retour en haut de page
Sur les docks
Emission Sur les docks

du lundi au jeudi de 17h à 17h55

Ecoutez l'émission 54 minutes

Histoires de vies (3/4) : "Eglise à vendre" 13

25.01.2012 - 17:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Un documentaire de Jean Kergrist et Guillaume Baldy

 

La Chapelle Ivre J. Kergrist©Radio France

Un peu partout dans l’hexagone, la presse locale ainsi qu’Internet, fourmillent  d’annonces d’églises à vendre. Tous les styles sont au rendez-vous : des églises en béton, style art déco, à charges des diocèses, car construites après 1905, aux églises romanes, datant parfois du 11ème siècle… sans compter chapelles et prieurés. L’éventail des prix est aussi très variable : de 70.000 euros à environ 1 million.


Ce documentaire en Côtes d’Armor débute à Plounérin, où le maire communiste vient d’organiser un référendum communal pour demander à ses administrés s’ils sont pour ou contre la rénovation de l’église du village, datant de 1887, qui menace de s’effondrer. À sa grande surprise, une large majorité des 421 votants s’est prononcée pour la rénovation, alors qu’aujourd’hui le recteur des lieux ne compte qu’une douzaine de pratiquants à la messe dominicale. Derrière la gare de Guingamp, la chapelle Sainte Bernadette a été vendue par le diocèse à un professeur de collège, amateur d’art, qui compte y installer un centre culturel convivial rebaptisé « La Chapelle Ivre ». À l’énoncé de ce nom, quelque peu sacrilège, le vicaire général marque un instant de stupeur.


Ainsi, la désaffectation d’un lieu de culte, rendue inéluctable par la raréfaction des fidèles et des pasteurs autant que par le coût des rénovations nécessaires pour en assurer la sécurité, oblige à une mise à plat de la symbolique de l’église, telle qu’elle était perçue à une époque de grande chrétienté. Tout est à réinventer.

 

Dominique Guilho et Gérard Nicole dans la Chapelle Ivre J. Kergrist©Radio France

Avec :
Pascal Vielleville, maire de Plounérin
Abbé Christian Le Meur, en charge de la paroisse de Plounérin
Nadine Grison, infirmière, et Cyrille Joucan, maçon, membres actifs de l’association pour la sauvegarde de l’église de Plounérin
Gérard Nicole, vicaire général
Dominique Guilho, nouveau propriétaire de la chapelle Sainte Bernadette
Jean-Pierre Ghyssen, chargé par le diocèse de faire le lien avec les communes
Élie Geffray, prêtre d’Éréac
Monseigneur Moutel, évêque de Saint Brieuc

 

 

 

Production: Jean Kergrist
Réalisation : Guillaume Baldy
Prise de son : Frédéric Cayrou

 

Thème(s) : Information| Communauté| Société| Religion| Bretagne| catholicisme| lieu de culte| rénovation

Lien(s)

Site du harpiste MyrdhinLes extraits musicaux diffusés dans ce documentaire sont issus de son dernier album, intitulé "Moving Sands".

13 commentaires

Portrait de Anonyme dominique29.01.2012

Pas facile de renommer un lieu et pourtant il me fallait bien passer par là.
De Chapelle Sainte-Bernadette à Chapelle-Ivre, je vous dois cette histoire.

