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le vendredi de 14h à 15h

Ecoutez l'émission 57 minutes

Qu'est ce que l'agroécologie ? 19

02.11.2012 - 14:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecturevideo

The Hidden pawpaw67 © Via Flickr - CC

 

Le terme agroécologie ne fait pas encore vraiment partie des dictionnaires. Il a pourtant été utilisé pour la première fois en 1928 par Basil Bensin, un agronome américain d’origine russe. En 1995, Miguel Altieri, professeur à l’université de Berkeley en donne la définition suivante : « L'agroécologie est la science de la gestion des ressources naturelles au bénéfice des plus démunis confrontés à un environnement défavorable ». Aujourd’hui, cette approche déborde le domaine des pays pauvres et défavorisés sur le plan climatique. Ainsi, dans le documentaire de Marie-Monique Robin intitulé « Les moissons du futur » et diffusé sur Arte le 16 octobre, on voit des agriculteurs japonais ou allemands utiliser les principes de l’agroécologie. Sur France Culture, Aurélie Luneau a parlé de ce documentaire dans son émission en invitant son auteur pour La Marche des sciences du 18 octobre.

Le débat actuel autour des OGM, relancé par la publication de l’étude Gilles-Eric Séralini le 19 septembre, s’inscrit également dans la contestation de la culture intensive issue de la révolution verte des années 1960. Ainsi deux conceptions de l’agriculture s’affrontent. D’un coté, une approche que l’on pourrait qualifier de scientifique qui s’appuie sur la mise au point de variétés à haut rendement, les engrais chimiques, la mécanisation, les herbicides er les pesticides. De l’autre, une approche écologique tout aussi scientifique mais qui privilégie les équilibres entre le milieu naturel et l’agriculture. Pas d’engrais chimique, pas de pesticides, ni d’herbicides, ni d’OGM. Pas même de labourage aussi, dans certains cas. La surprise vient des rendements qui, semble-t-il, ne sont pas si différents sur le long terme entre les deux approches.  

Quel est le réel potentiel de l’agroécologie ? Cette approche est-elle réservée aux environnements défavorables ou peut-elle aussi être utilisée dans des pays comme la France ?

Les différences de rendements entre agriculture intensive et agroécologique sont-ils importants ?

Est-il envisageable de nourrir la planète, avec ses 9 milliards d’habitants annoncés pour 2050, grâce à l’agroécologie ?

Cette approche est-elle incompatible avec les OGM ?

Quel est l’impact de l’agroécologie sur la distribution des produits agricoles ?

Invités :

Invité(s) :
Jean-François Soussana, directeur scientifique Environnement de l'INRA
Jane Lecomte, professeur d’écologie à l’Université Paris-Sud à Orsay au sein de l’unité mixte de recherche écologie systématique et évolution de l’université paris sud, du CNRS et d’agroparistech.
Adrien Gazeau, fondateur et gérant de Bio Culture

 

Radio :

Sciences

 

18.10.2012 - La Marche des sciences
Du productivisme à l’agro-révolution : l’histoire d’un défi57 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Avec Vincent Tardieu, journaliste scientifique spécialiste en écologie et agronomie, auteur de Vive l’agro-révolution française, (Belin)  et Marie-Monique Robin, journaliste, réalisatrice et écrivaine, auteur de Les moissons du futur. Comment l’agriculture peut nourrir le monde (La Découverte/ ARTE éditions)

Table ronde

22.06.2012 - Science publique│11-12
Rio+20 : La perte de biodiversité est-elle une perte pour l'homme ? 59 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Avec notamment Robert Barbault, directeur du département « Ecologie et Gestion de la Biodiversité » au Muséum national d’Histoire naturelle et Professeur à l’Université Pierre et Marie Curie,  Anne Larigauderie, Directrice exécutive de DIVERSITAS, Museum National d’Histoire Naturelle. 

 

Table ronde

24.02.2012 - Science publique│11-12
La France peut-elle se passer de la recherche sur les OGM ? 59 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobileaudiovideo

Quelles sont les conséquences de l'affrontement au sujet des plantes OGM sur la recherche française dans le domaine des biotechnologies ? Pourquoi cette recherche, au niveau international, n’a-t-elle pas engendré des OGM dont l’utilité soit plus convaincante que celle des semences de Monsanto ? Que sont devenues les promesses d’OGM capables nourrir les 7 milliards d’habitants de la planète...

