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Sur les docks | 12-13

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du lundi au jeudi de 17h à 17h55

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La Douleur (2/4) « Comprendre la plainte » 7

12.02.2013 - 17:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Un documentaire de Claire Hauter et Christine Robert

 

Les dossiers de la douleur © Claire Hauter

Le rôle premier de la douleur est de servir de signal d’alarme et cette fonction protectrice a joué un rôle crucial dans la survie de l’espèce humaine. Mais ce système d’alarme peut se mettre à dysfonctionner, dans ce cas, la douleur s’autonomise et perdure parfois de façon indéfinie. « Nous avons l’habitude de vivre la douleur comme un chapitre de notre histoire sensorielle » explique Nicolas Danziger, chercheur en neurosciences à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, « Les douloureux chroniques, eux, font l’expérience d’une histoire sans fin, d’où la dimension tragique de leur vécu. »

Longtemps, les patients se sont heurtés à l’incompréhension et parfois même à la suspicion des médecins, qui ne décelaient aucune origine organique à leur plainte. Le Dr Gabriel Burloux, médecin et psychanalyste, a créé la première consultation douleur  à Lyon dans les années 70, pour venir en aide à des patients qui se faisaient rejeter des services de rhumatologie. Ses outils : écouter la plainte et croire le patient. Il a fallu attendre le début des années 1980 pour visualiser et quantifier les fibres de la douleur au sein des nerfs. « Aujourd’hui, grâce aux progrès en imagerie cérébrale, on peut suivre les processus neurophysiologiques à l’œuvre dans la douleur chronique.  Cependant, on est très loin de comprendre tous les mécanismes de la douleur et les praticiens sont encore très démunis sur le plan thérapeutique. 

Selon Nicolas Danziger, « la plupart des études cliniques effectuées ces vingt dernières années montrent que les soignants ont souvent tendance à sous-évaluer l’intensité de la douleur de leurs patients, souvent attribuée à des causes psychosomatiques. »

A la consultation douleur du Dr Thierry Binoche, à l’hôpital d’Argenteuil, aussi bien qu’au centre antidouleur de l’hôpital Bichat, les patients enfin entendus témoignent de ce flagrant déni qui a longtemps aggravé leur ressenti de la douleur. L’enjeu avec un patient douloureux chronique sera donc de construire une empathie et une confiance. « Ce qui me frappe énormément » ajoute le chercheur et praticien, « c’est  à quel point les patients sont prêts à se saisir d’une situation qui vise à pondérer, à rendre humaine une expérience qui est par nature sauvage.»

 

Avec :

Dr Thierry Binoche, consultation douleur du Centre hospitalier Victor-Dupouy d’Argenteuil,

Dr Nicolas Danziger, Centre de recherche de l’Institut du cerveau et de la moelle, hôpital de la Pitié-Salpêtrière,

Dr Gabriel Burloux, médecin et psychanalyste,

Dr Louis Brasseur, responsable du centre antidouleur de l’hôpital Bichat-Claude Bernard,

Catherine Guillemont, psychologue clinicienne à l’hôpital Bichat-Claude Bernard,

Dr Gina Lutz, neurologue.

 

Production : Claire Hauter

Réalisation : Christine Robert

Mixage : Bruno Mourlan

 

 

Le 13 février : Journée Mondiale de la Radio

 

 

Thème(s) : Information| Santé| douleur| malade| maladie| patients| plainte| Claire Hauter

Lien(s)

Institut du cerveau et de la moelle épinièreHôpital de la Pitié-Salpêtrière
Echelle DoloplusÉchelle d'évaluation comportementale de la douleur chez les personnes âgées présentant des troubles de la communication verbale. Chaque item est coté de 0 à 3 (cotation à quatre niveaux exclusifs et progressifs), ce qui amène à un score global compris entre 0 et 30. La douleur est clairement affirmée pour un score supérieur ou égal à 5 sur 30.
Moins SouffrirLe site Moins Souffrir met à disposition des personnes souffrant de douleurs chroniques des informations concernant la compréhension et le traitement de leurs symptômes.

