Engrenage moléculaire ©NASA
Régulièrement, si vous êtes un auditeur fidèle de Science
Publique, vous nous entendez remettre sur le métier la question des nanotechnologies.
Et en particulier celle des risques que la maîtrise de l’infiniment petit peut
engendrer. Le spectre de l’amiante plane encore dans ce domaine. Le dernier
numéro des Comptes rendus de l’Académie des sciences, consacré au thème « Nanosciences
et nanotechnologies : espérances et inquiétudes » nous donne une nouvelle occasion d’aborder
ce sujet sensible et loin d’apparaître maîtrisé. En effet, les
nanotechnologies se distinguent par plusieurs caractéristiques qui rendent particulièrement
délicate la prédiction de leur éventuelle dangerosité pour l’homme.
Premier obstacle, ce domaine, plus qu’aucun autre, reste délicat à définir.
Certains semblent considérer que la chimie en fait partie, d’autres y incluent
les liaisons par radiofréquences du passe Navigo… Seconde difficulté, l’immense majorité des
nano-objets n’existe pas encore. Enfin, l’étendue du potentiel d’application
des nanotechnologies est extrêmement vaste. D’autant plus, d’ailleurs, que leur
définition reste floue. Dans un tel contexte, prédire les risques devient
hautement improbable. On pense aux ondes électromagnétiques, domaine beaucoup
plus circonscrit, et pour lequel les chercheurs n’ont pas encore obtenu de
résultats probants en matière d’impact sur la santé humaine. Alors même que des
milliards de téléphones mobiles sont utilisés sur presque toute la planète. Par
ailleurs, les nanotechnologies suscitent des craintes irrationnelles, voire
métaphysiques, qui achèvent de compliquer le dialogue entre les chercheurs et
nous.
Comment définir avec un minimum de précision de quoi l’on parle quand on utilise le terme nanotechnologie ?
Quels sont les risques particuliers inhérents à la taille infiniment petite des nano-objets ?
Les méthodes habituelles de prédiction du risque sont-elles adaptées aux nanotechnologies ou faut-il adopter de nouvelles approches ?
Faut-il systématiquement accompagner le développement de nouveaux objets nanométriques par des recherches sur les risques qu’ils peuvent engendrer ?
Comment tenir compte des peurs métaphysiques, sur l’illusion de la maîtrise de la nature par l’homme par exemple, qui accompagnent les nanotechnologies ?
Nanotube de carbone Schwarzm - Creative Commons©Radio France
Invités:
Vincent Bontems, agrégé de philosophie, chercheur au laboratoire de recherche sur les sciences de la matière du CEA,
Claude Burlet, membre du CCNE, co-rapporteur de l’avis 96 : Questions éthiques posées par les nano-sciences, les nano-technologies et la santé,
Stéphanie Lacour, chargée de recherche au CNRS, spécialiste du droit des nouvelles technologies,
Louis Laurent, responsable de la mission recherche et veille de l’ANSES
Document:
Comptes
Rendus de l'Académie des sciences, Physique - Nanosciences et
nanotechnologies : espérances et inquiétudes Elsevier Masson
2011 - Tome 12 - n°7 (septembre 2011, 102
pages,46 euros
Thème(s) : Sciences| Médecine| Sciences| Industrie| Environnement
Document(s)
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Nanosciences et nanotechnologies : espérances et inquiétudes Académie des sciences / Elsevier Masson, 2011 -
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Bionano-éthique : perspectives critiques sur les bionanotechnologies Editions Vuibert - coll. Machinations, -
Aujourd'hui le nanomonde : nanotechnologies, un projet de société totalitaire Editions L'Echappée - coll. Négatif, 2008 -



5 commentaires
Lors de cette émission, il a été évoqué l'existance de peinture avec nanoparticules d'argent bactéricides. Où puis-je me procurer ce genre de produit?
Merci de vos réponses.
Merci pour les sites de veille.
On entend toujours des experts, qui se veulent rassurants réclamer des débats avec le public non averti, comme lors du dernier débat public. Le débat n'a pas eu lieu et bien sûr on accuse les associations qui ont cherché à perturber ces débats. Tout le monde a entendu parler de leurs coups d'éclat mais pas de leurs analyses, par exemple que le débat sert surtout à présenter ces technologies, qui sont pour la plupart déjà là, comme indispensables, le débat se veut rassurant aussi vaguement tout en reconnaissant, qu'il faut quand même des études pour évaluer les risques. Une intervenante parle des crèmes solaires et là il y a visiblement déjà une étude ou des recherches dont elle n'avait apparemment pas entendu parler (http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/10/26/des-nanoparticules-alte... normalement il existe des alternatives, comme les crèmes solaires avec un filtre minéral, mais avec l'introduction à marche forcée des nano sans demander au public autre chose que d'acquieser ce ne sera bientôt plus le cas).
D'autres associations auraient bien participé au débat malgré tout, comme Science et Démocratie, et ont envoyé des communiqués, dont on n'a pas autant entendu parler que des actions de l'autre association, qui essaie pourtant aussi de se faire entendre depuis 2003. Heureusement depuis Pièces et Main d'oeuvre est connu, le débat aura peut-être servi à faire connaître d'autres voix quand même.
Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.
L'âme des scientifiques modernes semble bien ruinée : il ne faut pas effrayer inutilement les auditeurs, dit une intervenante, il n'est pas certain que tous les nano-éléments soient toxiques.
Combien de morts faudra-t-il avant que nous en soyons certains ?
Madama, Monsieur,
Permettez-moi de vous signaler le DVD produit en 2008 par le CNRS Images, auquel j'ai eu le plaisir de participer, aux côtés de trois collègues réalisateurs. L'objectif était de dresser un tableau des connaissances et des pratiques, avec l'aide de nombreux scientifiques, juristes et philisophes. Mon sujet était les enjeux éthiques et sociétaux, et j'ai eu l'occasion de rapprocher les points de vue de Louis Laurent et Bernadette Bensaude-Vincent. AZurez-vous l'occasion d'aborder le sujet NBICn c'est à dire la convergence à l'échelle nano de plusieurs champs de connaissances et de techniques?
Merci pour votre émission.
Bien cordialement,
François Tisseyre, réalisateur, atelier EcoutezVoir.
Pour tous ceux que le sujet intéresse, retrouvez une information pluraliste, lisible par les non spécialistes, et régulièrement actualisée sur nos deux sites http://wikinanos.fr et http://veillenanos.fr
Ces deux sites sont édités par l’Avicenn – Association de Veille et d’Information Civique sur les Enjeux des Nanosciences et des Nanotechnologies : http://avicenn.fr - dont le but est de permettre aux citoyens de prendre une part active aux débats et décisions dans ce domaine.