  •  le Bordelais va-t-il produire des vins d'Algérie ?30.12.2011 - Science publique│11-12

    Vignobles et climat : le Bordelais va-t-il produire des vins d'Algérie ? 59 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

    Avec Jean-Yves Nau, journaliste pour Slate.fr, Joël Rochard, de l’Institut Français de la Vigne et du Vin, Bernard Seguin, directeur de recherche à l’unité Agroclim d’Avignon et Alain Dutournier chef du Carré des feuillants à Paris

  • Table ronde

    Un monde sans abeilles ?

    04.11.2011 - Science publique│11-12
    Un monde sans abeilles? 59 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobileaudiovideo

    Tandis que les apiculteurs accusent les insecticides de l’agriculture, comme le Cruiser de Syngenta Agro, les scientifiques du CNRS et de l’INRA sont sur la piste d’un cocktail mortel constitué par l’association fatale d’un champignon parasite des abeilles et d’infimes doses d’insecticides...
    Recherche
    , Agriculture

    Table ronde

    02.09.2011 - Science publique│11-12
    Quelles technologies pour une croissance verte ? 59 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

    Avec Alain Griot, sous-directeur à la Direction de la Recherche et l'Innovation du Commissariat général au développement durable (Ministère du développement durable), Philippe Jurgensen auteur de L’économie verte : comment sauver notre planète (Odile Jacob, 2009), Marc Lipinski, directeur de recherche au CNRS, conseiller régional, ancien vice-président en charge de la recherche et de ...

Vidéo :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Invité(s) :
Jean-François Soussana, directeur scientifique Environnement de l'INRA
Jane Lecomte, professeur d’écologie à l’Université Paris-Sud à Orsay au sein de l’unité mixte de recherche écologie systématique et évolution de l’université paris sud, du CNRS et d’agroparistech.
Adrien Gazeau, fondateur et gérant de Bio Culture

Thème(s) : Sciences| Agriculture| Ecologie

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agreeniumAgreenium est un établissement public de coopération scientifique (EPCS), créé en 2009 par les ministères de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire, de l’enseignement supérieur et de la recherche et des affaires étrangères et européennes.agreenium.org

19 commentaires

Portrait de Anonyme Dominique09.01.2013

Bonjour,

Nous préparons actuellement un dossier sur les opportunités d'emploi dans l'agroécologie pour la rubrique http://www.rh-solutions.com/conseils-d-expert.html et nous aimerions savoir s'il serait possible de réutiliser votre image (la très grande image qui se trouve en haut de votre article), en vous citant évidemment.

Merci de votre réponse que j'espère positive.
Bien cordialement,

Dominique Duchamps

Portrait de Michel Alberganti Michel Alberganti11.01.2013

Pas de problème. Il s'agit d'une image provenant de Flickr libre de droit (licence CC). Bien à vous
M.A.

Portrait de Anonyme Fabrice Roche17.11.2012

Excellente émission . A propos du relais vers les agriculteurs et de leur changement de pratique il y a encore du chemin a faire. Je peux témoigner de par mon activité de conseiller en production laitiere bio en Ontario pour une coopérative. Sur le terrain les choses n,avancent pas car les producteurs ne sont pas intéressé de changer un systeme qui leur donne l'illusion de fonctionner .Plusieurs raison a cette attitude mais une majeure :le systeme de quotas et de survalorisation du kg de gras ( 25 000$ par kg) . Ici il n'y a plus une vache au paturage a part le 2% de vaches bio et la marche est haute. Cependant il faut continuer d'accompagner les agriculteurs qui ont fait le choix de changer et de promouvoir le systeme a l'herbe a défaut d'etre bio.
Merci encore.

Portrait de Anonyme Antoine13.11.2012

D'abord merci d'avoir accepté mon précédent commentaire. Celui-ci juste pour signaler un récent article de la Société Française d'écologie intitulé "Agriculture et sciences citoyennes : Quelles orientations pour la recherche sur la biodiversité cultivée ?" qui me semble prolonger la conclusion de votre émission. http://www.sfecologie.org/regards/2012/09/04/r35-storup-et-neubauer/

PS : à quand une émission traitant des brevets sur les organismes vivants ( si ce n'est déjà fait ?). Cordialement.