Après avoir sollicité les ami(e)s, un point de vue m’avait été retourné.
Celui de garder le mot Chapelle dans la composition du nom.
Puis l’éclairage m’est venu des vitraux… du rouge, du jaune, du bleu.
Mais attachée au mot Chapelle, une couleur ça prend un autre sens.
Impossible d’enfermer ma Chapelle dans une querelle de clocher politique !!!
Faire un lieu de lien entre l’art et l’environnement, ici et ailleurs.
Je ne sais réellement pourquoi, mais c’est le mot livre qui s’est imposé.
Le livre, c’est la connaissance mais aussi une distraction.
Le livre, c’est l’échange mais aussi le refuge.
Le livre, c’est des pages que l’on feuillette et que l’on tourne comme la vie.
Le livre, c’est aussi cette noble matière que l’on sent du bout des doigts.
Et le bois, c’est le métier appris de mon père.
Sont venus successivement les mots,
Chapelle-Livre… Chapel’livre... Chapel’ivre… Chapelle-Ivre.
Très longtemps, je me suis répété ces mots en boucle.
Chapelle-Ivre me semblait être d’une meilleure résonance.
Les mots plus audibles. Mais une question est venue rapidement me tarauder.
Comment peut être perçu le mot IVRE ? C’est un mot terrible dans notre société d’aujourd’hui... Le doute s’installe.
De toutes les idées pour la Chapelle, il en est une à laquelle je tiens tout particulièrement.
Celle d’une fresque, qui sera peinte par Swy Milshtein, face à l’entrée.
Ici, l’œuvre ne mesurera pas moins de 7m de hauteur par 8m60 de large.
Nullement réfléchie, l’idée s’impose à moi tant la peinture de Swy est ma fidèle compagne. Rencontrée la première fois à Strasbourg, elle m’a amené dans son imaginaire. L’œuvre de Swy, ce sont ces visages sur lesquels s’expriment la vie, la honte, la peur. Cette dernière lui en a fait voir de toutes les couleurs, entre les années 40-45.
« L’œuvre de Milshtein est essentielle en ce qu’elle concilie l’approche problématique de l’intériorité et de l’extériorité en une chorégraphie de la représentation de la mémoire ».
Je me rappellerai toujours de ce moment quand j’ai ouvert le fichier reçu de Swy Milshtein. Sur l’écran de l’ordinateur, je découvre pour la première fois sa proposition de fresque. Son interprétation du Bateau-Ivre de Rimbaud.
La messe est dite car la Chapelle-Ivre a aussi la forme d'un bateau !!
Dominique Guiho

Portrait de Anonyme Marc Théry27.01.2012

J'avais vu l'annonce de cette émission sur Ouest France la veille. Je l'ai écoutée avec grand intérêt, tant elle reflète effectivement une réalité aujourd'hui incontournable: la disparition inéluctable de ce qui a été pendant plusieurs siècles des marqueurs de nos communautés humaines françaises et de nos paysages. Je regrette beaucoup que, deux jours après, elle ne soit apparemment déjà plus podcastable.
Est-ce bien le cas ou bien la technique me joue-t-elle un quelconque mauvais tour ?
Merci. Cordialement
Marc Théry, du centre de la Bretagne.

Portrait de Sur les docks Sur les docks27.01.2012

Cher auditeur,
Merci pour votre écoute et commentaire.
Concernant le podcast, nos émissions sont téléchargeables durant huit jours.
Pour effectuer le téléchargement, vous devez d'abord installer sur votre ordinateur un logiciel de téléchargement (nous fonctionnons de notre côté principalement avec itunes, qui est gratuit). Une fois muni de ce logiciel, sur notre page "Sur les docks" il vous faut "cliquer" sur l'icône de notre émission (carré mauve en haut de la page à droite intitulé "Sur les docks"). Cela va vous ouvrir la page d'accès au podcast et vous permettre de choisir de faire le lien entre notre émission et votre logiciel. Cliquez sur l'icône représentant celui-ci, et le transfert va s'effectuer.
Par ailleurs, sachez que nos documentaires restent disponibles à l'écoute en ligne pendant 500 jours.
Cordialement,
L'équipe de "Sur les docks"

