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Prostitution (4/4) : "Abolition de la prostitution : osez le débat" 24

15.11.2012 - 17:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Un documentaire de Meta Tshiteya et Nathalie Salles

 

Manifestation STRASS © Radio France

Le 6 décembre 2011, l'Assemblée Nationale votait à l'unanimité une résolution en faveur de « l'abolition de la prostitution », officialisant ainsi une tendance marquée depuis le milieu du XXème siècle à rendre aussi difficile que possible la pratique d'une activité prostitutionnelle.

Neuf ans après la Loi de Sécurité Intérieure du ministre Nicolas Sarkozy qui créait en 2003 un délit de racolage passif, notion floue qui a permis aux municipalités de repousser les prostitué-e-s des rues dans les zones périurbaines, la France doit faire face à ses contradictions.

Le mouvement « abolitionniste » initié par des associations d'aide aux prostitué-e-s et bientôt rejoint par une partie des associations féministes a trouvé, dans le gouvernement formé au printemps dernier par Jean-Marc Ayrault, un soutien politique indispensable à la réalisation de son projet de société et se surprend à rêver d'une France sans prostitution.

Mais il y a un mais. Parmi les féministes « historiques », des voix s'élèvent, rejoignant les associations de prostitué-e-s et les associations de prévention contre les infections sexuellement transmissibles, tantôt contre le principe d'une « abolition », tantôt contre la perspective d'une possible pénalisation des clients.

Le débat n'a pas eu le temps de commencer, il a tourné à l'invective, à l'accusation, aux procès d'intention. On s'envoie à la tête des modèles suédois, des systèmes allemands, des « abolos » et des « prostitueurs ».

Le courant dominant, « abolitionniste » donc, entend, au nom de la dignité des femmes, lutter contre cette violence que représenterait la prostitution en soi et qui serait le fait d'une construction patriarcale millénaire.

Mais comment l’État peut-il abolir un système qui ne repose pas sur sa propre loi ? Pour abolir  l'esclavage ou la peine de mort, la République a dû abroger un ensemble de lois qui les autorisaient explicitement.

Quid du droit à disposer de son corps ? N'est-ce pas un aveuglement coupable que de nier la dimension « marchande » de la sexualité de tout un chacun, y compris dans les ménages les plus légitimes ? Comment se nourrir, se loger, sauvegarder ses enfants lorsque les derniers expédients sont refusés à celles et ceux que la misère menace ?

Pour autant, un discours de ni (abolition) ni (réglementation) est-il réaliste ? Ne défend-il pas la liberté de quelques unes aux dépens de la sécurité d'une multitude d'autres ? Un tel débat touche autant à la santé publique qu'à une « politique de l'intime » voire à un idéal de système économique. Toutes ces questions nous les avons posées aux grandes voix qui ne parviennent plus à s'entendre.

Les arguments se perdent dans la violence du conflit mais révèlent quelques unes des laideurs de notre pays et de notre époque : cela parle de la domination du fort sur le faible, du symbole politique de la sexualité, des relations entre les hommes et les femmes, entre les femmes entre elles, entre les riches et les pauvres, entre le gouvernant et le gouverné, ce débat contient à lui seul la vie tout entière et chacun de ses arguments mérite d'être écouté. Nous avons posé toutes ces questions et voulu les restituer, dans toute leur complexité, dans leurs nuances aussi. 

 

Avec :

Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des droits des femmes ;

Janine Mossuz-Lavau, politologue chercheur au CNRS ;

Claire Quidet et Claudine Legardinier du Nid ;

Morgane Merteuil du STRASS ;

Patric Jean et Frédéric Robert de Zeromacho ;

Fred Bladou d'Aides ;

Carine Favier du Planning Familial.

