Assem Koffivi, invité à 16h © Radio France
Fascinant, mystérieux, stratège de génie, Tamerlan reste un personnage mythique. Jusqu'à l'actuel Ouzbékistan, qui en a fait son héros national, peintres, poètes, écrivains ont dressé le portrait réel ou rêvé de cet homme complexe. Chef d'un clan turco-mongol qui abattit, en 1363, la puissance mongole, il perdit l'usage de l'une de ses jambes d'où le surnom de « Timour le boîteux » (Teimur leng), qui lui resta. En 1388, il se fit acclamer sultan musulman puis commença la conquête de l'Asie centrale, de l'Iran, de la Syrie et de la Turquie d'Europe. Il prit Delhi en 1398, pilla la ville de fond en comble, puis se disposa à attaquer la Chine, mais il mourut avant d'avoir pu mettre son projet à exécution, en 1405. Son immense empire fut alors partagé entre ses quatre principaux descendants, fils et petit-fils, qui fondèrent des dynasties séparées régnant sur la Perse, la Transoxiane et l'Afghanistan. A Samarkande, à Tachkent, à Boukhara, le personnage de Tamerlan fait un come-back touristique et très idéologique, dans la continuité de l'interprétation soviétique de la nation ouzbèke.
Reportages en Ouzbékistan effectués en mai 2007 par Alexia Gaillard, avec notamment Mark Weil, directeur du théâtre Ilkhom, qui vient d'être assassiné ; Kamariddin Artikov, critique littéraire...