Portrait de Anonyme Carmina27.01.2012

État d'esprit
Un arbre vit pour l'essentiel grâce à son environnement naturel. Le respect que lui accordent les êtres vivants qui le côtoient lui assurent la durée. Sa fin, comme tout être vivant, sera, selon la qualité de son corps, soumise à l'incinération, à la construction (éphémère en mobilier, durable en construction) ou retour à la terre par sa "belle mort".
Les charpentes d'église ont reçu des composants issus de ces arbres. Définitifs dans les clochers, ou provisoires avec les échafaudages.
L'être humain pour lequel je suis favorable à toute équité le concernant, ne cesse de se comporter au fil des siècles et aussi grâce à sa démographie galopante comme un prédateur de faune comme de végétation et même du minéral. Heureusement, ses compétences qui le distinguent des autres composants terriens lui ont permis de construire des œuvres plus ou moins élaborées et plus ou moins remarquables. Et c'est aussi respecter tous ces ancêtres qui ont consacré leur sueur, leur temps, leur savoir-faire et parfois leur héritage à ces églises qui constituent un patrimoine typique de la société française (le village aggloméré autour de l'église, sans oublier le cimetière).
Le monument "église" a donc reçu le bois de l'arbre et la sueur de ceux qui ont contribué à sa construction. Voilà donc deux raisons qui permettent aux partisans des "querelles de clocher" - à savoir, l'être humain dont la vie doit primer sur toute autre raison (comme si c'était possible...) , ou l'arbre multicentenaire devenu respectable (au détriment de quels autres ?) - de se réunir.
Quant à l'édifice qui ne sert plus aux manifestations religieuses, rejoindrait-il la liste des objets inutiles issus de notre société de consommation ? Ne serait-il pas logique de se poser en priorité la question à propos des derniers gadgets "apparus" ? Mais la véritable question que pose l'entretien de l'église, c'est la progressive disparition du "village". Quand on parcourt la campagne, que de "maisons à vendre"...
L'être humain se distingue par sa capacité d'imagination et de raisonnement. Donc en sortant l'église de son contexte impérativement religieux, c'est lui redonner la chance d'une autre vie pour la mémoire de ceux qui l'ont construite et pour l'attraction qu'elle continuera à créer socialement (son entretien contribue à la répartition d'activités professionnelles et artisanales).
Et puis, la nature a horreur du vide : l'église détruite, que contiendra ce lieu ? un temple sectaire ou d'une autre religion, un temple de la consommation ?... Décider de détruire ce monument ne ressemblerait-il pas à un suicide collectif ?

Portrait de Anonyme DOUCHINFrançois26.01.2012

“Eglise à vendre" est une excellente émission, bien cadrée dans la diversité des rôles et des situations, ouverte aussi à la réflexion disons... théologique, quand on n'a pas peur de ce vieux mot, ce qui est mon cas, depuis quatre ou cinq ans.
L’interview d’Elie Geffray est particulièrement importante car elle va au fond des problèmes que d’autres entrevoient mal ou esquivent. Il serait  grand temps de retrouver le vrai mouvement chrétien sous les débris des temples... Mais les deux autres "voix" sont intéressantes aussi, celle du peuple “d’en bas” qui veut garder le mémorial de la vie au village, quitte à le laïciser en partie. Et celle, assez surprenante, des responsables religieux. Au fond, ils seraient bien arrangés par un coup de bulldozer ! Tous semblent incapables de mettre en route, et même d’imaginer, d’autres modes de fonctionnement de leur église qu’un système de chrétienté, territorial et clérical, dont la ruine est pourtant visible de partout...
Bravo à Jean Kergrist pour ce travail qui fait interférer des acteurs très divers qui n’ont guère d’autres occasions de croiser leurs points de vue.
François Douchin, Grenoble

Portrait de Anonyme mathurin26.01.2012

Bonjour,
Merci de votre émission que j'ai pu écouter en voiture de retour entre Pleumeur-Bodou et Rennes en cherchant la nouvelle fréquence dès que je la perdais ! J'aime à écouter France Culture bien que la radio officielle de la cuisine de mes parents soit Inter !
J'aimerais juste savoir l'auteur du morceau de musique utilisé dans les transitions ?
J'ai par ailleurs bien aimé une remarque comme quoi on faisait tout un pataquès pour la destruction d'une église de 200 ans et qu'à côté on coupe des arbres bien plus anciens dans le silence total de la communauté !
Autre très bon point pour le curé qui parle à la fin de la vraie destruction de l'image du Christ en nombrant les atrocités de notre société comme expulser un sans-papier... un discours qui ne serait sans doute pas accepté par bons nombres de "chrétiens".
Bonne continuation et ne parlez pas trop politique, ça n'intéresse plus personne !! à moins que vous n'y soyez obligés pour détourner l'attention des vrais problèmes qui se posent à l'humanité d'ici et d'ailleurs...
Merci encore pour cette émission et pour votre réponse musicale
Mathurin