 

Production : Meta Tshiteya

Réalisation : Nathalie Salles

Prise de son : Raymond Albouy


Thème(s) : Information| Sexualité| abolition prostitution

24 commentaires

Portrait de Anonyme Anonyme29.11.2012

Si le thème de la prostitution en général est bien souvent lié à un "malaise", humain, de société, je n'ai entendu/lu dans ce débat extrêmement intéressant personne qui mentionne, comme facteur aggravant de la violence qui peut être ainsi liée à la prostitution, la pornographie à peine déguisée qui est diffusée dans notre environnement visuel et sonore. Pornographie qui répand les clichés de la personne "objet sexuel", de la domination par le sexe, de la soumission au sexe, la banalisation de la violence sexuelle, la dépendance à la sexualité... je ne parle pas tellement de la pornographie en soi qui constituerait un autre débat, mais plutôt des messages et affiches publicitaires insidieux, des clips et chansons commerciaux, des spots internet parasitant les sites et autres, tous à caractère pornographique que ce soit par le son uniquement, des suggestions fortes métaphoriques ou pas, des images exhibition plus ou moins suggestives envahissant l'espace, qui nous sont imposés de toute part et qui offrent un accès particulièrement facile, en un clic ou un sms, à la pornographie pour tous les âges et tous les sexes, accoutumant les esprits. Voilà en quelque sorte l'éducation sexuelle des jeunes, des enfants...je ne veux pas être pessimiste mais ce n'est pas ainsi que l'on fera évoluer les mentalités sur le respect, la dignité et l"égalité" des sexes, ni que l'on remédiera aux comportements violents, méprisants et autres envers les prostitués, entre autres êtres humains peut-être particulièrement exposés à ces comportements. Un contrôle des facteurs autant que des symptômes ne pourrait-elle être envisagée ? L'économie aurait vraiment tous les droits, même de conditionner une société à des conceptions préjugées et établies du sexe pour en utiliser les effets psychologiques à des fins de manipulation commerciale et politique ?

Portrait de Anonyme anonyme22.11.2012

Un IMMENSE IMMENSE IMMENSE BRAVO à l'extraordinaire commentaire de M.Jacques Lucchesi (21 novembre) : je reste pantois d'admiration à la fois devant l'absolue justesse du fond de son propos, et le brio de sa remarquable formulation. Au point que j'aimerais vraiment pouvoir communiquer avec vous, Monsieur : consentiriez-vous par bonheur à laisser sur ce site votre adresse e-mail, ou peut-on procéder d'une autre manière? En tout cas, comme je constate que vous êtes journaliste, je ne saurais assez instamment vous demander de tout faire pour apporter vos lumières sur ce débat dont l'existence même, ou en tout cas les termes, relèvent du délire. Notre France, où l'écrasante majorité des hommes ne ressemblent en rien à l'image totalement caricaturale de "dominants" qui en est véhiculée, en a terriblement besoin (un exemple encore tout récent : qui a conscience, à propos de l'affaire Dati et de l'homme auquel elle essaye d'arracher son fric, qu'en pratique, l'avortement est pour ainsi dire purement et simplement interdit aux hommes, qui sont sur ce sujet, dans la belle France moderne de 2012, dans la même situation que...les femmes en Arabie Saoudite? Et qui s'en indigne? Pas les féministes les plus médiatiques en tout cas!
Avec une fois encore toute ma respectueuse admiration.

Un féministe authentique, attachée donc à la stricte égalité Hommes/Femmes, et non pas à "l'idolatrisation" aveugle et systématique de la gente féminine.

Portrait de Anonyme Lucchesi Jacques23.11.2012

Merci, cher anonyme du 22.11.2012, pour votre commentaire enthousiaste et élogieux sur mon propre commentaire de la veille. Si vous voulez poursuivre cet échange, je vous engage à aller sur le blog du Franc-Tireur marseillais (sur blogspirit)et me laisser, dans un autre petit commentaire rappelant l'objet initial de notre discussion, votre mail. Je vous répondrai alors sans tarder.
J L

