Un documentaire de Charlotte Mareau et Vanessa Nadjar
Filage du "Petit Prince" Oriane Zerah©D.R.
De septembre 1996 à novembre 2001, le régime des Taliban s’est employé à détruire l’accès à la culture et à l’éducation en Afghanistan. A la fermeture des écoles de filles et à l’appauvrissement des enseignements s’ajoutaient entre autres l’interdiction d’écouter la radio ou la télévision, l’impossibilité de pratiquer un art ou même de faire voler un cerf-volant…
Depuis dix ans, la jeunesse afghane redécouvre sa culture et s’ouvre à l’expression artistique. Son dynamisme est inspirant et ses réalisations attirent un public de plus en plus large.
Mais dans un pays en proie à un terrorisme omniprésent, un tel choix relève d’un acte de résistance à l’obscurantisme religieux qui menace toujours la société.
Kaboul apparaît aujourd’hui comme une ville en suspens, redécouvrant dans l’art à la fois une catharsis des traumatismes passés et une passerelle vers les espoirs et les incertitudes de demain.
Car si le retrait des troupes internationales peut entraîner un regain d’instabilité politique, il risque également de provoquer le départ de structures étrangères soutenant le développement culturel en Afghanistan.
Production: Charlotte Mareau
Réalisation : Vanessa Nadjar
Thème(s) : Information| Guerre| Société| Afghanistan| arts| culture| liberté









3 commentaires
Presque émouvante la naïveté de cette enseignante française en Afghanistan. Il n'est pas question de remettre en cause son rôle important dans l'éducation de cette jeunesse, bien au contraire. Mais de ne pas voir à ce point à quoi elle participe de fait. Enfin, elle se sent probablement investie d'une mission comme d'autres, celle d'exporter nos valeurs.
Il est particulièrement parlant de constater le glissement sémantique dans ce pays en quelques années où l'on passe pour qualifier l'ennemi, de "terroriste" à "insurgé". Dans un rapport qui peut nous éclairer sur les raisons d'une guerre (si tant est que l'on souhaite l'être), rapport (visible par chaque citoyen français sur le net) de la Commission de la défense et des forces armées du mercredi 20 mai 2009, séance de 10 heures, compte-rendu n°46, présidence M. Teissier, on peut lire ce qui suit, écrit de la main du député Jean-Claude Viollet. Je cite mot pour mot : " Il est important de dire que nous menons une lutte, et non pas une guerre, contre le terrorisme, car cela permet de souligner qu'il ne s'agit pas seulement de conduire des actions militaires..." Plus loin : " Enfin, il faut absolument développer la présence économique des entreprises françaises en Afghanistan. Il n'est pas normal, de façon plus générale, que notre importante présence militaire dans le monde n'ait aucun "effet retour" pour des secteurs industriels d'excellence comme ceux de la santé, de l'eau, des déchets, par exemple. Il y a vraiment quelque chose qui ne fonctionne pas." Fin de citation.
Hier, trois soldats français blessés sur le terrain. Pas de mort à déplorer heureusement, donc blessés non signalés à la presse. Il est faut de dire que la situation est pacifiée dans le secteur de Surobi, comme l'indique la version officielle.
Par ailleurs , Mme Chékéba Hachémi, opposante de la première heure aux talibans, ex-proche du commandant Massoud ,déclarait le 14/11/2011 sur l'antenne de France Inter, émission "Les affranchis" de Mme Giordano, je cite à nouveau, mais là de mémoire : "La condition de la femme ne s'est pas améliorée à Kaboul en dix ans de présence occidentale et sous gouvernement Karzaï. Je n'ose même pas imaginer dans les campagnes. A Kaboul, même les foyers ne sont toujours pas équipés d'eau courante et d'électricité." Fin de citation.
Je rajoute que sur le terrain, après dix ans de guerre, on peut toujours voir des petites filles de 5/6 ans, ravitailler en eau la famille. Ce travail n'est pas digne d'un garçon.
Ps : le rock' n' roll a accompagné les soldats américains ces dernières années dans toutes les conquêtes militaires. Il est foncièrement réactionnaire et impérialiste.
Chère auditrice, cher auditeur,
La question des intérêts français en Afghanistan est effectivement très complexe et ce documentaire ne visait pas à en rendre compte. Je partage vos préoccupations quant aux motivations des investissements français à Kaboul et aux risques liés à l'imposition d'une vision occidentale de la société.
La situation des femmes en Afghanistan reste dramatique et l'évolution ne concerne souvent que les Afghans issus de familles éduquées, à Kaboul ou à Bamyan. Néanmoins, l'existence d'un mouvement artistique de cette ampleur est nouvelle et porte l'espoir de la diffusion d'une pensée plus libre.
Cette femme enseignante témoignait de son quotidien, insistant sur l'implication des jeunes afghans dans les écoles. Au travers de cet entretien, nous avons souhaité montrer que le soutien à la culture fait partie des piliers de la démocratie. Nous avons conscience que ces trajectoires de reconstruction ne sauraient masquer l'ampleur des phénomènes de violence sociale et de corruption".
Cordialement,
Charlotte Mareau
Productrice de documentaire
Bonjour,
Bravo et Merci pour ce documentaire !
Pourriez-vous me contacter pour répondre à quelques questions précises et particulières ?
Par avance merci,
Guillaume Dimanche