Portrait de Michel Alberganti Michel Alberganti15.11.2012

Merci à vous pour vos messages et cette suggestion. Je la retiens car nous n'avons pas encore traité ce sujet. Bien à vous. M.A.

Portrait de Anonyme Antoine12.11.2012

Bonjour,

Merci à Michel Alberganti pour cette émission dont on espère qu'elle sera suivie par d'autres qui pourraient apporter des éclairages sur des questions qui n'ont pas pu y être plus amplement développées.

On pourrait avoir l'impression à écouter distraitement l'émission que les préoccupations environnementales sont récentes. Sans revenir à Pfeiffer,Howard...je vous propose de lire l'extrait suivant tiré de l'excellent - et parfois très caustique- Courrier de l'environnement...de 1994 ( Courrier que l'on peut recevoir gratuitement sur demande!!!!):

"Quoi que cela fut complètement occulté à l'époque, dès les années 60 il fallut bien reconnaître que cette révolution n'était pas sans conséquences négatives sur les équilibres écologiques (arasement du bocage par les travaux connexes du remembrement, pollution des sols et des eaux, réduction de la biodiversité, etc.), sur les équilibres sociaux (exode rural et déprise agricole) comme dans le domaine culturel (impact paysager, perte de saveur de notre alimentation, etc.). Quelques rares auteurs crièrent alors dans le désert (B. Charbonneau, Tristes Campagnes, éd. Denoël, 1973 et Notre Table rase, chez le même éditeur, 1974) mais leur parole se perdit dans le bruit de fond progressiste de l'époque...dès la fin des années 60, une dissidence minoritaire au sein de l'INRA, réunissant quelques chercheurs contestant l'orientation productiviste de la recherche agronomique, commença à se manifester. Un chercheur comme Francis Chaboussou, dont les thèses sont contestées par ses collègues, prétend par exemple démontrer que les traitements phytosanitaires par des produits de synthèse contribuent à affaiblir les plants de vigne face aux maladies. Une véritable guerre de religion va alors commencer entre les tenants de l'agrobiologie et ceux de la révolution verte représentés par le professeur Bergman. Quoique sous une forme plus feutrée, cet affrontement idéologique continue aujourd'hui[en 1994]; il mériterait d'ailleurs à lui seul tout un travail de recherche anthropologique qui serait certainement très instructif. Quoi qu'il en soit, ce conflit contribua incontestablement à une prise de conscience de ses responsabilités environnementales par le monde de la recherche agronomique.

A l'heure actuelle[toujours en 1994], après une période de violente réaction orthodoxe, on peut dire que la recherche agronomique commence à "digérer" la question écologique. La création récente d'une "délégation à l'Environnement" au sein de l'INRA, qui est destinée à coordonner l'action des différents secteurs de la recherche en matière d'environnement, en est la preuve la plus flagrante"

Portrait de Anonyme Cagouille06.11.2012

Le débat n'est pas équilibré, Soussana est clairement pro lobbies économiques et agriculture industrielle. Les cultures associées, la production bio en agroforesterie, des techniques traditionnelles comme la milpa dans les Andes (maïs, courges et haricots)augmentent la production de 120 à 150 % par rapport à une production en agriculture conventionnelle. Voir le bouquin de Jacques Caplat "L'agriculture bio pour nourrir l'humanité" chez Actes sud.

Portrait de Anonyme Anonyme05.11.2012

Il est important qu’il y ait des émissions comme celle-ci, qui montrent que nous n’avons pas besoin des OGM et de l’agriculture chimique pour nourrir la planète. L’écoute de votre débat m’a néanmoins motivé de formuler les critiques et les remarques suivantes.

Vous avez à juste titre évoqué le gaspillage de nourriture et la consommation excessive de viande. Par contre vous avez oublié de poser la question suivante. Combien d'hectares sont directement ou indirectement destinées au tabac, au thé, au café, au chocolat, au sucre, à l'alcool et d'autres drogues, à la nourriture des animaux de compagnie, à l’excès de poissons, de produits laitiers, d'huiles, d'amuse-gueules, de vêtements, de carburants, de matières premières, aux jardins ornementaux, aux terrains de sport et de récréation, aux complexes touristiques, aux autoroutes, aux aéroports, aux résidences secondaires, ... ?

