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Sur les docks

Sur les docks│11-12

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Emission Sur les docks

du lundi au jeudi de 17h à 17h55

Enquêtes documentaires (2/4) : "Les personnes âgées et le poids de l’argent - L’argent sous tutelle" 12

14.02.2012 - 17:00

Un documentaire de Stéphane Bonnefoi et Isabelle Yhuel - en écho au débat sur le même thème organisé par le Centre d’Ethique Clinique qui aura lieu le mardi 21 février Théâtre de Charenton  – en partenariat avec Libération

 

Jean-Louis Courtinat©Radio France

L’affaire Bettencourt a plongé la mesure de tutelle sous les feux des projecteurs, liant sans grand discernement la mesure de protection judiciaire à une affaire de gros sous.
Certes, l’argent est bien au cœur de ces différentes mesures (sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle), appliquées, avant tout, pour protéger les intérêts d’une personne rendue vulnérable par la perte de ses facultés mentales, voire physiques.
Mais dans les faits, la variété et la complexité des cas obligent à y regarder de plus près.

C’est pourquoi « Sur les docks » est allé enregistrer dans le bureau du juge des tutelles du tribunal d’instance d’Arras. Là où la justice, confrontée à une forte progression de mesures (800 000 en France), évalue quotidiennement le cas de personnes âgées où, à la perte d’autonomie physique, viendra peut-être s’ajouter la perte d’autonomie financière.
Mais les bénéficiaires de ces mesures sont-ils réellement demandeurs ? Quel est le pouvoir réel de l’expertise médicale ? Comment et par qui sont gérés les comptes des personnes placées sous tutelle ? Comment humaniser une mesure qui vous prive brutalement du fruit d’années de travail ?
Surtout, comment les personnes âgées vivent-elles cette épreuve, alors que la réforme des tutelles, appliquée depuis le 1er janvier 2009, est censée apporter un peu plus d’humanité à ces mesures judiciaires ?

Production : Stéphane Bonnefoi
Réalisation : Isabelle Yhuel

 

 

 

 

Thème(s) : Information| Famille| Finance| captation| grand âge| héritage| Patrimoine| transmission

12 commentaires

Portrait de Anonyme Buiret Irène24.02.2012

Je viens de réécouter l'émission...
Le comble : avoir été obligée de prendre des mesures de protection pour ma mère (curatelle renforcée) et mon frère (tutelle)... contre les agissements d'une nièce travaillant elle-même dans une association tutélaire... pour me retrouver devant le même mur !
Ma mère est décédée en septembre 2008 et la succession n'est toujours pas réglée : un cauchemar ! Opacité, mépris, SILENCE ON GERE... J'y laisse ma santé.

Merci à toute l'équipe des docks qui permet d'entendre.

Portrait de Anonyme vero22.02.2012

J'ai découvert cette émission aujourd'hui en réécoute. Pour ma part, j'ai trouvé que la juge était plutôt empathique et à l'écoute, ce qui me parait admirable au regard de sa charge. Par ailleurs, elle ne décide pas seule, puisqu'elle indique demander l'avis du procureur de la République.
Je vous remercie pour ce documentaire qui reflète bien ce qu'est une audience de juge des tutelles.

Portrait de Anonyme Cerise20.02.2012

Je me réjouissais lorsque j'ai appris qu'il y avait sur France Culture des documentaires radiophoniques, mais je m'aperçois qu'il ne s'agit que de reportages sociaux sponsorisés par Libé, à l'image des Pieds sur Terre. Le social n'est pas tout, quand même... On étouffe! Je suis donc venue, mais repartie aussi vite. Le documentaire radiophonique est une grande chose. En faire un instrument politique et social en est une autre. C'est une question de conscience, de respect de la chaîne, de déontologie, de créativité, d'inspiration. N'hésitez pas à en faire preuve.