Portrait de Anonyme Lucchesi Jacques21.11.2012

Il faut se demander tout d’abord ce que madame Najat Vallaud-Belkacem, ministre de 35 ans, connaît réellement de la prostitution et des prostituées. Pas grand-chose, à l’évidence. Son discours ne fait que répéter les arguments puritains des associations féministes qui pilotent en sous-main son projet de pénalisation des clients. Bel exemple d’indépendance d’esprit et de vision impartiale de l’action gouvernementale. Et l’on peut avec pertinence se demander si ce projet de loi liberticide ne vise pas, au-delà des clients mêmes, le sexe masculin dans son ensemble, lequel est bien sûr toujours dominant et exploiteur des femmes dans notre société. Pourtant, un coup d’œil sur les relations sociales actuelles suffit à invalider ces inepties féministes. Certes, il y a toujours des hommes dominants, mais il y a aussi bon nombre de femmes socialement dominantes (madame Vallaud-Belkacem en est un exemple). Il y a surtout une majorité d’hommes et de femmes dominés, à quelque niveau que ce soit, dans ce système structurellement inégalitaire. Or, les clients de la prostitution – c’est là que je veux en venir -, ceux qui requièrent les services des prostituées de rue contre 30, 40 ou 50 euros la passe, ne sont pas des dominants mais des pauvres, des solitaires et des exploités. Ce qu’ils viennent chercher là est souvent un palliatif à une relation amoureuse véritable (lesquelles sont de plus en plus conditionnées par le niveau économique des partenaires). On peut dire de la passe qu’elle est la rencontre de deux misères. Eh bien ce sont ceux-là qui seront prioritairement fliqués et stigmatisés si l’absurde projet de madame Vallaud-Belkacem est voté. Autrement dit, il ne fera qu’ajouter de la souffrance à de la souffrance sans éradiquer le phénomène prostitutionnel qui s’est toujours adapté, au cours des siècles, à toutes les menées prohibitionnistes. Quant aux riches – ceux qui peuvent, via Internet, se payer les services d’escort-girls à des tarifs autrement plus élevés -, ils ne risquent guère d’être inquiétés par cette loi. Que la Droite, naturellement réactionnaire, puisse initier un pareil projet, c’est presque dans l’ordre des choses. Mais qu’il soit repris à la Droite par une ministre de Gauche, cela est une aberration qui mérite d’être dénoncée par tous les moyens encore accessibles aux citoyens dans un régime démocratique.

Jacques LUCCHESI (journaliste, le Franc-Tireur marseillais)

Portrait de Anonyme bonobo20.11.2012

Je n'ai pas pu suivre toutes ces émissions (même si les bribes entendues étaient pourtant très intéressantes : une fois de plus Merci France Culture).
Je fais sans doute partie de cette majorité d'hommes qui n'ont jamais eu recours à des services sexuels tarifés. Mais je ne XXIe siècle les hommes soient devenus tous des adeptes de la carte du tendre et d'autres comportements platoniques longtemps avant de céder à une "animalité" dont on ne retiendrait que le "mal" .
Ce qui m'étonne dans ce débat c'est qu'il n'y soit pas davantage question de la misère sexuelle, du décalage entre les libidos (même entre gens qui s'aiment) et de la question de savoir si des refoulements sont notre lot à tous ou bien s'il y a à espérer un quelconque "progrès" dans cette direction là.
Bien sûr, les clients des prostitués sont dans leur grande majorité des hommes et si l'image qu'ils ont des femmes auxquelles ils s'adressent n'est pas brillante, celle qu'ils ont d'eux-mêmes ne doit pas être tellement au dessus. Pour autant, je pense que ce serait une erreur de penser que la frustration sexuelle ne concerne que les hommes: combien de femmes vivent des périodes d'abstinence interminables? Sont-elles vraiment soulagées de ne plus être dans un jeu de désirs et de sens que d'autres animaux que nous "semblent" mobiliser avec davantage de réussite?
Je pense souvent au poème de Prévert:
Le lézard de l'amour s'est échappé encore une fois
Et m'a laissé sa queue entre les doigts
C'est bien fait, j'avais voulu le garder pour moi.

