Les monnaies alternatives le resteront-elles?



23.08.2013
44 min

Si l’on en croit les textes, la monnaie fut inventée par un vieil homme…

Prénom : Abraham. Et c’est la Genèse qui le raconte.

Abraham avait trouvé un champ, pour y enterrer Sarah.

Le terrain appartient aux Hittites, qui veulent le lui offrir…

Lui, refuse à deux reprises : il veut acheter le champ, et sans marchander

« Au vrai prix », dit-il, « d’un lieu de sépulture parmi vous ».

La création de l’argent par la suite est une autre affaire…

Des tablettes d’Argile en Mésopotamie où l’on inscrivait les dettes,

Jusqu’aux pièces de deux euros ou au billet vert,

La monnaie est moins faite de métal ou de papier- que d’un matériau plus rare qu’on appelle… la confiance.

Ainsi le « crédit » vient du latin « credo », « je crois »…

Le support n’ayant finalement aucune espèce d’importance.

Mais quand cette confiance s’amenuise…

Quand le système dans son ensemble paraît dysfonctionner,

A-t-on encore une marge de manœuvre pour s’extraire des monnaies imposées ?

Visiblement, oui… Et cela s’appelle : les monnaies complémentaires

Il y en a quelque 5 000 dans le monde, une vingtaine en France dont certaines aux noms d’insectes : les abeilles, les lucioles…

Et une autre qui ne connaît aucune frontière : il s’agit des bitcoins, monnaie virtuelle ne dépendant d’aucune banque centrale ni institution financière.

Georg Simmel le philosophe allemand disait : « les questions monétaires déterminent aussi le type de société dans laquelle cet argent opère »

En gros, les schtroumpfs n’auraient pas été les schtroumpfs sans la salsepareille.

Proximité, liens sociaux, accès facilité au crédit : voilà ce que veulent ceux qui se lancent dans l’aventure des monnaies alternatives.

Mais que gagne-t-on vraiment à court-circuiter le système bancaire ?

Qu’y a-t-il de nouveau dans ces initiatives ?

Et pourquoi ne suffit-il pas de créer de l’argent pour effacer les dettes ?

Et comment ces monnaies peuvent aussi éclairer la théorie économique dominante ?

Les monnaies alternatives... le resteront-elles ? C’est notre question du jour dans Du grain à moudre

Patrice Baubeau, Christophe Destais et Philippe Herlin
Patrice Baubeau, Christophe Destais et Philippe Herlin Crédits : Radio France

Intervenants :

  • Christophe Destais : économiste au CEPII, il a travaillé plusieurs années à l'ambassade de France à Washington
  • Philippe Herlin : économiste, chargé de cours au Conservatoire national des arts et métiers
  • Patrice Baubeau : historien spécialiste de l'histoire économique financière et monétaire, Maître de Conférences en Histoire contemporaine à l'Université Paris Ouest Nanterre-La Défense


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