Avec:
Mélanie Chalandon,reportage.
Interview de François Charpentier, auteur du livre "Les retraites en France et dans le monde" (Economica, 2009)
Camille Renard, le tout sonore
Tanguy Blum, chronique
Eva Bester, revue de presse
Magazines: Pleine vie, Notre temps, Le journal de Mickey
Web: seniorplanet.com
Merryl Moneghetti, micro fiction
Les sources de la micro fiction
Simone de Beauvoir, La Vieillesse, Gallimard, Collection blanche, 1970
La Vieillesse, Simone de Beauvoir ©Gallimard
Résumé
« Les
vieillards sont-ils des hommes ? À voir la manière dont notre société
les traite, il est permis d'en douter. Elle admet qu'ils n'ont ni les
mêmes besoins ni les mêmes droits que les autres membres de la
collectivité puisqu'elle leur refuse le minimum que ceux-ci jugent
nécessaire ; elle les condamne délibérément à la misère, aux taudis,
aux infirmités, à la solitude, au désespoir. Pour apaiser sa conscience,
ses idéologues ont forgé des mythes, d'ailleurs contradictoires, qui
incitent l'adulte à voir dans le vieillard non pas son semblable mais un
autre. Il est le Sage vénérable qui domine de très haut ce monde
terrestre. Il est un vieux fou qui radote et extravague. Qu'on le situe
au-dessus ou en dessous de notre espèce, en tout cas on l'en exile. Mais
plutôt que de déguiser la réalité, on estime encore préférable de
radicalement l'ignorer : la vieillesse est un secret honteux et un sujet
interdit. Quand j'ai dit que j'y consacrais un livre, on s'est le plus
souvent exclamé : "Quelle idée ! C'est triste ! C'est morbide !"
C'est
justement pourquoi j'ai écrit ces pages. J'ai voulu décrire en vérité
la condition de ces parias et la manière dont ils la vivent, j'ai voulu
faire entendre leur voix ; on sera obligé de reconnaître que c'est une
voix humaine. On comprendra alors que leur malheureux sort dénonce
l'échec de toute notre civilisation : impossible de le concilier avec la
morale humaniste que professe la classe dominante. Celle-ci n'est pas
seulement responsable d'une "politique de la vieillesse" qui confine à
la barbarie. Elle a préfabriquée ces fins de vie désolées ; elles sont
l'inéluctable conséquence de l'exploitation des travailleurs, de
l'atomisation de la société, de la misère d'une culture réservée à un
mandarinat. Elles prouvent que tout est à reprendre dès le départ : le
système mutilant qui est le nôtre doit être radicalement bouleversé.
C'est pourquoi on évite si soigneusement d'aborder la question du
dernier âge. C'est pourquoi il faut briser la conspiration du
silence : je demande à mes lecteurs de m'y aider. » Simone de Beauvoir.
Victor Hugo, "Booz endormi", in La Légende des siècle
Victor Hugo dans Les Misérables, à propos du grand-père de Marius, évoque l'aurore d'une vieillesse épanouie.
Shakespeare prend l'image du "fer cruel de l'âge destructeur"
Thème(s) : Création Radiophonique| Radio


