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Sur les docks
Emission Sur les docks

du lundi au jeudi de 17h à 17h55

Ecoutez l'émission 54 minutes

Thaïlande (3/3) : "Les bodysnatchers de Bangkok : des sauveurs de vie soucieux de leur karma" 2

04.01.2012 - 17:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobilevideo

Troisième et dernière partie d'une série d'Alain Lewkowicz et Rafik Zenine

 

Les Occidentaux les appellent de façon péjorative des « bodysnatchers », littéralement des chapardeurs ou des dérobeurs de corps, mais les milliers de volontaires Thaïlandais ainsi qualifiés préfèrent se définir comme des sauveurs-sauveteurs au service d’une société où accidents et morts violentes sont légions. Organisés en fondations héritières des anciennes institutions chinoises d’entraide, de services funéraires et de secours installées dans le pays il y a plus de 100 ans, les sauveteurs ont une motivation commune d’ordre religieux : améliorer leur karma. Dans ce pays, «  mettre de l’huile »  dans les rouages du cycle des causes et des conséquences lié à l’existence des êtres humains est un challenge. Réparer les fautes d’une vie passée, tout en préparant au mieux le futur, tel est l’objectif de ces bénévoles.
Qu’ils appartiennent à la fondation Rumkatunya ou à celle de Por Tek Tung, les plus anciennes et les plus importantes, les bodysnatchers  pallient à un système hospitalier dont les services d’urgences et d’ambulances laissent à désirer. C’est toutes sirènes hurlantes et gyrophares aveuglants que les volontaires parcourent les rues de Bangkok, ville tentaculaire de 15 millions d’habitants, à la recherche de cadavres, de blessés, de suicidés, d’assassinés, de brûlés et autres traumatisés. Transportées dans des pickups aménagés et customisés, les victimes sont conduites à l’hôpital, à la morgue ou directement au crématorium.  C’est le travail de ces « sauveurs de vie », comme ils se nomment eux même, que l’équipe de Sur les docks a suivi.

Avec :
Monsieur Boy, ambulancier
Monsieur Te, sauveteur, et son équipe
Philip Blenkinsop, photographe de l’agence Noor

Production : Alain Lewkowicz
Réalisation : Rafik Zenine

 

Salle des esprits Alain Lewkowicz©Radio France

 

 

 

 

Galerie : Les bodysnatchers de Banckok

12 photos

Thème(s) : Information| Asie| Société| Pauvreté| Santé| auto-organisation| croyances| solidarité| système D

2 commentaires

Portrait de Gouzon Gouzon04.01.2012

Votre série de 3 émissions sur la Thaïlande vise à donner une image plus que positive de ce pays et de cette société, en prenant bien soin d'en occulter les faces sombres: la prostitution institutionnalisée (notamment celle des enfants et adolescents) ou la racisme qui reste fortement structurant...
Gouzon

Portrait de Sur les docks Sur les docks05.01.2012

Chère auditrice ou cher auditeur,

Faire le « portrait » d’un pays lointain dont on ne parle que très rarement, c’est, à mon sens, aborder sa société en poussant de bien petites portes au-delà desquelles des enjeux plus généraux sont en question. C’est aussi aller à la rencontre de personnes aux histoires singulières qui constituent justement ces petites portes et qui nous donnent une vision intimiste de certains quotidiens.

Parler des « chemises rouges » à travers le portrait de certains activistes était le moyen d’aborder moins généralement et moins frontalement la question de la chose politique thaï. Nous aurions pu aller voir des spécialistes, des politologues, des sociologues mais nous aurions alors trahi la notion même de documentaire.

Parler des sauveurs de vies était une façon d’aborder à la fois les questions religieuses et celles liées à l’organisation d’un pan entier de la politique médicale du pays.

Enfin, parler du troisième sexe en faisant le choix de ne pas tomber dans la caricature et d’aller là où on nous attendait, c’est-à-dire dans les bas fonds de la prostitution, était un moyen d’aborder la question des mœurs et de l’acceptation sociale et culturelle de la différence.

Nous avons surtout voulu présenter certaines facettes de la Thaïlande en nous éloignant le plus possible de ce qu’on sait déjà avec la certitude de ne pas réaliser un travail de spécialiste, encore moins un travail exhaustif. Et bien sûr, la critique est toujours constructive.

Cordialement,

Alain Lewkowicz

Producteur de la série