Dakar-Paris-New York



09.03.2012
58 min

Souleymane BachirDiagne est né au Sénégal dans une famille de lettrés affiliée à la confrérie soufie de la Tijaniya. Il a été normalien rue d’Ulm et agrégé de philosophie. Après 25 ans d’enseignement à l’université de Dakar, il mène sa carrière universitaire aux USA depuis dix ans, d’abord à Chicago, puis à New York. C’est dans ce triangle constitutif (Dakar, Paris, New York) qu’il met en place son discours de la méthode. Aussi est-il amené à s’interroger sur l’acte de philosopher en islam et à l’actualiser par sa propre pratique. Ensuite il met à l’épreuve cette méthode de pensée avec le concept de post colonialisme opératoire outre-Atlantique, soumis au soupçon en France. C’est alors que le retour à Bergson s’avère pertinent, surtout à travers sa conception de l’élan vital et du temps réorientée vers la durée. La restauration de Bergson passe par le détour de la lecture qu’en font deux auteurs impliqués par les deux éléments constitutifs de l’origine de Souleymane Bachir Diagne, à savoir le Sénégal et l’islam. C’est ainsi que Léopold Sédar Senghor et Mohamed Iqbal entrent en scène. Ces deux poètes penseurs sont nés dans des pays colonisés, pour le premier le Sénégal, pour le second l’Inde musulmane. Ils furent l’un et l’autre engagés dans la politique de la décolonisation ayant pour tâche de restaurer la souveraineté de sa communauté. L’un est catholique, l’autre musulman. Ils convergent comme lecteurs de Bergson, philosophe juif au bord de la conversion.

Bibliographie

Souleymane Bachir Diagne, Bergson postcolonial, L’élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal, CNRS éditions, 2011 Comment philosopher en Islam, Panama éditions, 2008

Intervenants :

  • Souleymane Bachir Diagne : professeur de langue française à Columbia University, spécialiste de l'histoire des sciences et de la philosophie islamique


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