Portrait de cbba cbba20.11.2012

Les "besoins sexuels des hommes", encore et encore. Mais les besoins sexuels des femmes, celles qui n'ont pas de sexualité parce que trop moches au regard de la société, ou pas dans les normes demandées, celles-là, tout le monde s'en fout, parce que notre société a depuis longtemps décidé que les femmes n'avaient pas de "besoins sexuels", que leur sexualité n'était guidée que par "l'amour". Scoop : les femmes ont des désirs sexuels au même titre que les hommes, mais en général on leur demande de les passer sous silence, en tout cas de les conformer à ceux des hommes. Ce qui serait vraiment révolutionnaire, c'est qu'on aborde la sexualité de manière moins "sacrée", dans l'échange égalitaire entre partenaires, et en essayant de se débarrasser des normes d'apparence, de comportement, etc. Ça, ça ferait progresser le plaisir de tous ET toutes. Ça commence par l'éducation à la sexualité à l'école.
Re-scoop : parmi les féministes qualifiées d'abolitionnistes (en fait plutôt refondatrices-teurs de nouvelles conceptions de la sexualité plus égalitaires), il y a aussi beaucoup d'hommes (voir le réseau Zéromacho). Et de femmes sans jupons, d'ailleurs.

Portrait de Anonyme Marion19.11.2012

Question éminemment difficile que celle de l'abolition de la prostitution. Du haut de mes "jeunes" 24 ans, j'éprouve une vision contrastée quant à ce débat. Une partie de moi pense qu'abolir la prostitution servirait tout autant à ces femmes qui se prostituent dans des conditions souvent ignobles - quand elles ne sont pas contraintes de le faire - qu'aux clients, réduit uniquement à leurs pulsions masculines, à notre plus ancienne animalité, impossible à refouler. Mais l'homme "domestiqué" du XXIème siècle resterait donc tributaire de ses pulsions ? Oui et non finalement. Sous le règne de Saint Louis, connut pour son moralisme et son austérité à toutes épreuves, un édit fut promulgué en 1254 visant directement d'extradition toutes personnes vivant d'une quelconque manière de la prostitution à Paris ... Pour finalement revenir en arrière 2 ans plus tard, les parisiens vivant dans une recrudescence de viols et de débordements en tout genre. On réglementa alors la profession, exigeant d'elles qu'elles exercent en dehors de la ville ! Qui a dit que 1000 ans plus tard, rien avait changé ?

Portrait de Anonyme Anonyme18.11.2012

Bravo à sans culotte pour l'admirable lucidité de ses propos -qu'il est si rare de lire sous les plumes de femmes d'aujourd'hui (je suis navré de devoir le dire..). Notre époque a besoin de femmes libres comme toi, sans culotte, capables de pointer en effet les penchants castrateurs de ces "féministes phallicisées jusqu'à la garde, qui considèrent qu'être une femme à part entière c'est en avoir une aussi grosse que les hommes, caricaturant la propre caricature qu'ils font d'eux-mêmes" : cette phrase est -hélas- remarquablement juste.

