fait le mieux :
- en texte (sur le site du Monde) : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/05/eduquer-au-xxie-siecle_14...
- en vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=OsKEs1USzdg

Bonne lecture.

Portrait de Anonyme Anonyme01.12.2012

Bien sûr qu'il faut complètement transformer l'éducation en introduisant beaucoup plus le jeu, la coopération, la créativité et l'initiative des élèves. Néanmoins, tout cela peut également être obtenu sans utiliser les nouvelles technologies.

Pourquoi est-ce que vous n'avez pas parlé de l'addiction à l'écran chez les jeunes, de problèmes de santé liés à l'excès d'irradiation, du danger d'enferment dans un monde virtuel ?

Portrait de Anonyme Alexandre Acou12.12.2012

Je ne suis même pas sûr qu'il faille "complètement transformer l'éducation", mais au moins prendre en compte l'évolution du rapport au savoir et de sa construction, qui découlent des usages des nouvelles technologies, et donc difficilement sans les utiliser.
Je n'ai pour ma part pas parlé "d'addiction, d'irradiation, ou du danger d'enfermement" car les pratiques de mes élèves qui utilisent donc un compte Twitter de classe, le font à 80% via un seul smart-phone, avec une application dédiée.
L'addiction que je pressens est peut-être celle de l'écriture pour être lu(e). Cet écran est une interface entre la classe et le monde extérieur.
Les élèves échangent avec un monde bien réel, surtout avec d'autres classes francophones, du Québec à la Réunion, assez loin d'un "enfermement" donc.
Enfin, sur les risques d'irradiation, vous voulez sans doute parler des ondes wifi... Et bien, alors qu'une quinzaine de réseaux wifi traversent ma classe, la municipalité n'installe pas de borne wifi dans l'école par crainte, semble-t-il, de ces ondes. Mais, soit on interdit de tels réseaux aux abords des écoles, soit on les autorise et donc aussi à l'école, il faudrait trancher...

Portrait de Anonyme Alexandre Acou30.11.2012

Après avoir participé modestement à cette émission, plus d'informations sur l'utilisation de Twitter en classe de CM, si intéressé(e): http://www.scoop.it/u/classe_acou !

Portrait de Anonyme Loys BONOD30.11.2012

Pour moi, qui réfléchis à ces questions depuis longtemps, la question est bien différente : la révolution numérique est-elle souhaitable ? Car, contrairement à ce que vous affirmez, je ne vois pas "d'expérimentations concluantes" mais tout ce qui dans le numérique fait obstacle à l'enseignement et à la transmission de la culture.

Portrait de Anonyme JM Achéritéguy30.11.2012

Cette pensée, qui s'exprime là une fois de plus, ne vise pas la "révolution numérique". Elle veut certes la révolution, mais par la déconstruction de toutes choses héritées. Et en premier lieu, que disparaisse toute forme de hiérarchie, d'ordre établi entre l'adulte et l'enfant, de transmission de l'enseignant vers l'enseigné. Cette pensée n'aspire qu'à subvertir, soit mettre sens dessus dessous, les règles venues de la tradition judéochrétienne, qui, pense-t-elle, empêchent l'humain de prendre son essor. C'est donc l'enfant, qui par sons sens inné, hautement intuitif, de ce qui est juste et bon, doit devenir le sauveur des hommes victimes de leurs conditionnements. L'enfant nouveau, c'est-à-dire l'enfant-dieu sans Dieu, est l'avenir de l'homme. A qui il est seulement conseillé de se laisser fasciner.

Portrait de Anonyme doronic30.11.2012

Bonjour,
Je pose d'abord une question: pourquoi, en vertu de quel principe philosophique , faudrait-il courir pour appliquer un nouveau mode de communication en primaire alors qu'une catastrophe n'a pas aboli les "anciens" moyens?pourquoi ne pas être très précautionneux en la matière, car, comme dans d'autres cas, on reviendra peut-être dans 10 ans sur les soi-disant incroyables bénéfices de l'emploi du numérique.
Une fois de plus, on cite le bon classement des enseignements d'autres pays. Loin de moi l'idée de proclamer que nos élèves français ont en majorité un faible niveau en orthographe, grammaire,mathématiques..... Mais on devrait s'interroger sur les critères de ce classement et s'il est vraiment sérieux. En effet, j'ai des proches autour de moi, qui se sont aperçus du niveau beaucoup plus faible d'élèves venant des pays nordiques, élèves bilingues. Alors est-ce un hasard ou d'autres instituteurs ou professeurs ont-ils fait le même constat?
Enfin, ayant utilisé beaucoup de méthodes innovantes dans ma vie de professeur, j'ai constaté qu'il faut être humble et modeste. C'est souvent le professeur qui se fatigue le plus dans cette histoire sans que l'élève en montre des bénéfice certains. Ce à quoi je crois davantage, c'est à la passion de transmettre du professeur et à ce qui passe entre l'élève et lui, à condition qu'on ne soit en aucun cas démagogique mais au contraire exigeant.

Portrait de Anonyme sansculotte30.11.2012

Et sous ce débat la bataille idéologique des pédagogistes qui fracassent l'école depuis trente ans

Portrait de Anonyme aj30.11.2012

peut-etre faudrait-il de +enthousiame & moins de formalisme academique

liberons le mamouth par un travail en equipe! que controlez vous ! il faut avoir mis les doigts dans la confiture..

if faut un nouveau cadre pour innover ; courage !

Portrait de Anonyme stéphane30.11.2012

la révolution a déjà lieu avec les mooc, khanacademy, TED, udacity, Facebook et même les conf video du college de France ! Comme il y a un "generation gap", les gens plus agés ne s'en rendent pas compte. Quant au Monde enseignant, là aussi l'age est essentiel. Le numérique change l'enseignement comme le parlant a changé le cinéma et la voiture a changé les transports: ce ne seront plus les mêmes profils, les mêmes acteurs. Les Moocs vont starifier les "lecturers" (cf Coursera et Michael Sandel, harvardjustice), et les jeunes animateurs de "petites classes" comme c'est le cas sur Edx et khanacademy. L'architecture des enseignements devrait s'appuyer sur ces strutures pour organiser des ateliers de transmission différenciés. Je pense déjà qu'un bachelier gagnerait plus a suivre une vingtaine de cours coirsera/udacity accompagnés de stages pratiques que des cours de fac aléatoires.

Portrait de Anonyme @capucinenet124.11.2012

La révolution numérique de l'éducation aura lieu le jour ou l'on saura reconnaître un être humain d'un objet sur internet et qui plus est un mineur d'un adulte tout en respectant la loi informatique fichiers et libertés.

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