Portrait de Sur les docks Sur les docks22.02.2012

Chère auditrice,

L'équipe de "Sur les docks" et moi-même sommes déçues que vous n'ayez pas aimé (et votre jugement est sévère) l'un des 235 documentaires que nous diffusons chaque année, et ce depuis six ans. Il se trouve que cette année nous avons initié, en partenariat avec le Centre d'Ethique de Cochin et le journal Libération, une série de six documentaires mensuels consacrés au grand âge à travers six thèmes  : préparer sa mort, le progrès biomédical, le risque et le raisonnable, quel lieu pour être vieux, le poids de l'argent, vieillir...mais préserver son intimité. Six thématiques que vous qualifiez de sociales mais qui trouvent leur sens dans le champ du documentaire.
Par ailleurs,  notre offre documentaire est extremement variée, allant de La Fabrique de l'Histoire le mardi, aux Pieds sur terre en passant par les Ateliers de la Création, Une Vie, Une Oeuvre ou Villes-Mondes. Peut-être trouverez-vous un univers qui vous concerne ou vous convienne.
Avec nos cordiales salutations,
Irène Omélianenko
Productrice coordonnatrice de "Sur les docks"

Portrait de Anonyme Lucie20.02.2012

Bonjour,
Plutôt que de nous faire entendre (sans aucune intervention quelque peu critique de la part de votre journaliste) la bonne parole de cette juge qui tranche, selon son bon vouloir et sa seule rationalité, qui doit être, ou non, mis sous tutelle, il aurait été indispensable de se pencher sur le mécanisme intégral (je dis bien intégral) de ce processus.
Notamment, en mettant en évidence le fait que les personnes qui finissent devant les juges de tutelle, sont généralement poussées par des organismes aux intentions bien peu recommandables.
Parce qu'elles mettent leur patrimoine en danger, dit-on, ces personnes sont régulièrement "récupérées" par des associations familiales qui n'en veulent qu'à leurs seuls biens. Et je suis bien placée pour vous en parler, un proche de ma famille ayant été placé sous curatelle par une association bien connue pour détourner l'argent des personnes dont elle a la charge.
Cette vision de la tutelle, me semble donc bien légère et contestable.
Lucie

Portrait de Sur les docks Sur les docks20.02.2012

Madame,

Je comprends votre réaction, eu égard aussi à votre expérience personnelle. Je revendique toutefois mon parti, radical, soumis à aucune autre influence que le tête-à-tête qui se joue entre une personne âgée et "son juge", dans le plus grand secret. Il se déroule des choses d'une grande richesse, peu connues à mon sens. Nous y avons rarement accès, raison de plus pour laisser vivre ces instants, dont la sensibilité ne peut se révéler que sur un temps assez long (et non en montant un entretien de dix minutes entrecoupé d'autres séquences).

Cette "vision", qui n'est qu'une vision, vous avez tout à fait le droit de la critiquer. Il y a mille manières d'aborder un sujet, surtout lorsque l'on pratique le documentaire (qui n'est pas du reportage). Car je ne me considère pas comme un journaliste (même si, contrairement à ce que vous dites, je questionne la juge à la fin de chaque "cas" tout comme le spécialiste de la maltraitance Alain Koskas) et n'ai pas pour mission première de réaliser une enquête journalistique. Mon travail ici était de saisir et de rendre audible (a minima) cette tranche de réel où affleure la douleur de personnes placées sous mesure de protection. Cette parole brute, vaut, à mon sens, autant que celle des spécialistes ou des critiques car elle est première. C'est une clé parmi d'autres, un moment d'humanité à mon sens essentiel, pour comprendre ce qui se joue dans de tels dossiers, complexes car différents d'un cas à l'autre (c'est aussi ce que raconte ce documentaire, la question du cas par cas, donc de l'humanité de la justice, donc aussi des moyens).
De plus, nous faisons de la radio, et c'est aussi à l'écoute des voix, de ce qu'elles racontent d'autre, que j'ai définitivement pris ce parti. A dire vrai, à l'écoute de cette réalité-ci, j'ai fortement pensé au documentaire de Depardon : "10e chambre : Instants d'audiences". C'est, en toute modestie, dans cette filiation que s'inscrit ce documentaire. Merci de votre écoute.
Stéphane Bonnefoi

