Un documentaire de Claire Hauter et Christine Robert
Le Dr Louis Brasseur de l’hôpital Bichat © Claire Hauter
Hôpital Bichat, dans le quartier populaire de la porte de Clignancourt au nord de Paris : dans un vieux bâtiment en brique, un modeste panneau indique le chemin de l’« Unité douleur ». A sa tête le Dr Louis Brasseur, anesthésiste de formation et algologue par vocation. Dans un bureau tapissé de vieilles affiches de cinéma et de théâtre, de reproductions d’œuvres d’art primitif il reçoit chaque matin ses patients.
Suites d’accidents du travail ou de la circulation, séquelles chirurgicales ou chimiothérapiques, douleurs chroniques, c’est généralement au terme d’un laborieux parcours de généralistes en spécialistes que les patients, arrivent à la consultation. L’entretien vise à considérer le patient dans son entier, corps et psyché, sachant que les attentes, les émotions et la mémoire jouent un rôle décisif sur la physiologie de la douleur. L’écoute attentive et empathique est alors essentielle, d’autant que la douleur physique se double d’une vraie souffrance psychique. Mais seul un travail pluridisciplinaire est la clef d’une possible réussite du traitement : d’où la concertation avec ses confrères du service – le Dr Lutz, neurologue, le Dr Decour, psychiatre ou la psychologue Catherine Guillemont. Si avoir mal c’est être dans la certitude, entendre quelqu’un qui a mal, c’est être dans le doute permanent ; d’autant que si l’arrivée des traitements morphiniques il y a trente ans, a permis des progrès dans le traitement des douleurs, cette pharmacologie est encore en phase empirique et les effets secondaires des traitements doivent être en permanence évalués.
On nomme « douleur chronique » une douleur quotidienne depuis trois à six mois au moins. Les personnes âgées, de classe socio-économique défavorisée, ayant un faible niveau d’éducation et un travail manuel, ont un risque particulièrement élevé d’en souffrir. Ses conséquences sur la qualité de vie sont multiples : consommation médicale accrue, baisse d’activité sociale et professionnelle (61 %), perte d’emploi (19 %), dépression (21 %)… En France, on estime que 20 % de la population souffre de douleurs chroniques, mais que seuls 2 % seulement sont traités par un spécialiste de la douleur. Et si les centres d’évaluation et de traitement de la douleur se sont multipliés depuis une vingtaine d’années, ils restent pourtant mal connus du grand public bien qu’ils accompagnent un vrai enjeu de santé publique.
Avec :
Dr Louis Brasseur, responsable du centre de traitement des douleurs de l’hôpital Bichat-Claude Bernard
Dr Gina Lutz, neurologue
Catherine Guillemont, psychologue clinicienne.
Production : Claire Hauter
Réalisation : Christine Robert
Mixage : Bruno Mourlan
Le 13 février : Journée Mondiale de la Radio
Thème(s) : Information| Médecine| Santé| douleur| guérison| plainte| Claire Hauter








6 commentaires
Merci à toute l'équipe pour cette magnifique et passionnante série d'émissions sur la douleur et la plainte (tellement loin d'être "sinistre" comme j'ai pu le lire !)
Avez-vous déjà fait une émission sur la migraine ? Une autre douleur chronique bien difficile à soulager...
Merci !
Pas vraiment facile d'avoir accès à un centre anti-douleur. Il y a maintenant 30 mois que j'ai contracté un zona. Les séquelles sont parfois difficiles à supporter. Gabapantine, paracétamol et codéine ne viennent pas à bout de ces manifestations douloureuses. Les demandes écrites pour obtenir une consultation restent sans réponse. Sans beaucoup d'espoir, je vais rencontrer un médecin acupuncteur. Je me prépare à l'idée de terminer mes jours (j'ai 80 ans) avec cette compagnie. Il est vrai que lorsqu'on écoute une émission sur ce sujet, on n'est pas encouragé à frapper aux portes de ces centres anti-douleurs. Il ne nous reste qu'à admirer le courage de ces souffrants et l'humanité de ces praticiens!
La peau est le reflet des organes qui sont intimement liés à l'âme.
C'est ainsi que la médecine est un art qui corrèle divers paramètres pour traiter celui qui induit le phénomène visible.
La peau en contact direct avec le monde est le siège de surinfections. C'est pourquoi nos ancêtres allaient faire des cures dans villes d'eaux & se trempaient dans des eaux chargées en métaux.
La peau peut être protégée de plusieurs manières naturelles pour empêcher la surinfection. Songez à ceux utilisés pendant des millénaires par vos parents qui avaient cette expérience du fait concret qui s'appelait l'amour.
J'ai entendu ce midi une critique du structuralisme lui imputant, mais un peu tard, la décontextualisation & par là, la destruction des cultures ancestrales & le quant à soi dont nous subissons les terribles conséquences.
J'ai écrit divers romans & pièces de théâtre sur ces thèmes mais tout le monde s'en fout!
Je souhaite vivement recommander aux patients qui le désirent, de s'intéresser aux causes de leur mal en feuilletant l'encyclopédie de métamédecine de Claudia Rainville (canadienne). Cordialement.
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