L’introduction du débat parle du non labour. C’est Dominique Soltner (un agronome très connu en France) qui a écrit un livre accessible, illustratif et concret sur ce sujet : SOLTNER (Dominique), Guide du nouveau jardinage sans travail du sol, sur couvertures et composts végétaux, Collection Sciences et Techniques Agricoles, Bressuire, 2009, 112 p

On apprend dans votre émission que les Etats Unis ont été touchés par une sécheresse catastrophique. C’est dans ce même pays que certains agriculteurs, citoyens et collectivités ont commencé à agir contre ce problème. Leurs actions sont entre autres présentées dans les publications de Bill Zeedyk (www.earthworksinstitute.org/publications/publications.html) et notamment dans les trois volumes très accessibles et didactiques de Rainwater Harvesting for Drylands and Beyond de Brad Lancaster (www.harvestingrainwater.com). Ces tomes montrent clairement, à travers de nombreux exemples d’expériences concrètes, comment tout le monde peut collecter, ralentir et utiliser l’eau de ruissellement (et donc éviter des sécheresses et des inondations) sans avoir recours aux technologies hyper sophistiquées et couteuses. Ces ouvrages devraient être traduits en toutes les langues importantes du monde (le premier tome est déjà traduit en arabe).

Vous avez très brièvement évoqué l’agroforesterie. Cette discipline existe sous une forme assez simplifiée et plutôt mécanisée, où l’on va introduire des rangées d’arbres dans des cultures classiques. Un autre mouvement, souvent en relation avec la permaculture (cf. infra), va beaucoup plus loin, en introduisant les concepts de ‘jardin forestier’ ou de ‘forêt alimentaire’. Ici on crée des compositions complexes d’espaces plus ou moins densément boisées, d’espaces ouverts, de sentiers, de chemins d’accès, d’habitations, … . Ces ensembles se caractérisent entre autres par la comestibilité et l’utilité des espèces introduites et sauvages, la multitude de strates (arbres, arbustes, arbrisseaux, plantes herbacées, plantes grimpantes, plantes couvre-sol, lichen), les effets bénéfiques de lisière et la grande diversité d’espèces (végétales et animales), d’habitats et de microclimats. Ce mouvement est surtout actif dans le monde anglo-saxon. Trois exemples d’acteurs/associations/éducateurs importants sont : Martin Crawford et l’Agroforestry Research Trust (sud-ouest de l’Angleterre) (www.agroforestry.co.uk); Plants For A Future (sud-ouest de l’Angleterre) (www.pfaf.org); Dave Jacke et Eric Toensmeier, auteurs américains des deux volumes d’Edible Forest Gardens (www.edibleforestgardens.com). (Agroforestry Research Trust et Plants For A Future mettent à disposition des listes de milliers de plantes utiles avec beaucoup d’info sur les climats et les sols supportés et préférés, les utilisations, les techniques de culture et de multiplication, les références bibliographiques, …) (Les ouvrages de Dave Jacke et Eric Toensmeier ont le mérite d’aller très loin dans l’étude de l’écologie forestière et d’être très méthodologique dans la création d’un jardin forestier)

Cela m’étonne que vous n’avez pas mentionné, voire invité, Pierre Rabhi, l’écrivain /agriculteur qui a initié un mouvement important d’agroécologie en France, avec notamment l’association Terre et Humanisme (www.terre-humanisme.org). Sa définition d’agroécologie ne se limite pas au changement de pratiques agricoles, mais intègre également la nécessité d’un bouleversement socio-économique, culturel et politique (cf. infra). (Il a été déjà plusieurs fois l’invité à Terre à Terre, une des meilleures émissions de France Culture, malheureusement reléguée à samedi 7h05 du matin, sans doute parce que l’on y laisse la parole aux intellectuel(le)s et citoyen(ne)s que les classes dominantes préfèrent garder le plus muet possible)

Une autre personne qui a su marier l’agriculture avec l’écologie est le Japonais Masanobu Fukuoka, un ex-scientifique qui a transformé avec succès l’exploitation agricole de son père en une ferme d’agriculture naturelle. Sa philosophie de non agir et de laisser faire la nature a inspiré pas mal d’enthousiastes, qui ont souvent eu des expériences décevantes, à mon avis parce que son agriculture à apparence intuitive est basée sur un long travail d’observation de l’environnement local, d’essais et d’échecs pour finalement connaître les (petites) interventions à faire au bon moment. Sa réussite est en plus liée à sa philosophie de sobriété et de simplicité heureuse.

