retour en haut de page
Sur les docks

Sur les docks | 12-13

Syndiquer le contenu par Irène Omélianenko Le site de l'émission
Emission Sur les docks

du lundi au jeudi de 17h à 17h55

Ecoutez l'émission 54 minutes

Après les vacances : champ libre (3/4) : "Tokyo-Jerez, aller-retour" 4

29.08.2012 - 17:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Un documentaire de Benjamin Fernandez et Christine Diger

 

Trio Sylnuvaanu Céline Gue © Radio France

Chaque année, depuis seize ans, la petite ville de Jerez de la Frontera accueille pour son festival de danse flamenco plus de 1000 visiteurs passionnés, parmi lesquels il est frappant de voir une grande majorité de Japonais. Car le Japon est la seconde nation du flamenco – on compte à Tokyo plus encore d’écoles et d’étudiants en danse flamenco qu’à Séville. Un phénomène qui interpelle les Andalous comme les artistes de flamenco – qui eux-mêmes, de plus en plus invités à se produire au Pays du Soleil levant et à jouer avec des artistes nippons, s’interrogent sur cette culture orientale et son lien avec leur art.

Qu’est ce qui explique cette singulière passion japonaise pour le flamenco ? Est-ce parce que le flamenco est l’exact opposé de la culture nippone, comme on serait tenté de le penser ? Aux antipodes d’une culture intimiste, discrète, tout en nuances, disciplinée, déconnectée des puissances du corps ? Est-ce la libération des passions, réputées contenues dans la culture japonaise, qui explique la fascination pour cette mystérieuse musique gitane ibérique ? Et si l’attraction massive et mystérieuse qu’exerce le flamenco sur le Japon confirmait moins la singularité puissante de la culture andalouse que notre ignorance de la culture japonaise ? « Les Japonais trouvent dans le Flamenco quelque chose qui leur est propre », affirme le musicologue Faustino Nunez, de l’université de Cordoba. La subtilité et la complexité du flamenco n’est d’ailleurs pas sans rappeler de l’art énigmatique du No et du Kabuki
Le questionnement est prétexte à de singulières rencontres, entre Jerez, Tokyo et même dans le « bar à tapas hispano-nippon » à Paris. En suivant la traversée de ces Japonais vers les secrets de la péninsule ibérique, nous remontons en même temps vers les mystères de l’archipel nippon. Chacun des personnages semble avoir trouvé dans le flamenco une ligne de fuite hors d’une société insulaire exiguë, lourdement stratifiée. Mais aussi  un chemin pour revenir plus près d’eux-mêmes, et de leur propre culture.
Le trio  Sylnuvaanu, qui expérimente une fusion entre chants et instruments traditionnels japonais et guitare flamenca, donne la tonalité musicale de ce regard croisé, sous forme de voyage, de l’Orient vers l’Occident, comme aux sources du Flamenco, et en retour de l’Andalousie vers le Japon, dont la passion infinie fascine tout autant les artistes de flamenco pour qui il se passionne, et pourrait expliquer les liens souterrains qui lient deux cultures lointaines, mais pas si étrangères.

 

Avec la participation de Rika Iimori, Yuka Mitsubayachi, Faustino Nunez, Carlos Ruiz, Tsutomu et David Michelet, Mana Hirose, Shoko Martiano, Fuensanta La Moneta, Motoïchi Takemoto.
Musique originale du groupe Sylnuvaanu et musiques enregistrées lors du Festival de Jerez.

 

Production : Benjamin Fernandez
Réalisation : Christine Diger

Mixage : Bruno Mourlan

 

Le bar à tapas hispano-japonais de Takemoto San, la Cave 27, est situé au 27 rue Lamarck, 75018 Paris. Il chante avec le guitariste Gonzalo Almaraz.

Carlos Ruiz enseigne le Flamenco au Studio l'Envol, 40 rue de la Folie Régnault - 75011 Paris.
http://www.flamenco-paris.com/

 

 

Galerie : Tokyo-Jerez, aller-retour

7 photos

Thème(s) : Information| Danse| Découverte| Voyage

4 commentaires

Portrait de papieravion papieravion01.09.2012

C'est à l'UNESCO à Paris au début des années 90 que j'ai vu mon premier spectacle de flamenco avec....un danseur japonais. Seul sur scène, il prenait tout l'espace. J'ai oublié son nom mais pas le spectacle qui était époustouflant.
10 ans plus tard, c'est à Shinjuku à Tokyo dans un restaurant-Flamenco que j'ai vu des danses avec des danseuses et danseurs Espagnols. Entre ces deux moments de magie j'ai vu beaucoup de NO et de Kabuki, du Buto aussi.
Le no et ses émotions, ses codes, ont pour moi un lien intime avec le Flamenco, je l'ai toujours ressenti.

Portrait de Quecho Quecho30.08.2012

Une découverte, une vraie... Merci pour les références du livre de Michel Demeuldre, passionnant !!

Portrait de Anonyme Martin fraudreau30.08.2012

J'ai trouvé formidable cette émission Tokyo Jerez aller retour. J'aimerai contacter la réalisatrice Christine Diger.

Portrait de Anonyme philippe lemenuiel30.08.2012

Merci pour cet aller retour Tokyo-Jerez;
J'ai toujours senti une similitude entre le Noh et le Flamenco. Maintenant je me sens moins seul. J'en reprendrai bien un petit peu car je trouve que cette passion des japonais pour le flamenco est tout aussi noble qu'énigmatique. Quant à la réalisation, le style Diger subtil et musical porte le propos avec poésie.

Votre commentaire

Type the characters you see in this picture. (Vérification audio)
Tapez les caractères que vous voyez dans l'image ci-dessus : si vous ne n'arrivez pas à les lire, soumettez le formulaire, une nouvelle image sera générée. Il n'y a pas de distinction majuscule minuscule.