Portrait de Sur les docks Sur les docks26.01.2012

Cher auditeur,
Bienvenue à "Sur les docks" et merci pour votre commentaire.
Concernant les extraits musicaux diffusés dans ce documentaire, ils sont interprétés par le harpiste Myrdhin et sont issus de son dernier album, intitulé "Moving Sands", dont nous venons de mettre le site en lien sur notre page.
Cordialement,
L'équipe de "Sur les docks"

Portrait de Anonyme CHOIMET Yseult26.01.2012

Merci pour cette très intéressante émission. Mais quelle est donc cette église nantaise vendue 848 720 euros ?

Portrait de Sur les docks Sur les docks26.01.2012

Chère auditrice,

Cette chapelle n'a pas de nom mais se situe près du Jardin des Plantes de Nantes.

Pour plus d'informations, vous pouvez visionnez ce reportage en ligne sur le site de Gloria TV :

http://fr.gloria.tv/?media=21492

Cordialement,

L'équipe de "Sur les docks"

 

Portrait de Anonyme Le Coeur25.01.2012

Pouvez-vous me communiquer les titres des accompagnements musicaux de l'émission ce documentaire ?
Merci

Portrait de Sur les docks Sur les docks26.01.2012

Chère auditrice,

Les extraits musicaux diffusés dans ce documentaire sont interprétés par le harpiste Myrdhin et sont issus de son dernier album, intitulé "Moving Sands".

Cordialement,

L'équipe de "Sur les docks"

Portrait de Anonyme ahimsa25.01.2012

Je vous remercie de me faire réfléchir un peu à votre thème "Eglise à vendre", j'ai un petit point de vue venant d'une personne un peu croyante. Autrefois, j'ai côtoyé un peu les églises, j'y ai trouvé de la spiritualité et un peu de choses qui n'avaient rien à voir avec l'idée que l'on peut se faire de Dieu.
Je vous dis cela en tant que personne un peu profane. Mais, d'après ce que je sais, la religion chrétienne à beaucoup de choses à se reprocher et surtout leurs élites ; l'outrecuidance de cette religion, plus le fait qu'aujourd'hui les églises sont désertées, nous démontrent que votre thème est d'actualité, et moi, si j'étais la place de ceux qui se posent des questions sur le futur des églises, je dirais que si certaines églises sont désertées ou ont des problèmes financiers dus à leur entretien, les premiers à qui devraient revenir ces monuments sont les personnes qui n'ont pas de toit, de logement ; ces églises qui se retrouvent devant des difficultés devraient faire don pour les pauvres, un lieu de repos pour ceux qui ont froid ou faim, ou bien un lieu de spiritualité pour les églises qui arrivent à subvenir à leurs besoins et où il y a une forte concentration de personnes qui s'y rendent, et peut-être un mélange des deux, la question a besoin de divers points de vue...
J'ai une petite question à propos du christianisme : pourquoi en France, tous les responsables religieux ne manifestent-ils pas pour faire entendre leurs voix contre les mal logés, contre les mal nourris, contre les injustices, contre les propres dysfonctionnements internes (prêtres pédophiles, intégrismes, richesses du Vatican quand il y a tant d'enfants qui meurent de faim, de froid, de violence) ?
Je me pose beaucoup de questions par rapport aux personnes qui psalmodient le nom de Dieu et qui agissent a contrario à son message.
Excusez moi, je manque d'humilité par rapport aux questions que je me pose, mais il y a des choses qui manquent de bon sens à mon avis !

Portrait de Sur les docks Sur les docks26.01.2012

Chère auditrice,

Votre "bon sens" rejoint celui du théologien Élie Geffray, à la fois prêtre et maire d'une commune de Bretagne, pour qui la profanation du temple se perpétue à travers le corps des gens bafoués. Mais votre interpellation concerne plutôt les évêques et je peux difficilement répondre à leur place.
Jean Kergrist

Producteur de ce documentaire