« Cent cinquante millions d’enfants naissent chaque année dans le monde. Autant de petits d’hommes, inscrits dans une famille, une lignée, une culture et un avenir. Bien au-delà du domaine médical de la procréation, la naissance met en jeu toutes les questions liées à l’humain. » C’est ainsi que commence l’introduction de l’encyclopédie sur La Naissance qui paraît ces jours-ci aux éditions Albin Michel, et c’est aussi ce territoire, l’infra-monde des origines, que « Sur les docks » choisit cette semaine d’interroger avec cinq documentaires inédits.
Un patient in utero
Un documentaire de Lucie Sarfaty et Guillaume Baldy
D.R.
Grâce au diagnostic prénatal, on en sait aujourd’hui de plus en plus sur l’enfant à naître. Tout au long de la grossesse dans nos maternités occidentales, le fœtus en gestation est examiné, ausculté, surveillé. On pose sur lui un diagnostic, mais aussi des incertitudes.
Ces dernières années, avec l'extension des techniques d'imagerie, il est en effet possible de déceler un nombre croissant d’anomalies in utero. Quand le pronostic est très mauvais, il aboutit parfois à une interruption médicale de grossesse. Cependant, le diagnostic prénatal ne peut être réduit à cette conséquence ultime et douloureuse. Associé à la médecine foetale, il a aussi une finalité thérapeutique, et permet si nécessaire d’anticiper une prise en charge de l’enfant à la naissance, parfois même de traiter le bébé in utero.
Se pose alors la question du statut de l'être prénatal. Ce fœtus, objet de tous les soins, qui est-il ? D’un point de vue juridique, la société ne le reconnaît pas encore comme une personne. Pour les médecins, pourtant, c’est déjà un patient à part entière, même s’il est très particulier : "un patient in utero".
Dans ce documentaire, « Sur les docks » part donc à la rencontre de ces médecins du fœtus. Au Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal de l’hôpital Trousseau ou de l'hôpital Necker, ils accueillent des couples pour lesquels une anomalie a été dépistée pendant la grossesse. A travers le parcours de quelques uns d’entre eux, nous découvrons les progrès incroyables de cette médecine qui s’occupe de ceux qui ne sont pas encore nés.
Avec :
Jean-Marie Jouannic, gynécologue obstétricien, et les médecins du Centre pluridsiplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN) de l’hôpital Trousseau ;
Marie-Laure Moutard, neuropédiatre à l'hôpital Trousseau ;
Anne-Marie Darras, sage-femme ;
Yves Ville, chef de service du CPDPN de l’hôpital Necker ;
Luc Gourand, échographiste ;
Claude Sureau, gynécologue obstétricien membre du comité consultatif national d'éthique,
et les témoignages des couples en consultation.
Production : Lucie Sarfaty
Réalisation : Guillaume Baldy
CPDPN : Centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal
Comité consultatif national d’éthique : avis sur les problèmes éthiques liés au diagnostic anténatal
Thème(s) : Information| Médecine| Famille| Société| diagnostic prénatal| grossesse| naissance| natalité| néonatalité
Document(s)
-
La naissance : histoire, cultures et pratiques d'aujourd'hui Editions Albin Michel, 2010 -
-
-
-
L'échographie de la grossesse Editions Erès, 2011





3 commentaires
Bravo pour votre émission pleine de richesses, de pudeur et d'humanité.
Bonsoir,
j'aimerai simplement savoir si les accouchements se sont bien passés et si les enfants évoluent bien...
Merci.
Monsieur,
Le reportage ayant été enregistré récemment, seule la maman dont le bébé avait une ascite (de l'eau dans le ventre) a accouché pour le moment. Les prélèvements effectués le jour du reportage ont indiqué que le problème était d'origine digestive. A la naissance, la petite fille a été opérée de l'intestin et elle est restée quelques jours en réanimation mais aux dernières nouvelles elle se portait bien.
Le premier couple (dont la petite fille a un petit trou dans le ventre) sont très suivis et attendent la naissance pour février.
Le couple auquel on annonce une microcéphalie devait réfléchir à la question de l'interruption médicale de grossesse. Je ne sais pas s'ils ont pris une décision.
Merci pour votre écoute,
Lucie Sarfaty