Dans les années 1970 les deux chercheurs australiens Bill Mollison et David Holmgren ont mis en place une nouvelle discipline, la permaculture (i.e. agriculture en permanence). Ils analysaient la diversité, la solidité et la stabilité des systèmes naturels (notamment forestiers) et reproduisaient leur fonctionnement dans la création de systèmes agricoles stables, productifs, non polluants et très économes en énergie.
Au fur et à mesure que la fin du millénaire se rapprochait la notion initiale s’était élargie vers celle de culture permanente ou culture durable, c'est-à-dire une société dans laquelle on essaie de limiter et de localiser la consommation, de réutiliser, de réparer, de recycler, de redistribuer les surplus, de prévoir l’efficacité énergétique et de créer dans les quartiers et les villages une dynamique sociale, basée sur la coopération, l’échange des savoirs, la convivialité et le respect de l’autrui.
Un outil très important dans la permaculture est le design (i.e. plan d’aménagement) d’un espace. Ceci consiste à créer dans cet espace une organisation d’éléments (plantes, animaux, champignons, micro-organismes, eau, sol, microclimats, êtres humains, bâtiments, infrastructures, éléments culturels, …) de façon à ce que la diversité des relations bénéfiques entre tous ces éléments soit maximale. Idéalement, chaque élément devrait remplir plusieurs fonctions et chaque fonction devrait être remplie par plusieurs éléments. La réalisation d’un design se base entre autres sur une observation en permanence de ces éléments, l’analyse des problèmes et leurs origines, la recherche d’espèces végétales et animales adaptées à l’espace étudié, la considération des technologies disponibles et l’ouverture à une révision du design pendant son exécution.
La permaculture s’intéresse souvent aux solutions simples et peu couteuses en s’inspirant des savoirs, des savoir-faire et des technologies alternatives comme l’écologie, l’ethnobotanique, l’herboristerie, l’artisanat (fabrication d’outils, de paniers, de vêtements, …), les énergies renouvelables à petite échelle, des poêles très économes et polyfonctionnels, l’éco-construction, la phyto-épuration des eaux usées, les toilettes sèches, le bio-gaz, la récupération des eaux de pluie, les techniques pour ralentir l’eau de ruissellement (cf. supra), le mulching, le non-labour (cf. supra), la taille douce et des techniques astucieux d’élevage.
Le mouvement de la permaculture est surtout actif dans le monde anglo-saxon et plusieurs lieux ont déjà montré l’efficacité de cette discipline. Les acteurs les plus inspirants sont entre autres: les Australiens Bill Mollison, David Holmgren et Geoff Lawton, les Anglais Robert Hart, Martin Crawford, Patrick Whitefield, Ben Law et Ken Fern, les Américains Dave Jacke, Brad Lancaster et Eric Toensmeier et l’Autrichien Sepp Holzer. (Il y a beaucoup d’info sur internet)
Il existe à mon avis plusieurs raisons pourquoi ces succès locaux ne se sont pas plus répandus : une grande difficulté d’accès à la terre (la plupart des terres agricoles appartiennent aux exploitations conventionnelles et la colonisation de la campagne par des résidences secondaires a incité une spéculation immobilière), des lobbyistes puissants qui ont réussi à imposer des législations (nationales et européennes) freinant ou interdisant des pratiques alternatives et peu couteuses (souvent au nom de ‘la sécurité’ ou de ‘la libre concurrence’) et la quasi-ignorance à l’éducation nationale et aux médias. Ces derniers œuvrent d’ailleurs à renforcer la culture du Progrès, de la Croissance, de la Compétitivité, du spectacle et de la peur, ce qui ne facilite pas vraiment l’ouverture d’esprit aux alternatives.

