Un documentaire de Claire Hauter et Christine Robert
Les dossiers de la douleur © Claire Hauter
Le rôle premier de la douleur est de servir de signal d’alarme et cette fonction protectrice a joué un rôle crucial dans la survie de l’espèce humaine. Mais ce système d’alarme peut se mettre à dysfonctionner, dans ce cas, la douleur s’autonomise et perdure parfois de façon indéfinie. « Nous avons l’habitude de vivre la douleur comme un chapitre de notre histoire sensorielle » explique Nicolas Danziger, chercheur en neurosciences à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, « Les douloureux chroniques, eux, font l’expérience d’une histoire sans fin, d’où la dimension tragique de leur vécu. »
Longtemps, les patients se sont heurtés à l’incompréhension et parfois même à la suspicion des médecins, qui ne décelaient aucune origine organique à leur plainte. Le Dr Gabriel Burloux, médecin et psychanalyste, a créé la première consultation douleur à Lyon dans les années 70, pour venir en aide à des patients qui se faisaient rejeter des services de rhumatologie. Ses outils : écouter la plainte et croire le patient. Il a fallu attendre le début des années 1980 pour visualiser et quantifier les fibres de la douleur au sein des nerfs. « Aujourd’hui, grâce aux progrès en imagerie cérébrale, on peut suivre les processus neurophysiologiques à l’œuvre dans la douleur chronique. Cependant, on est très loin de comprendre tous les mécanismes de la douleur et les praticiens sont encore très démunis sur le plan thérapeutique.
Selon Nicolas Danziger, « la plupart des études cliniques effectuées ces vingt dernières années montrent que les soignants ont souvent tendance à sous-évaluer l’intensité de la douleur de leurs patients, souvent attribuée à des causes psychosomatiques. »
A la consultation douleur du Dr Thierry Binoche, à l’hôpital d’Argenteuil, aussi bien qu’au centre antidouleur de l’hôpital Bichat, les patients enfin entendus témoignent de ce flagrant déni qui a longtemps aggravé leur ressenti de la douleur. L’enjeu avec un patient douloureux chronique sera donc de construire une empathie et une confiance. « Ce qui me frappe énormément » ajoute le chercheur et praticien, « c’est à quel point les patients sont prêts à se saisir d’une situation qui vise à pondérer, à rendre humaine une expérience qui est par nature sauvage.»
Avec :
Dr Thierry Binoche, consultation douleur du Centre hospitalier Victor-Dupouy d’Argenteuil,
Dr Nicolas Danziger, Centre de recherche de l’Institut du cerveau et de la moelle, hôpital de la Pitié-Salpêtrière,
Dr Gabriel Burloux, médecin et psychanalyste,
Dr Louis Brasseur, responsable du centre antidouleur de l’hôpital Bichat-Claude Bernard,
Catherine Guillemont, psychologue clinicienne à l’hôpital Bichat-Claude Bernard,
Dr Gina Lutz, neurologue.
Production : Claire Hauter
Réalisation : Christine Robert
Mixage : Bruno Mourlan
Le 13 février : Journée Mondiale de la Radio
Thème(s) : Information| Santé| douleur| malade| maladie| patients| plainte| Claire Hauter









7 commentaires
La guerre, le cancer, la douleur, je ne sais pas si je vais continuer à écouter votre émission Irène. Je suis une fidèle auditrice depuis des années,
je pense que votre mission est de donner un éclairage sur le monde. Il serait salutaire pour les auditeurs d'en montrer un versant moins sinistre.
Bien cordialement.
Chère Rachilde,
Bien sûr le sujet n'est pas gai, quoiqu'aujourd'hui avec l'hypnose nous allons pouvoir rêver.
Au programme de Sur les Docks bientôt il y aura des sujets plus légers qui, je l'espère, vous séduiront.
Merci pour votre fidélité.
Irène Omélianenko
Avez-vous pensé à l'intoxication par le mercure dentaire?
Ce sont les symptômes de cette accumulation de métaux lourds au plus profonds du corps que des analyses classiques (sanguines) ne peuvent pas mesurer.
J'ai rédigé une méthode de relaxation adaptée au sport pour palier à cette descente aux enfers, mais les éditeurs n'en ont cure.
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