Portrait de Anonyme Anonyme18.11.2012

La position totalement archaïque et délirante des abolitionnistes repose sur un contresens absolument fondamental : à savoir l'idée selon laquelle la relation tarifée serait par nature et structurellement une exploitation de la femme par l'homme, où donc la femme serait une pauvre petite victime chérie et l'homme un méchant prédateur...Alors qu'à l'évidence, un consommateur de service tarifé est au moins autant victime d'exploitation financière de sa détresse sexuelle que le contraire.
Saura-t-on enfin un jour sortir de ce délire?! Est-ce donc être en position de force de se retrouver par exemple puceau à 25 ans, de n'avoir aucune capacité de séduction parce qu'on n'a pas été gâté du tout par la nature?! Le véritable scandale est de se focaliser de manière obsessionnellement exclusive sur le sort des SEULES femmes et dans l'indifférence la plus totale pour celui des hommes, jamais évoqués dans ces débats...ou plutôt si, on parle enfin d'eux, mais pour UNE fois qu'on en parle, c'est uniquement pour...les canarder et les pénaliser...tout en exemptant totalement les prostituées de ce même acte. En d'autres termes, untel a une relation tarifée, il est coupable, mais unetelle a la même relation tarifée, elle est innocente!!! Bonjour l'égalité des sexes! Et cette scandaleuse dichotomie se fait en plus au nom du progressisme de gauche!!! On rêve! Tout à fait typique à cet égard est le propos de Vallaud-Belkacem selon lequel il faut aider les prostituées à se réinsérer (chose très juste en effet) mais tout en gardant un silence absolument assourdissant sur ce que vont devenir les clients désormais privés de toute sexualité : eux, s'intéresse-t-on une seconde à leur réinsertion dans le circuit de la séduction et de la sexualité? Ou on les laisse se démerder totalement seuls? Derrière cet hallucinant "deux poids, deux mesures", il y a là, inassumé, un véritable racisme sexuel contre l'homme qu'il serait urgentissime d'avoir le courage de regarder en face. Une telle arriération mentale en 2012 est proprement désespérante. Et l'on sait déjà, du coup, d'où viendrait le seul espoir d'une évolution des esprits, dans cette société où trois fois plus d'hommes que de femmes se suicident, où 82% des SDF sont des hommes, et où tout est fait pour les femmes : si et seulement si un jour les FEMMES se mettent à devenir beaucoup plus demandeuses de prostitution, alors, mais alors seulement, car c'est elles qui gouvernent en profondeur l'évolution de nos mentalités et de nos lois, la consommation de services tarifés sera considéré comme légitime, même par les féministes qui l'attaquent aujourd'hui. Elles auront alors enfin découvert l'Amérique (à savoir qu'un consommateur de service tarifé est au moins autant victime d'exploitation financière de sa détresse sexuelle que le contraire), mais d'ici là, comme toujours, une génération de mecs, sinon deux, aura été sacrifiée aux caprices à courte vue de quelques bourgeoises égoïstes, nombriliques, et consumées de bienpensance mortifère, dont le ridicule le dispute à l'odieux.

Portrait de Anonyme Anonyme18.11.2012

Un immense bravo à Morgane Merteuil, qui apporte au sinistre et délirant discours des abolitionnistes des réponses extraordinairement bien argumentées, et qui par là même apporte une véritable bouffée d'air frais à ce débat pollué par l'attitude totalement réactionnaire des féministes abolitionnistes! (Un gros bémol : son petit couplet hyperconformiste sur notre société où les pauvres petites femmes chéries sont par définition victimes des méchants hommes et autres stupidités). Et un bravo analogue à la citation de Virginie Despentes dans King-Kong Théory.
Non au fascisme en jupons des abolitionnistes qui croient avoir le monopole de la définition de la dignité humaine et de la "bonne" sexualité -et cela en 2012 et en France, et non pas dans une théocratie du Moyen Âge! On rêve (sur le mode du cauchemar)!

Portrait de Anonyme julie18.11.2012

A lire les oeuvres de Grisélidis Réal

Portrait de Anonyme Manolo17.11.2012

Même question que bdh : l'interprète de Roxanne. Merci

Portrait de Sur les Docks Sur les Docks17.11.2012

Cher Manolo,
Je ne ferai que citer les mots de Meta, productrice de ce documentaire : "il s'agit d'un extrait de l'excellente BO du film Moulin Rouge : "Roxanne tango"".
Nous vous remercions de votre écoute.
L'équipe de Sur les Docks

Portrait de Anonyme icone17.11.2012

Poser cette question c'est déjà en partie y répondre. Pourquoi ne pas oser le débat inverse: "organiser la prostitution"?
Une société avec des mendiants, des simples d'esprit, des philosophes et des prostituées est la garantie d'une société non totalitaire.
Par pitié que les fanatiques abolitionistes, qui savent ce qu'est une bonne sexualité, qui savent exactement ce qui est digne, aillent exercer ailleurs leur talent d'apprentis dictateurs.

Portrait de Anonyme Meta16.11.2012

Bonjour,

A Oim : C'est précisément parce qu'elle avait répondu aux représentants du STRASS qu'elle avait rencontrés l'été dernier, qu'elle n'abrogerait le délit de racolage passif que lorsqu'elle aurait un projet pénal de remplacement, que j'ai demandé à la ministre si elle soutiendrait la proposition de loi des sénateurs EELV. L'interview a été réalisée le 10 octobre dernier. Comme vous l'avez fort justement relevé, un mois plus tard, l'examen de la proposition de loi est reporté sine die pour "raison d'état". (cf l'article "Sauvons les prostituées" paru dans le Huffington Post en début de semaine et en lien ci-dessus).