Pendant votre émission j’ai pu constater une grande différence entre d’une part l’agro-écologie définie par vos invités et d’autre part les trois mouvements présentés ci-dessus. Ces derniers ont en commun l’idée qu’il est impossible de résoudre les problèmes mondiaux sans une profonde transformation de la société moderne. Ils préconisent la décroissance, la sobriété heureuse, une économie de réutilisation et de réparation, la réduction de la puissance des grands groupes (industrie, médias, banques) au profit de petites entreprises locales, la diminution drastique de l’écart entre pauvres et riches, le droit de propriété pour tous, la coopération (au lieu de la compétitivité), l’éco-construction, les énergies renouvelables, le développement des technologies simples et peu couteux, une éducation alternative (avec une grande attention à l’hygiène de vie, la reconnaissance, l’utilisation, la culture et la multiplication des plantes, l’élevage, l’artisanat, la créativité, le développement individuel, l’esprit critique et la coopération), une localisation de la consommation et de la production, un exode urbain, une politique qui facilite la création de petites fermes familiaux de subsistance, … .
Il est possible que les intervenants au débat adhèrent à certains de ces préconisations, mais ils m’ont donné l’impression d’accepter plus au moins l’idée du consommateur de la métropole qui doit être nourri par l’exploitant agricole. Cette proposition de sophistication technologique pour faciliter la diversité des cultures montrait que l’agriculture fortement mécanisée n’était pas mise en question.

Il était d’ailleurs frappant que les invités n’allaient pas très loin dans le refus de cette définition très trompeuse du rendement (sujet central du débat). Quand on veut parler du vrai rendement, il faut selon moi se poser la question suivante : ‘Quelle est la totalité des énergies nécessaires pour entretenir les besoins primaires (alimentation, habitat, vêtements, …) de nos citoyens ?’ Dans la totalité des énergies (fossiles, électriques, mécaniques, humaines et animales) sont compris toutes les énergies nécessaires: pour produire ou construire, utiliser et entretenir les outils, les machines, les voies de communication, les moyens de transport, les lignes électriques, les conduits pour l’eau, les réseaux de télécommunication et les bâtiments ; pour fabriquer, utiliser et recycler les emballages et les produits chimiques ; pour lutter contre les problèmes environnementaux (pollutions, inondations, érosion des sols, réchauffement climatique, …) et sociaux (chômage, exclusion, …) ; pour former les citoyens ; pour gérer la complexité de la société (administrations publiques et privées) ; … .
Partant de cette définition du rendement on devrait constater que les exploitations agricoles modernes (conventionnelles, mais également bio) font partie d’une infrastructure très énergivore. Il ne faut pas avoir fait de grandes études pour comprendre que l’on peut atteindre des rendements beaucoup plus élevés en s’approchant d’une société fortement décentralisée, fondée sur un maillage de petites fermes familiales de subsistance bien conçues, de terres communes pour les cultures qui demandent plus de coopération (céréales par exemple), de villages et de petits bourgs (c'est-à-dire les centres de l’administration, de l’artisanat plus sophistiqué, des évènements culturels, …).
Une réponse classique des défenseurs du Progrès et de la Croissance est que cette manière de voire la société n’est pas réaliste et qu’il ne faut pas aller en arrière. A mon avis, ceux qui osent voir la réalité en face devraient constater que depuis la première révolution industrielle la santé de la vie sur notre planète a reculé à grande vitesse, pour arriver à une maladie chronique, qui demande en urgence un traitement efficace à long terme. Pourquoi donc ne pas aller de nouveau en avant, sans vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain et sans oublier d’apprendre des erreurs du passé ? Bien sûr, l’idéal n’existe pas, mais il vaut mieux essayer d’approcher avec modestie un but bien défini que de courir aveuglement toujours plus vite vers toujours plus.

Portrait de Anonyme association française d'agroforesterie (anonyme)03.11.2012

Compléments d'information sur des approches agro-écologiques (limites et opportunités) dans la prochaine Politique Agricole Commune :
http://www.agroforesterie.fr/reglementations-agroforesterie.php
http://vimeo.com/49021701

Portrait de Anonyme cladosporium03.11.2012

Je suis d'accord avec Gary :dommage que personne n'aie évoqué la permaculture! Elle permet des rendements extraordinaires et un travail réduit selon ses utilisateurs.

