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Sur les docks
Emission Sur les docks

du lundi au jeudi de 17h à 17h55

Ecoutez l'émission 54 minutes

"Des animaux et des hommes (1/4) : Bestioles parisiennes" 3

16.01.2012 - 17:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Un documentaire de Olivier Chaumelle et Jean-Philippe Navarre

 

Oies bernaches du Canada au Parc de Bagatelle O. Chaumelle©Radio France

Curieusement, Paris offre bien des avantages à l’observateur de la faune sauvage : un jardin public permet le plus souvent d’avoir une vision à 360° de la situation, et la distance de sécurité (celle en deçà de laquelle l’animal s’enfuit à votre approche) est bien plus courte pour des animaux acclimatés à l’Homme.
Pour une poule d’eau à la campagne, la distance de sécurité est d’à peu près cent mètres ; au Jardin des Tuileries, elle descend à moins de dix, quant aux oies bernaches du Canada rencontrées au Parc de Bagatelle, non seulement elles ne sont pas farouches, mais elles viennent à la rencontre de l’Homme. Ce comportement n’est peut-être pas prudent, mais il existe.
La faune sauvage de Paris est par ailleurs beaucoup plus riche qu’on ne l’imagine. Le noctambulisme pourra permettre l’observation de fouines (très nombreuses dans Paris) ou de renards (qui viennent nuitamment en ville, mais repartent vers leur repaire avant l’aube). La “window-list” de l’écrivain Alain Demouzon (c’est-à-dire l’inventaire des différentes espèces d’oiseaux qu’il voit depuis la fenêtre de son bureau) atteint trente-quatre lignes. L’entomologiste Henri Inglebert a recensé plus de six cents espèces de coléoptères dans Paris intra-muros.
Mais les animaux les plus inattendus qu’on rencontre dans la capitale restent encore les naturalistes eux-mêmes…

Avec :
Philippe Barré, jardinier au Muséum National d’Histoire Naturelle
Yann Crochet, photographe
Alain Demouzon, écrivain
Georges Feterman, naturaliste
Henri Inglebert, entomologiste
Jean-François Julien, chiroptérologue
Guilhem Lesaffre, ornithologue
Michel Neff, forestier
Julien van Dorpe, membre de l’association Espaces
Et la voix de Didier Douet

 

Production : Olivier Chaumelle

Réalisation : Jean-Philippe Navarre

Thème(s) : Information| Communauté| Société| animaux| compagnie| Paris

3 commentaires

Portrait de Anonyme Christophe17.01.2012

Eh oui, passionnant... mais paradoxal aussi !
L'observation de la faune/flore sauvage en ville, n'est-ce pas un peu bizarre ?!! Ça devrait être complètement anecdotique mais ça a tendance à devenir la règle.
Le miel des villes est plus sain que celui des campagnes, les fouines, il y en a certainement plus à Paris que dans mon coin de cambrousse où elles sont systématiquement exterminées. Par contre, les faisans "sauvages" rentrent dans les maisons, et les sangliers pullulent. Les lapins de garenne sont gavés d'antibiotiques par des granulés épandus pour eux, leur population explose et ils crèvent de myxomatose dès qu'on arrête de les "soigner". On dépense des fortunes en lutte contre les ravageurs, parce qu'on a déclaré "nuisibles" quasiment tous leurs prédateurs naturels...
On est dans une espèce de consensus : soyons écolos dans les villes, puisqu'il y a une demande et que ça ne gène personne. Et à la campagne, laissons la gestion de la nature aux mains des agriculteurs, qui, vu comment on les traite, n'ont que peu d'autre choix que d'être productivistes à outrance (d'où arrachage des haies, drainage et destruction des zones humides, emploi à outrance de produits divers et variés), ou aux chasseurs qui vont naturellement tout faire pour favoriser le gibier et détruire tout ce qui a pour réputation d'entraver sa croissance.
Pour terminer, j'ajouterai que faire des sorties d'observations naturalistes par chez nous, ça n'est pas très bien vu. Au mieux on est un doux dingue amoureux des "gentils zazanimaux", au pire un dangereux activiste "écolo-citadin anti-chasse"...

Portrait de Anonyme ChatdePaf17.01.2012

Tiens, moi aussi je vis à Toulouse !
Puisqu'on nous l'a gentiment suggéré, je vais citer les quelques bestioles rencontrées en ville. Du côté des oiseaux (ce sont eux qui peuvent se glisser le plus facilement dans les zones urbaines) et hormis les poules et les paons du Jardin des plantes, j'ai vu des choucas, des geais des chênes se poser sur les toits du centre-ville. Il y a aussi des mouettes et des goélands, plus ou moins nombreux selon la saison, qui vont et viennent à heures régulières. Et des nuages d'étourneaux que les automobilistes et les riverains détestent. Il y a quelques rapaces, mais souvent trop haut pour que je les identifie (myopie oblige). Bien sûr des pigeons, des moineaux et d'autres à peine plus gros qui leur ressemblent mais dont j'ai oublié le nom. Des merles bien sûr. Des rouge-queues, qu'on voit rarement mais qu'on entend bien. Évidemment les martinets noirs à la belle saison, et les hirondelles (surtout rue Alsace depuis que celle-ci est partiellement fermée à la circulation). Dans les quartiers résidentiels, il y a des rouge-gorges, des mésanges et des tourterelles je crois.
Pour les animaux non ailés, il est plus rare d'en voir en ville, à part bien sûr le malheureux sanglier entré par la Garonne, vite abattu il y a quelques semaines. Alors qu'il avait été capturé et qu'il aurait très bien pu être ramené en dehors de la ville. Quelle tristesse !
Dans les vieux immeubles, on trouve pas mal de petits rongeurs, surtout en été. Ils logent même parfois sous les tuiles. Pendant la grève des éboueurs il y a quelques années, certains ont vu de très gros rats près des bouches d'égout.
Quand des bâtiments sont délabrés et que de l'eau y stagne, on peut voir des moustiques de janvier à décembre. Il m'est même arrivé de rencontrer un moustique tigre. Quelques papillons de nuit s'égarent, mais on voit surtout des mites, en particulier à proximité des restaurants.
Contrairement au sud-est de la France, il n'y a habituellement pas de cigale dans la région. Et pourtant, il me semble bien en avoir entendu une l'été dernier place Wilson. Ai-je rêvé ?
Merci pour cette émission, que j'ai adoré écouter ! Je me sens moins seule à observer les bestioles, et je suis maintenant fière d'avoir quelques petites choses à raconter à ce sujet. Et grâce aux spécialistes passionnés qui sont intervenus, j'ai envie d'en savoir davantage.

Portrait de Anonyme dr M-Pierre Capdevielle17.01.2012

Passionnant...

Je fais les mêmes observations sur Toulouse en tant qu'amateur... sur la faune et la flore... mais pas encore de fouine ni renard au centre ville, ils seraient vite flingués par les services municipaux, ici... des tarentes la nuit sur les murs, pas de perruche à collier, ça va venir. Mais avec le bruit et les odeurs, puisque l'ignorance et donc la peur mènent les gestionnaires et la population, elles seront flinguées comme les pigeons bisets appelés par les ignares "rats volants".
Et les oies bernaches que vous admirez, qui viennent vous saluer, vous oubliez de mentionner qu'on va toutes les tirer désormais ??? grâce à la formidable gestion de notre ministère de l'écologie, qui est soumis au lobby terroriste de Chasse-Pâté-Cornichons...