Quant à la musique, il s'agit d'un extrait de l'excellente BO du film Moulin Rouge : "Roxanne tango".

Merci de votre écoute.

Portrait de Anonyme pieds nus16.11.2012

Depuis plus de douze ans j'écoute toutes les émissions de FC ou d'ailleurs sur La prostitution : une ancienne infirmière reconvertie dans ce métier a fait exploser toute ma vie familiale après 30 ans de vie commune. Depuis je ne suis plus la même personne et j'erre à la recherche de sérénité et de loyauté.

Portrait de Anonyme Franck Cuvelier 16.11.2012

Félicitations d'enfin oser le débat !

Portrait de Anonyme BdH15.11.2012

Une question en marge de cette émission fort intéressante, avec les divers points de vue (merci FC) : quel était l'interprète de la version de "Roxane" absolument superbe que vous avez passée vers 17h30, j'étais en voiture, c'était superbe ... Merci encore.

Portrait de Anonyme Oim15.11.2012

Comment Belkacem peut-elle affirmer qu'elle soutiendrait la proposition de loi visant à abolir le délit de racolage?? Elle a fait pression pour que cette proposition soit retirée de l'ordre du jour!! Soi-disant pour l'intégrer à un projet de loi plus vaste.
Ce que veulent Belkacem et ses amiEs qui se servent du féminisme comme d'un tremplin politique, c'est troquer l'abrogation du délit de racolage public contre la mise en place de la pénalisation des clients des putes.
Belkacem ne veut pas lâcher cette histoire de pénalisation, en dépit de toute réflexion de santé publique, c'est son dada, donc qu'elle cesse de dire qu'elle "ne sait pas si le législateur" va le proposer ou pas. Je rêve.
La loi existe déjà, il s'agit des textes de Bousquet et Geoffroy. Pour une fois que PS et UMP s'entendent, c'est sur le dos des putes. Honte.

Portrait de Anonyme rene15.11.2012

Merci pour ce débat passionnant.

Serait-il possible d'avoir les références musicales de cette émission, en particulier cette reprise de Roxane ?

Merci

Portrait de Anonyme Anonyme15.11.2012

A lire, un témoignage édifiant: http://www.veganimal.info/spip.php?article595

Le problème n'est pas que des femmes "choisissent" d'être prostituées, le problème est que tant d'hommes se sentent autorisés à payer pour utiliser les orifices d'autrui.

Portrait de Anonyme Etienne15.11.2012

@sans-culotte : "où la question de victimes et de bourreaux se penserait différemment"... et comment pourrait-elle se penser, alors ?

Portrait de sans-culotte sans-culotte15.11.2012

Bon bah je ne dois pas être moralement correcte...

Portrait de sans-culotte sans-culotte15.11.2012

Abolir la prostitution, c'est comme si on demandait aux hommes de ne plus être hantés toute leur vie par le risque fantasmatique de perdre leur membre viril et d'être cycliquement amenés à le vérifier. C'est comme si on demandait aux dames de joie de ne plus se couper de leur corps et de leur sexe par la prostitution et pour des raisons qui leur appartiennent. C'est comme si on demandait aux femmes et aux hommes de ne plus être dans une altérité absolue, irréductible. Et ça n'est certainement pas par le truchement de "l'égalité" homme/femme tarte à la crème de féministes castratrices phallicisées jusqu'à la garde, qui considèrent qu'être une femme à part entière c'est en avoir une aussi grosse que les hommes caricaturant la propre caricature qu'ils font d'eux mêmes. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire au trafic insupportable d'êtres-humains comme nous avons pu l'écouter hier. Je suis un fille et je suis pour des bordels contrôlés où les dames ne seraient plus à la merci du pire et où la question de victime et de bourreaux se penserait différemment.

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