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Villes-Mondes
Emission Villes-Mondes

le dimanche de 14h à 16h

Ecoutez l'émission 119 minutes

Villes-Mondes: Port-au-Prince 1

18.12.2011 - 14:00

Par Valérie Marin la Meslée

Réalisation: Thomas Dutter

Prise de sons: Pierre Quintard

Mixage: Philippe Bredin

 

Le monde a vu Port-au-Prince s’écrouler le 12 janvier 2010. Deux ans plus tard, la vie a repris sous le signe de la débrouillardise, entre les cicatrices béantes du séisme. La mémoire si vive encore de cette tragédie fera l’objet d’un autre documentaire, diffusé le 12 janvier 2012 *

La capitale haïtienne déambule au jour le jour, entre passé et présent. Si la ville a « bougé », ses frontières géographiques demeurent, reflets d’une société cloisonnée.  Les pauvres sont toujours pauvres, les riches toujours riches, les premiers vivent plutôt dans le bas de la ville, les seconds  à l’abri, dans les hauteurs. De bas en haut, de hauts en bas, les « tap tap » croisent les 4X4 dans la cacophonie d’embouteillages dantesques, mais les noms des quartiers s’égrènent comme un poème, Bas peu de chose, Bois moquette, Bois patate, Canapé vert,  La Boule …

C’est à Delmas, immense excroissance de la mégapole,  que commence notre parcours en compagnie de l’écrivain Dany Laferrière. Quand il retrouve sa ville natale, l’haïtien de Montréal vient toujours saluer son voisin, le poète Frankétienne, « l’ogre » de Port-au-Prince…

 Suivre les créateurs dans leur ville, c’est pénétrer un monde de paradoxes inouïs. Dans le centre historique dévasté, la cathédrale quasi défunte stupéfie par sa beauté ruinée. A la Grand Rue pétaradante, les prostituées voisinent avec les sculpteurs. Pétionville, le quartier bourgeois,  abrite en son sein un bidonville nommé « Jalousie ». On s’y enfonce. Cris des marchandes mêlés aux décibels des sonos de fortune. Ici, l’artiste Patrick Vilaire a apporté l’eau et une œuvre d’art,  sa Murale. Plus haut, dans la fraîcheur de la montagne, se cache un havre de paix où seuls les chants d’oiseaux rompent le silence d’un ancien palais d’été présidentiel, devenu résidence privée. Les artistes établissent des passerelles entre ces univers. On les retrouve au bas d’une ville qui n’a que l’imagination pour se réinventer chaque jour. Au bar « 10-traction »,  la bohême de Port-au-Prince refait le monde.

Et la nuit ? On danse aux « Ti sourit » (petites souris), discothèques improvisées sur les trottoirs. La pluie vient à tomber. L’électricité abandonne la partie. La jeunesse en a vu d’autres. Elle profite d’être en vie.

Port-au-PrinceP.Quintard © Radio France

Un tap-tap de Port-au-Prince P.Quintard © Radio France

Le peintre Gérard Fortuné P.Quintard © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marché Salomon, bas de la villeP.Quintard © Radio France

Groupe de Rara féminin AkifanmP.Quintard © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En compagnie des écrivains Dany Laferrière,  Emmelie Prophète, Frankétienne, Dominique Batraville, Yanick Lahens, Gary Victor, Makenzy Orcel, de l’historien Georges Corvington, de la bibliothécaire Elisabeth Pierre-Louis, des plasticiens Patrick Vilaire, Gérard Fortuné, Pascale Monnin, du galeriste Michel Monnin, du sculpteur André Eugène, du percussioniste Mano du groupe Chay Namm.

 

Au bar 10-tractionV.MLM © Radio France

Dany Laferrière et Frankétienne V.MLM © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Gary Victor au bidonville de Jalousie V.MLM © Radio France

Mano, percussionniste du groupe Chay Namm V.MLM © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Wooly Saint Louis Jean V.MLM © Radio France

James Germain V.MLM © Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec les voix de  Madame Laferrière, Henri Ideoe, prêtre vaudou, Marc Vallès, comédien, Aimée Prophète, collégienne,

Et pour la musique, Stéphane et son groupe de rara féminin  Akifanm , Samba Zao, Boulo Valcourt, Junior et Wooly Saint Louis Jean.

Remerciements à James Germain, chanteur, Evelyne Trouillot et James Noël, écrivains, Mario Benjamin, peintre, Mac Kenson Thomas  pour la promenade au Marché Salomon. Aux comités de Jalousie (Jean-Claude Petit frère).

 Aux équipes de la  Fokal >>> voir le site et de l’Institut français >>> voir le site.

 

Textes lus : «Rap jazz » de Frankétienne « Le reste du temps » d’Emmelie Prophète « Les immortelles » de Makenzy Orcel (tous ces livres ont paru aux éditions Mémoire d’encrier) , « Le cercle des époux fidèles » de Gary Victor (Port-au-Prince imprimeur II), « Le territoire des hommes sans os »  de Dominique Batraville (parution janvier 2012 aux éditions Riveneuve), et « La belle amour humaine » de Lyonel Trouillot (ed Actes Sud).

Chansons : « Port-au-Prince, Bye Bye » d’après la chanson de Syto Cavé, « Le parapluie », de Georges Brassens interprétée par Wooly Saint Louis Jean, lequel chante aussi le poème de Lyonel Trouillot « Se pa fot mwenn » (extraite de l’album« Quand la parole se fait chanson », traduction française dans la revue Riveneuve Continent )

 

L'entretien avec Lyonel Trouillot, écrivain. 

 

Lyonel Trouillot Marc Melki©Actes Sud

 

Thème(s) : Ailleurs| Amérique| Ville| Voyage| Haïti| Port-au-Prince

1 commentaire

Portrait de Anonyme Christine Wechsler18.12.2011

Superbe émission.
Les entretiens et les intervenants étaient tous magnifiques.
Faire entendre culture et création sous ou au-dessus des cacophonies,
choix humaniste majeur.
Les mots, la voix, les petits rires étouffés de fin de phrases de Lyonel Trouillot
c'était terminer ce voyage d'une façon particulièrement intense.