Portrait de Anonyme Rodriguez03.11.2012

Alouette, gentille alouette pouvez-vous nous développer ETP, IBEAS ? Quant-à OGM je crois me rappeler : Organisme Génétiquement Monstrueux
A quand une émission sur les propriété des plantes? l'armoise est un répulsif, une artémisia la plante consacrée àArtémise...
Le songe du pèlerin ou Doux fruits de France (extrait)

Il n’est de pèlerin,
Qui n’ai de petite faim
De la lentille du Puy
Il en sera nourri.

En chemin tout du long
De l’ognon de Trébons
Et du tarbais en cassoulet
Il en sera replet.

Au soir venu, viennent en songe
Les fruits de la terre
Que nos ancêtres ont semés.
La bonnotte de Noirmoutier,
La belle de Fontenay,
Qui doivent tant à Parmentier.

Le haricot de Soisson,
Le rognon de Pont-l’Abbé,
La mogette de Chavagnes en Paillers,
Hé Bé ! Le tarbais !

Portrait de Anonyme alouette02.11.2012

Jane Lecomte dit que les écologues ne se sont pas intéressés à l'agro-écologie ; je pense que ce sont surtout les financeurs, qui ne s'y sont pas intéressé ! En effet, en 1991 j'ai soutenu ma thèse dans ce domaine, au sein d'un laboratoire entièrement dédié à l'étude des agrosystèmes. Il s'agissait de l'IBEAS, créé par Vincent Labeyrie, chercheur qui avait bien 50 ans d'avance et qui, de ce fait, a été bien dénigré en son temps. La plupart de ses étudiants des années 80-90 ont eu bien du mal à devenir chercheurs après leur thèse...

Je ne suis pas tout à fait d'accord quand on parle de baisse des rendements : en principe, dans un système bien mené, avec des associations culturales et une forme d'"intensification écologique", les rendements à la surface peuvent être très importants. Ce sont les rendements / ETP qui seront plus faibles : eh oui, l'agroécologie permet aussi de créer des emplois, quel scandale ! ;-)

En tout cas, merci de parler de l'agroécologie dans votre émission.

Portrait de Anonyme sam suffit02.11.2012

On voudrait en savoir plus sur les robots désherbeurs dont a parlé monsieur Soussana. Est-ce qu'ils sont déjà opératifs? Est-ce qu'on envisage des robots contre les insectes aussi? Ca parait extraordinaire.

Portrait de Anonyme paul02.11.2012

Très intéressant !! Pour poursuivre la réflexion :
http://www.amazon.fr/Famine-sud-malbouffe-nord-Comment/dp/2841115232/ref...

Portrait de Anonyme Gary02.11.2012

Pourrait-on avoir le nom du troisième intervenant ?

Sinon, il n'a pas du tout été fait mention pendant l'émission de Masanobu Fukuoka et l'agriculture naturelle. J'aurais été intéressé de connaître l'opinion des intervenants au sujet de ce type d'agriculture qui est encore plus "naturelle" (et beaucoup plus simple et allant de soi) que le bio.

Portrait de Anonyme Wassa02.11.2012

Merci *** Reaction/ comparatif de rendement/ comparatif de prix ... cela se fait toujours au poids! Il est temps d' évoluer le poids n est pas un critère pertinent* comparé le rendement de tomate hors sol ou de produits ne poussant plus au soleil*** unissons nos energies pour définir un critère de comparaison cohérent ... Un critère d' énergie propre par exemple ... allez les scientifiques créez nous ça que l on arrête de comparer l incomparable . Le critère du poids est une hérésie * <3

Portrait de Anonyme Aymeric02.11.2012

J'ai dit Marie-Monique Monnier, je voulait dire Robin !

Portrait de Anonyme Aymeric02.11.2012

Ce qui a été dit il y a quelques minutes sur les rendements de l'agroécologie est faux! Le film de Marie-Monique Monnier, l'à justement montré : dans tout les cas après deux ou trois ans d'exploitation les rendements sont beaucoup plus élevés! Revisionnez son film!

Portrait de Anonyme antoine godel02.11.2012

une opinion : l'agro-écologie sans les paysans et, donc sans une agriculture paysanne, me laisse très perplexe !! un maraîcher bio de gironde

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