"Des animaux et des hommes (4/4) : Les artistes contemporains et le monde animal " 3
Un documentaire de Stéphane Bonnefoi et Anna Szmuc.
"Féminin masculin" Françoise Pétrovitch©Hervé Plumet / Courtesy galerie RX
Gilles Deleuze et Félix Guattari l’observaient au début des années 70 : « L’art ne cesse pas d’être hanté par l’animal ». Certes, depuis les peintures rupestres, en passant par Jérôme Bosch et les « animaux des Lumières », tous les âges de l’art se sont intéressés à la chose animale pour en offrir une lecture représentative de leur temps.
Mais comment a évolué ce rapport depuis l’après-guerre ?
Suite à l’horreur nazie, la relation de l’artiste à l’animal s’est radicalisée. On se souvient de l’expérience première menée en 1974 par Joseph Beuys : l’artiste s’enferme plusieurs jours dans une galerie américaine avec un coyote, animal sacré pour le peuple amérindien mais chassé par les Américains…
Depuis vingt ans, les choses se précisent un peu plus encore. Guillermo Vargas laisse mourir un chien dans une galerie. Une pétition s’indigne et recueille trois millions de signatures. Damien Hirst laisse mourir des mouches dans une cage de verre : silence.
La vie d’une mouche vaut-elle celle d’un chien ? Un animal domestique est-il aussi précieux qu’un animal sauvage ou d’abattage ?
La violence que l’artiste fait subir à l’animal est un autre moyen de dénoncer celle que l’homme s’inflige à lui-même, pour paraphraser Jacques Derrida. Un moyen d’autant plus radical que, sensibles à la marche de la science, certains artistes cherchent à se projeter dans la peau de l’animal.
En 2001, à Berne, Xiao Yu présente dans du formol une tête de fœtus humain greffé à un corps de mouette. En 2010, Marion Laval-Jeantet se fait transfuser du sang de cheval dans une galerie slovène… Simple escalade d’un art soumis à la surenchère ou réelle appréhension de la part animale de l’homme du XXIe siècle ? Désir d’un retour au primitif ? Espoir de renouer avec la « félicité animale » (dixit Pierre Bergounioux), synonyme d’innocence ?
Pour « Sur les docks », nous tentons un état des lieux avec quatre artistes qui portent un regard singulier sur la bête.
Avec :
Pierre Bergounioux, écrivain ;
Marion Laval Jeantet, artiste ;
Françoise Pétrovitch, artiste ;
François-Bernard Mâche, compositeur,
et Bernard Lafargue, historien de l’art.
Production : Stéphane Bonnefoi
Réalisation : Anna Szmuc
Thème(s) : Information| Société| Peinture| animal| Art








3 commentaires
D'accord avec Denis ; cette émission montre de manière passionnante en quoi la réflexion artistique sur les animaux va bien au-delà de la simple lubie ou d'une recherche d'avant-garde vaguement provocatrice. Comme le dit Marion Laval Jeantet dans ce beau documentaire, la tâche et le pouvoir spécifique de l'art est précisément d'explorer les domaines où la réflexion philosophique ou éthique achoppe. Or la question de l'animalité n'est pas la moindre de celles qui posent problème aujourd'hui.
Ce commentaire n'est pas à la hauteur de cette émission qui est la plus intéressante de la série.
Alors, "Pourquoi une bonne promenade ne suffit-elle plus à nourrir ?", eh bien c'est expliqué à la minute 04:00 de cette émission fort intéressante.
Merci pour cette émission : malgré les peurs que suscitent le bio art... Une bonne promenade à la campagne ne suffit-elle plus à nourrir la philosophie des urbains créatifs ?