Histoires de familles (2/4) : "Sous X : mères et enfants de l’ombre" 6
Un documentaire de Lucie Sarfaty et Christine Robert
Chaque année, environ 600 femmes accouchent de façon anonyme en France. Avec l’accouchement sous X, une femme peut officiellement choisir de ne pas être mère des enfants qu’elle met au monde. En demandant le secret de son identité, aucune filiation n’est établie entre une femme et l’enfant qu’elle fait naître. L’Etat organise ainsi la possibilité pour des enfants de naître sans identité et sans filiation.
D’une grossesse non désirée à l’accouchement secret, de l’abandon à la vie après avoir accouché sous X, quelle est la réalité d’un tel événement pour la mère ? Du côté de l’enfant, de la maternité à l’adoption en passant par la vie en pouponnière comment grandit-on quand on est né pupille de l’état, sans nom et sans connaître ses origines ? L’équipe de « Sur les docks » donne la parole à ces mères et enfants de l’ombre, mais aussi ceux qui les accompagnent.
Avec :
Thérèse Guilhem, responsable de la Pouponnière Michelet, Paris 13ème
Françoise Kriguer, sage-femme
Sylvie Lang Lainé et Monique Feuvre, du service parisien AGE MOISE, Maison pour l’Orientation, l’Information le Soutien et l’Ecoute des femmes enceintes en difficulté
Pierre Verdier, avocat au barreau de Paris et président de la CADCO, Coordination des Actions pour le Droit a la connaissance des Origines
Maria Pia, Fanny, et le témoignage anonyme de sousXXX, blog Same Story.
Production : Lucie Sarfaty
Réalisation : Christine Robert
Mixage : Marie-Thérèse Ferrand
Thème(s) : Information| Recherche| Famille| accouchement sous X| confidentialité| filiation| maternité| racines




6 commentaires
Merci pour ce documentaire magnifique.
Je ne suis pas du tout concerné par l'accouchement sous X, mais vous m'avez fait toucher du doigt la souffrance de ces mères, et des enfants.
Cher René Giraud,
Je prépare une thèse autour de l'histoire de l'adoption nationale et internationale à l'EHESS. J'aimerais beaucoup pouvoir, moi aussi, lire votre mémoire. Pourriez-vous me l'envoyer par mail ?
Cordialement,
Fabio Macedo
PS: Félicitations à France Culture et aux producteurs pour l'émission.
Merci pour votre remarquable émission entendue par hasard dans la voiture lors d'un déplacement professionnel.
Quelle intelligence de traitement sur France Culture. cette radio est incomparable ; et encore une fois, quels talents de ses producteurs lors de votre série "Histoires de familles".
Mes parents âgés de + de 80 ans sont nés sous X, et sont restés pupilles de l'État, jusqu'à leur majorité, car non adoptés.
Jusqu'à très récemment, ils n'ont jamais regardé le passé, mais plutôt investi les champs des associations d'anciens pupilles pour aider les jeunes générations nées sous X.
Cependant, au crépuscule de leur existence, ils s'interrogent sur leurs origines et ont fait ouvrir leur dossier il y a 1 mois.
Serait-il possible de se voir transférer le travail universitaire de Mr Giraud ? Mon père voudrait lire sa réflexion.
Vous remerciant par avance de votre relai.
Marc Ballu
Bonjour, je vous remercie pour la qualité de vos émissions et celle sur les enfants abandonnés et les difficultés à vivre cette situation quel que soit le mode d'abandon. Ma mère m'a "laissée" à l'assistance publique en mai 1959 sans signer de certificat d'abandon, j'ai été "placée" comme cela se disait autrefois dans des institutions et après, vers 3 ans, dans une famille nourricière, où tout s'est très mal passé pour moi... A l'âge de 33 ans, quand la loi a changé, je suis allée à Paris pour voir mon dossier car je ne savais rien de mon histoire... Je me suis retrouvée devant quelques phrases, le nom de ma mère, un patronyme de père. J'ai fait des recherches, retrouvé ma mère. Elle a accepté de me rencontrer mais j'ai vécu cette rencontre comme un nouvel abandon, car ma mère ne s'est pas intéressée à moi. Pour mon père, j'ai exploité la piste du patronyme, mais la personne que j'ai retrouvée semble ne pas être concernée par cette histoire. Il y a des histoires de vie qui commencent mal, se poursuivent douloureusement... Je ne pourrais dire de tout cela que la blessure est "incicatrisable" et demande de rester vigilant toute sa vie, car le moindre grain de sable peut enrayer une machinerie de l'existence de façon irrémédiable... Il est nécessaire de trouver ses racines ailleurs.
Merci pour votre TRÈS INTELLIGENTE émission, pleine de finesse et d'humanité. Vos questions étaient pleine de sensibilité et vous avez su montrer combien ces mères qui accouchent sous X souffrent et aussi mis en évidence la souffrance des ces "nés sous X" à l'identité amputée.
Ancien pupille de l'État accueilli, jusqu'à ma majorité, dans une famille nourricière d'Ardèche (alors que je suis né à Marseille), j'ai, à la retraite, entrepris des études d'anthropologie à la faculté de Lyon2 et ai étudié la parenté de ces pupilles privé de parents ! En septembre, j'ai soutenu mon mémoire de Master2 : "De la non-parenté à la parenté multiple : un parcours anthropologique dans la parenté du pupille accueilli ou adopté". Me serait-il possible d'avoir les adresses mail des différents personnes entendues lors de votre émission (dont les interventions ont été pertinentes) pour que je puisse leur faire parvenir mon mémoire en format PDF ?
Il est bien évident que si vous souhaitez prendre connaissance de ce travail, même si j'imagine bien que votre emploi du temps est très chargé, voire surchargé, ce sera avec plaisir que je vous l'enverrai.
Cher Monsieur,
Merci pour votre écoute et vos remarques.
Je serai tout à fait intéressée par le fait de recevoir votre travail, que je vous propose de transférer moi-même aux intervenants avec vos coordonnées, afin qu'ils puissent vous contacter directement s'ils le souhaitent.
Cordialement,
Lucie Sarfaty
Productrice de ce documentaire