Pendant qu'on était à la plage... (4/5) : "De Petite à Grande-Synthe" 0
09.09.2010 - 17:00
Un documentaire d'Olivier Chaumelle et Gilles Davidas
Le Narval G. Davidas©Radio France
Diaporama : Grande-Synthe (2/2)
Tout compte fait, on vit assez bien à Grande-Synthe. Chichement, mais bien. La délinquance est anecdotique, vue du dixième étage. Les roses, les hibiscus, les géraniums qui valent à la ville son titre de ville fleurie **** font que l'existence est très tolérable. Le marché du jeudi matin est très important en mètres linéaires et en lien social, la concorde règne. Hors les étalages de nourriture ou de fripes, on en trouve un seul qui fasse dans la propagande islamique, contre deux consacrés exclusivement aux articles de carnaval : nous sommes très près de Dunkerque, et quoiqu'il n'y ait pas de bande de carnavaleux à Grande-Synthe, les gars de la ville se vêtent de collants résilles fluo et d'une perruque de la couleur complémentaire, et font carnaval.
La criminalité y est maintenue dans des statistiques acceptables, disions-nous. Sauf de temps à autre. Le vendredi 4 octobre 2002, le tabac le Narval, un des rares cafés de Grande-Synthe, en fait la tragique expérience. Les patrons et clients du Narval n'ont rien demandé. Ils ne savent pas que Joël Damman va prendre son 4x4 et son fusil avec la ferme détermination de se faire du crouille. Ce qu'il fait. Il s'arrête aux Mouettes, à Dunkerque, et fait trois blessés graves. Puis il pousse jusqu'à Grande-Synthe, où le Narval est encore ouvert. Joël Damman y tue Mohamed Maghara, dix-sept ans.
C'est la stupeur chez les Grands-Synthois, qui se soutiennent et affrontent l'adversité.
Tout le monde y va de son affliction stupéfaite, du Consul du Maroc à Lille, jusqu'à l'archevêque.
Deux ans et demi après, le 4 février 2005, Joël Damman est condamné par la Cour d'Assises de Douai à 25 ans de réclusion criminelle dont 16 ans incompressibles du fait du caractère éminemment raciste de son acte, et ne fait pas appel de sa condamnation.
N'empêche, quelque part à Grande-Synthe, quelque chose est cassé.
Avec :
Laurent Leys et Julien Lécuyer, journalistes à La Voix du Nord ;
Damien Carême, maire de Grande-Synthe ;
Stéphanie Maurice, journaliste à Libération ;
Bahssine Saaïdi, ancien président du Conseil de l’Islam de Dunkerque ;
Marc Chemin, juge d’instruction,
Chérifa Benmouffok et Jean-Yves Moyart, avocats.
Production : Olivier Chaumelle
Réalisation : Gilles Davidas
Prise de son : Alain Joubert
Site officiel de la ville de Grande-Synthe
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Thème(s) : Information| Société| Morale| banlieue de Dunkerque| Grande-Synthe| meurtre| racisme| rupture


