par Matthieu Garrigou-Lagrange et Ghislaine David
visuel Jean Genet ©Ernest Pignon
Le centenaire de la naissance de Jean Genet est, partout, l’occasion de célébrer un homme qui serait d’abord un engagé politique, que ce soit aux côtés des Palestiniens dans leur combat pour la terre ou dans les rangs des Black Panthers revendiquant leurs droits civiques. Toujours, donc, apparaît l’image d’un saint, vivant au milieu des opprimés, des humiliés, en empathie quasi mystique avec eux, comme le serait un petit frère des pauvres.
Cette vision de Genet n’est pas fausse, bien évidemment, mais ne constitue qu’une facette parmi d’autres d’un homme qui ne nous a pas laissé le mode d’emploi pour le comprendre.
Genet dissimulait beaucoup. Il refusait d’être récupéré. Il n’était pas un militant. Ses engagements sont plus esthétiques que politiques. La beauté d’un mouvement, d’un visage, d’une action dérisoire ou d’un combat perdu d’avance comptent plus pour lui que la signification politique et sociale de ce mouvement, de cette action, de ce combat.
Pour ce désespéré, abandonné par sa mère, jeté en prison pour de quasi-broutilles, seules peuvent encore exister les quelques parcelles de beauté qu’il décèle dans le monde et adore pieusement, émerveillements furtifs et souvent douloureux qui lui permettent de survivre.
C’est donc de la force du beau chez Genet dont nous parlerons en priorité, y compris quand cette passion pour l’esthétique embrasse son frère démoniaque : la fascination pour l’abjecte et, parfois, l’indéfendable.
Avec :
Eric Marty, professeur de littérature française contemporaine à l'université Paris Diderot
Gilles Leroy, écrivain
Jacques Nerson,critique théâtral
Jean-Jacques Pauvert, éditeur
Lydie Dattas, écrivain
Alexandre Romanes, fondateur du cirque Tsigane Romanes
Albert Dichy, directeur littéraire de l'IMEC, spécialiste de Jean Genet
A lire: Les Oeuvres complètes de Jean Genet en 6 volumes chez Gallimard en collection Blanche
A consulter: site des Amis et Lecteurs de Jean Genet
Thème(s) : Arts & Spectacles| Littérature Française





5 commentaires
Cher producteur de "Une vie, une oeuvre",
Je vous ai écouté,ce dimanche 28/11/10,tout en vous enregistrant,sur cassette audio. J'aime beaucoup votre émission.J'apprécie ses intervenants, différents et variés. "Une vie, une oeuvre",ça se complète et ça se marie à merveille. Et puis il y a la durée: une heure complète, sans je ne sais quel(le) chroniqueur(se), au début ou à la fin, parasitant le sujet traité.
J'ai regretté que Le Condamné à Mort (1) que vous avez passé ne fut pas celui de Hélène Martin. C'est de loin plus beau, plus émouvant (la vidéo est sur la toile, en noir et blanc).
Je connais l'écrivain chilien,sur lequel portera votre prochaine émission. Je vous écouterai donc. J'avais suivi aussi votre Susan Sontag. Extra !
Bonne continuation,
A.Al-Amrani.
Merci à vous pour cettte belle évocation de Genet et pour l'angle d'approche que vous avez choisi:la quête de la beauté. La lecture de la biographie Edmund White montre curieusement que le sordide lui était lié, et certaines pages biographie sont de de ce point de vue effrayantes! Après la première intervention de Gilles Leroy on entend le début d'une chanson.De quelle voix s'agit-il, Jim Morrisson? Merci encore, Yves Philippe R.
Il s'agit d'un extrait d'une chanson du chanteur "The Divine Comedy" extrait de l'album Absent Friends
Dommage d'avoir parlé sur "le condamné à mort". Très bonne idée d'avoir lu la lettre de sa mère à l'administration. Moment particulièrement émouvant. Très bonne émission dans l'ensemble,touchant des points essentiels.
Bravo pour ce beau programme.
Je me permets de vous signaler l'adresse du seul site français sur Jean Genet dont je m'occupe depuis 1998 et dont voici l'adresse:
Société des Amis et Lecteurs de Genet (S.A.L.G) : http://jeangenet.pbworks.com/
J'ai signalé votre série d'émissions dans la rubrique Actualités.
A la rubrique COLLOQUES vous trouverez le programme de la semaine Odéon et celui du colloque international Les guerres de Jean Genet que j'organise à Paris IV et ENS qui aura lieu les 16 et 17 décembre 2010 [....]