JEAN FRANCOIS COLOSIMO ©
Il faut bien que les écrivains vivent. Leurs écrits y contribuent généralement peu. Je ne cesse d’ailleurs d’être stupéfait par la disproportion entre le talent d’un écrivain et celui, mettons, d’un publicitaire, et de la rémunération de ces talents. Je ne dis pas que le publicitaire n’a pas de talent, il en a, mais là où il trouve un slogan astucieux, le poète écrit trente vers sublime. Il suffit de dire les noms côte à côte, par exemple : Jacques Séguéla – Stéphane Mallarmé. S’il y avait une justice économique, on sait celui qui serait milliardaire. C’est à croire que les trésors d’intelligence et d’imagination mis en œuvre dans une œuvre littéraire doivent être punis. L’insolence n’est pas dans les idées, elle est dans le talent. Voilà sans doute ce qui a mené Jean-Paul Sartre à cette constatation, je cite : 'Au fond, on ne paie pas l’écrivain : on le nourrit.' Pour l’écrivain, il y a plusieurs modes de rémunération. L'un d'eux est la cassette, ou ce qu’on appelait ainsi sous les rois. La part de l’argent public qu’on distribue aux artistes. La République française en a maintenu le principe. Cela prend la forme d’institutions comme le Centre national du Livre. Je reçois aujourd’hui son président, Jean-François Colosimo. Charles Dantzig
Reportage de Camille Renard :
Sur les conditions de vie matérielles d'un écrivain aujourd'hui et leur nécessaire "double vie", avec Vincent Delecroix, auteur notamment des romans A la porte, Ce qui est perdu, La chaussure sur le toit, édités chez Gallimard.
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Invité(s) :
Jean-François Colosimo
Vincent Delecroix, écrivain et philosophe
Thème(s) : Arts & Spectacles| Edition