Portrait de Anonyme MEURVILLE Yves18.02.2012

Bonjour, merci de votre émission, j'ai quelques remarques à faire : ce documentaire est informatif, mais il est fort dommage que ce soit toujours la même personne qui soit proposée à chaque fois qu'un média aborde ce sujet et qu'il contacte la Chancellerie pour rencontrer un Juge des Tutelles.
Mme Pequeur apparaît comme une bonne professionnelle, mais il serait intéressant d'entendre un autre Juge des Tutelles car il en existe de nombreux autres en France qui maitrisent tout aussi bien la loi et qui peut-être expriment un peu plus d’empathie envers les majeurs et qui sont sans doute un peu moins expéditifs, quitte à prendre du retard dans leur planning !!
Il serait intéressant pour l'émission de passer un moment auprès d'un service mandataire judiciaire composé de salariés chargés de mesures de protection et ce pas forcément dans le Pas-de-Calais ....
L’intérêt serait de montrer des mesures de protection qui fonctionnent de façon positive comme il en existe des milliers et non pas de chercher à mettre en avant les seules dérives comme il peut en exister dans toutes les professions et qui sont habituellement le sujet retenu par les rares émissions consacrées à ce métier. Car il s'agit d'un métier et qu'il est passionnant mais très difficile.
Signé : Marcel

Portrait de Sur les docks Sur les docks20.02.2012

Monsieur,
Comme vous le savez, les occasions de pouvoir enregistrer sans la moindre contrainte au sein d'un tribunal sont plutôt rares. Mme Pecqueur, juge des Tutelles, ne représente certes pas toute la profession mais il faut toujours faire des choix (et accessoirement trouver un juge qui accepte la présence d'un media).
Vous trouvez que Mme Pecqueur manque "d'empathie". Il me semble que face au nombre exponentiel de mesures (plus de 3300 à Arras mais le chiffre va crescendo) et à la restriction des moyens, celle-ci ne se montre pas des plus "expéditives". Est-ce mieux ailleurs ? Peut-être, mais le fonctionnement d'Arras ne me semble pas caricatural.
Pour le reste, nous nous sommes surtout intéressés à ce théâtre du réel que sont les tribunaux, moins qu'à l'aspect "dérive d'une profession" - que je vois très peu apparaître dans ce documentaire. D'ailleurs, me semble t-il, ce sont surtout les témoignages des personnes mises sous tutelle que nous souhaitions capter (et faire entendre), plutôt que le fonctionnement d'une profession. C'était un choix, totalement assumé, de recueillir cette parole brute de personnes âgées au sein d'un milieu fermé.

Merci de votre écoute.

Cordialement,

Le producteur, Stéphane Bonnefoi

Portrait de Anonyme frida17.02.2012

Merci, c'est souvent si ce n'est toujours, grâce à Sur les docks que je reprends plaisir à écouter la radio & particulièrement France culture.

Portrait de Anonyme Rita16.02.2012

Une émission pleine d'humanité, et un beau travail de radio, précis, complet, et informatif. Merci.

Portrait de Anonyme Pauline14.02.2012

J'ai entendu l'émission cet après-midi, je tenais à remercier France Culture pour ce moment rare, l'émission était passionnante.

Portrait de Anonyme Anonyme14.02.2012

La plupart du temps, de nombreuses mesures de ce type de mesures sont mises en place abusivement. Les personnes en question perçoivent bien souvent très peu d'argent l'AHH, le RSA (les tutelles en deviennent très friands), etc... Sous le diagnostic souvent évasif des psychiatres, on prétexte que ces personnes ne peuvent en rien gérer le peu d'argent dont elles disposent. Pire, quand elles n'ont pas d'enfants, c'est le juge qui gère... l'héritage. Quand vient se greffer la prescription de neuroleptiques, etc... cela n'arrange pas les choses. C'est une mesure indigne et honteuse, il y a de nombreuses dérives à ce sujet par ailleurs. Encore un des aspects délétères de notre société actuelle. Combien en ai-je vu s'abandonner TOTALEMENT avec ce type de mesures. Juges escrocs, Etat corrompu. Mais avec les viocs, ça passe ! Les comptes de gestion protégés par la loi : FAUX FAUX !