Un documentaire de Julie Navarre et Jean-Philippe Navarre - Emission spéciale diffusée dans le cadre de la journée France Culture consacrée au travail
Planche de la bande dessinée de Dominique Dautel J. Navarre©D.R.
Six personnes d’une même famille interrogent la transmission et l’héritage du monde ouvrier. Que reste-t-il de ce monde que l’on dit disparu ? Qu’est-ce qui perdure dans cette perte, qu’est-ce qui se prolonge ou se transforme ? Au-delà d’un métier, d’un outil de travail, d’un engagement militant, quelle valeur ou éthique circule au fil du temps entre ces trois générations…
Paroles croisées de Roger, ancien tôlier chaudronnier, d’Evelyne sa fille, professeur, de sa petite-fille Fanny, étudiante, ainsi que d’Andrée la sœur de Roger, ancienne ouvrière, de son fils Dominique, artiste peintre et du fils de ce dernier, Baptiste, en formation.
Ces témoignages font le récit d’une vie de travail et de luttes, montrent la transmission d’un savoir créatif et d’une conscience politique, et racontent l’histoire d’une famille où l’on se retrouve par hasard, toutes générations confondues, à la croisée d’une rue pleine de manifestants… pas forcément sous la même bannière, mais pour un même combat.
Avec :
Roger, retraité, ancien tôlier chaudronnier
Andrée, retraitée, ancienne ouvrière en atelier de confection
Evelyne, professeur des sciences et vie de la terre
Dominique, animateur d’un atelier de créativité en Institut Médico-Educatif et artiste peintre
Fanny, étudiante en biologie
Baptiste, en formation d’Aide Médico Psychologique
Production : Julie Navarre
Réalisation : Jean-Philippe Navarre
Thème(s) : Information| Famille| Travail| Société| Syndicat| génération| héritage| monde ouvrier| valeurs sociales
















2 commentaires
Moi aussi fille d'un père ouvrier et d'une mère au foyer qui a tenté désespérément de trouver du travail, de formations en CES (Contrats Emploi Solidarité), pendant 35 ans, je ne sais pas ce que je dois au "monde ouvrier", grand absent de mon enfance et adolescence. La solitude a toujours été le maître-mot. Solidarité ? Oui, entre syndiqués, peut-être. Mais pas avec ceux qui n'avaient pas les moyens et trop peur de perdre leur boulot pour se syndiquer.
En revanche, je sais ce que je dois à mes parents : les années à calculer quel trajet coûterait le moins cher pour aller faire des courses, à regarder le prix au kilo et non le prix affiché, à comparer, à scruter, à se méfier car le sans filet était la règle.
Les ouvriers me regardent comme une étrangère qui ne connaît pas leur monde et mes collègues profs me sont souvent incompréhensibles car je n'ai pas leurs codes, ni leurs réactions, ni leur "pouvoir d'achat" (papa/maman ne peuvent pas payer, non, pas même à manger) ni leurs préoccupations. Si l'ascenseur social fonctionne encore (!), le résultat est une grande solitude sociale. Heureusement qu'on a Culture et la lecture !
Un vrai bonheur. Merci. Fille d'ouvrier, je sais ce que je dois à la classe (mot tabou) de mes parents, à leurs valeurs, à leurs combats. Ringard ? peut-être, mais tellement plus branché que le chacun pour soi et la loi des gagneurs, des agences de notation et des si lamentables "nous le valons bien" et "prendre du temps pour soi" quand c'est par et pour les autres que nous existons.