Champ libre : "Tunisie : la mi-temps démocratique - Une nouvelle constitution pour la révolution" 3
Un documentaire de Nedjma Bouakra et Vanessa Nadjar
Mosaïque, Palais de Justice de Tunis N. Bouakra©Radio France
« Notre Peuple a atteint un tel niveau de responsabilité et de maturité que tous ses éléments et ses composantes sont à même d’apporter leur contribution constructive à la gestion de ses affaires, (…) conformément à l’idée républicaine qui confère aux institutions toute leur plénitude et garantit les conditions d’une démocratie responsable ainsi que dans le respect de la souveraineté populaire telle qu’elle est inscrite dans la Constitution. Cette Constitution appelle une révision devenue aujourd’hui impérative. » Président Zine El Abidine Ben Ali, 1987, année de son coup d'Etat "médical".
La constitution tunisienne est un cadavre. Depuis le 3 mars, un vide institutionnel laisse le pays en attente d’un nouveau régime. Les Tunisiens éclaireurs du Printemps arabe, ont non seulement fait fuir un dictateur mais ont également réussi à faire plier les gouvernements provisoires successifs pour obtenir la tenue d’une Assemblée Constituante. Celle-ci sera chargée d’écrire La nouvelle Constitution. C’est en effet le grand défi des prochains mois : les Tunisiens choisiront leur régime (parlementaire ou présidentiel) et repenseront les institutions dans leur ensemble.
Mais comment les Tunisiens vont-ils pouvoir « protéger » leur révolution et une écrire une Constitution qui fasse consensus ?
L’Assemblée Constituante va ouvrir la boîte de Pandore de nombreuses dissensions enfouies sous la dictature. Première fondrière, l'article 1 : « La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain: sa religion est l'Islam, sa langue l'arabe et son régime la République ». Le débat sur la relation de l'Etat tunisien à l'Islam ne fait que commencer. De nombreux Tunisiens restent attachés à cet article et donc à l'ancrage arabo-musulman du pays, quand d’autres y voient la porte d’entrée à un futur Etat islamique.
Seconde lézarde dans le futur contrat social tunisien, le fameux « miracle économique » du pays. La pauvreté a ouvert la brèche révolutionnaire et contraint la Tunisie du littoral à regarder celle, reléguée, de l’intérieur. Mais les Tunisiens voudront-ils d’une politique volontariste de réduction des inégalités, ou encore de l’équité fiscale ? S’accorderont-ils sur une plus grande transparence de leur gouvernance économique ? La Constitution pourra-t-elle repenser l’architecture des pouvoirs, la répartition territoriale des richesses ? Garantir des droits opposables dans une économie de marché ?
« Sur les docks » a choisi de s’inviter dans cette période charnière, entre la chute d’un dictateur et la formation d’un nouveau régime.
Avec :
Jaouhar Ben M'barek, enseignant de droit constitutionnel et membre de l'association "Manifeste Vingt Mars" ;
Ridha, instituteur à Sbeitla, membre du conseil de protection de la révolution ;
Maitre Ali Kalthoum, avocat du bassin minier ;
Amar Abassi, militant du bassin minier ;
Maitre Lofti Cherni ;
Docteur Slim Laghmani, professeur de droit, expert à la Haute Instance de sauvegarde de la révolution, de la réforme politique ;
Sana Ben Achour, Docteur es Droit, feministe et présidente de l'Association Tunisienne de Femmes Démocrates.
Production : Nedjma Bouakra
Co- enquête : Sylvain Salzgeber
Réalisation : Vanessa Nadjar
Thème(s) : Information| Idéologie| constitution| Printemps Arabe| révolution| Tunisie
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Document(s)
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L'islam confisqué. Manifeste pour un sujet libéré Sindbad, « Bibliothèque arabe. Les classiques », 2010



3 commentaires
Je m'étonne qu'il n'y ait pas plus de commentaires sur un documentaire aussi réussi !
Bravo à vous pour avoir aussi justement donner à écouter ces témoignages.
Et longue vie à la Tunisie !
Bonjour tout le monde !
Eh bien je pense que le podcast mis à l'écoute n'est pas le bon. Veuillez le vérifier, en effet, il s'agit de l'émission à plus d'un titre de Tewfik Hakem.
Je vous prie de régler ça rapidement; j'ai hâte d'écouter cette émission.
Bonne continuation
Chère auditrice,
Le problème concernait l'écoute en ligne, non le podcast, mais ce dysfonctionnement a été réparé durant le week-end. Vous pouvez donc télécharger ce documentaire en toute quiétude.
Cordialement,
L'équipe de "Sur les docks"