Un documentaire de Stéphanie Labadie et François Teste.
1954©Editions Clouet/D.R.
Cocotte minute, cette seule évocation convoque une ribambelle d’images, de souvenirs, de fantasmes aussi… Qu’elle suggère de la tendresse ou de l’angoisse, une confiance aveugle ou une constante répulsion, on lui doit au moins le mérite de ne laisser personne indifférent, et ce depuis le début de sa longue histoire…
Cocotte : mot tout bonnement dérivé de « coquelle », contenant ancestral en terre cuite à l’intérieur duquel ça mijote, ça bouillonne, ça cuit. De là, la joyeuse désignation attribuée aux filles de joie du 19ème siècle, mais notre cocotte à nous, d’humeur bien plus chaste, se demandait déjà à cette même époque comment perfectionner son principe de fonctionnement…
Une soupape de sécurité pour relâcher la vapeur quand la pression dépasse la limite prévue. C’est à Denis Papin, l’inventeur de la machine à vapeur, que l’on doit cette bouillante idée. Une idée qui portait le nom de « digesteur », c’était en 1679, et sa réputation d’ustensile sulfureux était déjà faite. Pratique, économique, intrigant, séduisant même, mais surtout dangereux.
Quelques siècles de réajustements plus tard, la voici toujours présente dans nos cuisines, ou du moins dans nos souvenirs. C’est à SEB, société dépositaire de sa fameuse désignation, que l’on doit la naissance du mythe, quelque part dans les années 50… La cocotte-minute, un objet culte, qu’on l’aime ou qu’on la rejette.
Mais quels monstres de ferraille ont précédé notre célèbre autocuiseur ? Que nous racontent-ils de notre histoire, plurielle et singulière ? Et comment la cocotte a-t-elle su rester au fil des siècles un vecteur de transmission : de savoir faire, de gourmandise, de folie douce aussi parfois…
Point de départ d’un itinéraire à entrées multiples : celle de la cuisine bien sûr, de la chimie aussi, de l’histoire, la psychanalyse, mais aussi du détournement ou du souvenir… Le tout au beau milieu d’une chaîne de montage de SEB, à Selongey-en-Bourgogne.
Autant de témoignages que de façons d’aborder une marmite à vocation aussi utilitaire que sociale.
Cocotte 2 Alain Gauthier (1957)©Editions Clouet/D.R.
Avec :
Aurélie Brayet, chargée de mission pour l‘association Patrimoine de la modernité, auteur de Super Cocotte, 119 recettes autour de la cocotte, publié chez Hachette et Ma cocotte bien aimée, histoire et mémoire d’un objet quotidien, Publications de l’université de saint Etienne, collection Objets et Patrimoine ;
Frédérik Grasser-Hermé, écrivain, cuisinière, food consultante, auteur de La cuisinière du cuisinier, aux éditions Alain Ducasse ;
Hervé This, physico-chimiste, enseignant chercheur à l’INRA et Agro Paris Tech ;
Elise Milisevic, romancière et créatrice des éditions 1973, spécialisées dans le roman cuisine ;
Gisèle Harrus Revidi, universitaire, psychanalyste, auteur de Psychanalyse de la gourmandise, publié aux éditions Payot
Jean Naveau, responsable marketing chez SEB.
Nadia Hamam, journaliste, auteur de Le Monde du couscous. 100 recettes nouvelles et anciennes du Maghreb et d'ailleurs données de mère en fille,
sa fille Iris, et Yaya.
Production : Stéphanie Labadie
Réalisation : François Teste
Thème(s) : Information| Gastronomie| Entreprise| Société| cocotte minute| cuisine
Lien(s)
Document(s)
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Ma cocotte bien aimée : histoire et mémoire d'un objet quotidien Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2009 -
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Psychanalyse de la gourmandise Editions Payot -rivages - coll. Petite bibliothèque Payot, -



2 commentaires
Ce tablier, tout comme nos souvenirs d'enfance, sont irremplaçables... :-)
L'auteur m'est inconnu, mais j'ai trouvé ce beau texte sur un forum :
<< Te souviens-tu du tablier de ta grand-mère ?
Le principal usage du tablier de grand-mère était de
protéger la robe en dessous, mais en plus de cela : Il
servait de gant pour retirer une poêle brûlante du fourneau.
il était merveilleux pour essuyer les larmes des enfants, et, à
certaines occasions, pour nettoyer les frimousses salies.
Depuis le poulailler, le tablier servait à transporter les
œufs, les poussins à réanimer, et parfois les œufs fêlés
qui finissaient dans le fourneau.
Quand les visiteurs arrivaient, le tablier servait d’abri
à des enfants timides.
Et quand le temps était frais, grand-mère s’en emmitouflait
les bras.
Ce bon vieux tablier faisait office de soufflet, agité au
dessus du feu de bois. C’est lui qui transbahutait les
pommes de terre et le bois sec jusque dans la cuisine.
Depuis le potager, il servait de panier pour de nombreux
légumes ; après que les petits pois aient été récoltés,
venait le tour des choux.
En fin de saison, il était utilisé pour ramasser les pommes
tombées de l’arbre.
Quand les visiteurs arrivaient de façon impromptue, c’était
surprenant de voir avec quelle rapidité ce vieux tablier
pouvait faire la poussière.
A l’heure de servir le repas, grand-mère allait sur le perron
agiter son tablier, et les hommes aux champs savaient
aussitôt qu’ils devaient passer à table.
Grand-mère l’utilisait aussi pour poser la tarte aux pommes
à peine sortie du four sur le rebord de la fenêtre pour qu’elle
refroidisse ; de nos jours sa petite fille la pose dans le micro-onde
pour la décongeler.
Il faudra de bien longues années, avant que quelqu’un invente
quelque objet qui puisse remplacer ce bon vieux tablier qui
servait à tant de choses.>>
_________________cordialitudes jp glorieux