par Céline du Chéné et Marie-Ange Garrandeau
Roberto Bolano ©MATHIEU Bourgois
Poète maudit, écrivain errant, beatnik, double moderne d’Arthur Rimbaud, on a déjà fait couler beaucoup d’encre sur Roberto Bolaño, écrivain chilien mort prématurément à 50 ans à Barcelone en 2003. Pourtant, cet auteur à l’esprit aussi indépendant que frondeur ne se serait pas reconnu dans ces descriptions en partie nourries par les éléments biographiques d’une vie mouvementée. Né à Santiago en 1953 d’un père champion de boxeur amateur, Roberto Bolaño part vivre au Mexique avec ses parents à l’âge de 15 ans, il y fréquente les milieux avant-gardistes artistiques, retourne au Chili à 20 ans, assiste au coup d’état de Pinochet, s’exile après un séjour en prison puis bourlingue de part le monde en exerçant toutes sortes de petits boulots avant de s’installer en Catalogne.
Son œuvre, aussi bien brillante qu’inclassable, dépasse largement le cadre de sa biographie. Fils spirituel de Borges, héritier des auteurs du Boum latino-américain, mentor de la jeune génération des lettres latino-américaines, Roberto Bolaño a bouleversé les codes littéraires avec une écriture pleine de ferveur, à l’inventivité stupéfiante. Il a ainsi reçu de prestigieux prix littéraires, le prix Herralde en 1998 et le prix Romulo Gallegos en 1999. Par ailleurs, si Roberto Bolaño a beaucoup écrit sur le Chili et la dictature (Etoile distante, Nocturne du Chili), son œuvre reste tout entière marquée par un profond questionnement sur le mal et les différents visages de la barbarie (La littérature nazie en Amérique, 2666).
Dans ce documentaire, Céline du Chéné et Marie-Ange Garrandeau partent sur les traces de cet écrivain singulier, une quête qui les mène du Chili d’Allende à celui de Pinochet, de la Seconde guerre mondiale aux meurtres de femmes à la frontière mexicaine. Elles s’attachent aussi à découvrir qui se cache derrière le nom de Roberto Bolaño, lui qui était devenu un personnage à part entière apparaissant dans les textes de ses contemporains comme par exemple dans les Soldats de salamine de Javier Cercas.
Avec:
Robert Amutio, traducteur français de Bolaño
Karim Benmiloud : professeur à l’université de Montpellier, co-organisateur du colloque les Astres noirs consacré à Bolaño
Javier Cercas, écrivain espagnol et ami de Bolaño,
Sergio Gonzalez Rodriguez, journaliste et écrivain mexicain, ami de Bolaño
Raphaël Estève, professeur à Bordeaux 3, co-organisateur du colloque les Astres noirs
Antonio Werli, libraire et fondateur de la revue littéraire Cyclocosmia, a coordonné un numéro (le n°3) sur Bolaño avec Julien Frantz et Julien Schuh aux éd. Minuscule 2010
A lire:
L'homme sans tête de Sergio Gonzalez Rodriguez, traduit de l'espagnol par (Mexique) Isabelle Gugnon. Passage du Nord Ouest. 2009
Anatomie d’un instant de Javier Cercas. Actes sud. 2010
Les astres noirs de Roberto Bolaño. Textes réunis et présentés par Karim Benmiloud et Raphaël Estève. Presses universitaires de Bordeaux. 2007.
Ecritures des dictatures, écriture de la mémoire. Roberto Bolaño et Juan Gelman. Coordination de Carmen Vasquez, Ernesto Mächer Tobar et Porfirio Mamani Macedo. Université de Picardie. Editions Indigo. 2007
Thème(s) : Arts & Spectacles| Littérature Etrangère| Roberto Bolano











6 commentaires
Bon, je tiens à m'excuser en ce qui concerne la deuxième partie de mon courriel. J'avoue que je n'avais pas écouter le début de l'émission mais svp, plus d'américanades musicales pour illustrer un écrivain du Nouveau Monde.
Merci de votre compréhension.
Aucun problème. Merci de votre écoute, et de votre honnêteté intellectuelle.
Permettez moi de m'immiscer dans le débat à propos de la médiocrité des extrait musicaux diffusés. Les Doors, Le Velvet... Loin, très loin de Bolano et de son œuvre. Mais c'est vrais que lorsqu'il s'agit de littérature, la musique populaire est toujours considérée comme mineure, qui plus est venant de la voix de la France littéraire. Quant à son lien avec son pays de naissance et la féroce dictature chilienne, le sujet n'est quasiment pas traité voire éludé. Mais la critique et toujours positive et il n'y a que les imbéciles qui ne se trompe jamais. Bon courage.
Entendre une émission sur Bolaño à quelques jours d'un procès qui va s'ouvrir en France contre quatorze représentants de la dictature militaire chilienne (entre le 8 et le 17 décembre, au Tribunal de Grande Instance) n'est peut-être pas un hasard, et même si c'est le cas, merci au hasard.
PS : Est-ce possible d'avoir la discographie de l'émission. Merci
Un GRAND MERCI à Céline du Chéné et à Marie-Ange Garrandeau pour cette excellente émission.
On peut affirmer que Roberto Bolaño est le frère d'arme d'un autre auteur inclassable : Hugo Terra-Cassao(1918-2008), militant syndicaliste libertaire né à Arequipa, à la double nationalité franco-péruvienne.
Pendant plus de cinquante ans, Hugo Terra-Callao a pris place auprès de ses compatriotes les plus démunis en qualité de conteur. Au début de la dernière décennie, l’une de ses petites-filles, Estrella, redoutant le démantèlement d’une mémoire progressivement altérée par la maladie, a pris soin de recueillir et de retranscrire plus de trois cents contes issus de ces « assises lyriques avec la misère ».
Pour accéder à plus d'informations, nous prions les auditeurs de France Culture de demander à leur souris de faire une escale sur http://www.bibliotheksauvage.com/ouvrages/
Le documentaire comportait des extraits musicaux de :
Ocean (Le Velvet Underground)
The End (Les Doors)
Ask the mountain (Vangelis)
Hommage à Salvador Allende / Venceremos (Angel Parra)