7 commentaires

Portrait de Anonyme françoise20.02.2013 Je travaille sur le thème de la douleur et j'aimerai podcaster les émissions qui ont été diffusées la semaine dernière. Est-ce encore possible? merci
Portrait de Sur les Docks Sur les Docks21.02.2013 Chère auditrice, Il est toujours possible de les télécharger. Depuis septembre, les podcasts sont disponibles un an après leur date de diffusion. http://www.franceculture.fr/podcast/4485981 Merci de votre écoute. L'équipe de sur les Docks
Portrait de Anonyme thierry15.02.2013 Comprendre la plainte, l'empathie etc. c'est très bien, mais les actes c'est encore mieux. Quand un médecin commence à "psychologiser" mes douleurs qui sont très mécaniques cela m'agace rapidement. Je n'ai pas non plus envie de "gérer" mes douleurs (ce qui signifie pour beaucoup "vivre avec"); le mieux c'est de ne pas en avoir ou en avoir le moins possible. Je suis un patient de douleur chronique. Je suis aidé par mon médecin traitant (un généraliste) et je crois que j'ai une grande chance de l'avoir comme médecin. Il me prescrit des antidouleurs opiacés (niveau 2) avec quelques gouttes de clonazépame (molécule), médicament qui vient d'être interdit par l'ANSM dans le traitement de la douleur, pourtant efficace pour maints patients - merci bien l'ANSM ! - et merci au neurologue compréhensif qui me les préscrit quand-même. Je supporte très bien les opiacés, je n'augmente pas les doses et j'ai une assez bonne qualité de vie avec ce traitement. Mais combien de médecins refusent ce type de traitement aux patients de douleurs chroniques... Souvent on "doit" avoir un cancer incurable pour être pris au sérieux ou pour que la douleur soit correctement traitée. Patients avec des douleurs chroniques non cancéreuses : passez votre chemin et débrouillez-vous, c'est ce que vivent encore beaucoup de patients. Pour moi c'est grave si, par "idéologie", les opiacés sont refusés aux patients de douleurs chroniques. Si les opiacés n'aident pas, dans ce cas, ok, on n'insiste pas. Mais si ils marchent, il ne faut pas hésiter.
Portrait de Anonyme GMAH13.02.2013 Vivement intéressée par votre sujet, contrairement à Rachilde, je trouve que parler de compréhension concernant la douleur me semble essentiel, et donner des pistes, voire des solutions en vue de gérer au mieux sa douleur, quelle qu'elle soit, est parfois salutaire pour le patient qui ne réussit plus à avoir confiance en l'arsenal médicamenteux. J'expérimente depuis peu l'auto-hypnose, et je dois dire que cela me réussit assez bien. Et j'envisage de continuer sur cette voie qui me paraît la mieux adaptée à mon cas.
Portrait de Anonyme Rachilde12.02.2013

La guerre, le cancer, la douleur, je ne sais pas si je vais continuer à écouter votre émission Irène. Je suis une fidèle auditrice depuis des années,
je pense que votre mission est de donner un éclairage sur le monde. Il serait salutaire pour les auditeurs d'en montrer un versant moins sinistre.

Bien cordialement.

Portrait de Anonyme irène omélianenko13.02.2013

Chère Rachilde,
Bien sûr le sujet n'est pas gai, quoiqu'aujourd'hui avec l'hypnose nous allons pouvoir rêver.
Au programme de Sur les Docks bientôt il y aura des sujets plus légers qui, je l'espère, vous séduiront.
Merci pour votre fidélité.
Irène Omélianenko

Portrait de Anonyme Rodriguez12.02.2013

Avez-vous pensé à l'intoxication par le mercure dentaire?
Ce sont les symptômes de cette accumulation de métaux lourds au plus profonds du corps que des analyses classiques (sanguines) ne peuvent pas mesurer.
J'ai rédigé une méthode de relaxation adaptée au sport pour palier à cette descente aux enfers, mais les éditeurs n'en ont cure.

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