Une vingtaine de mort à la frontière israélo-égyptienne



06.08.2012
15 min

Dans la soirée du dimanche 5 août, un commando de "jihadistes" a attaqué et tué 16 garde-frontières égyptiens. Les assaillants se sont ensuite emparés de véhicules blindés pour pénétrer en territoire israélien. Les cinq assaillants ont été tués par l'armée israélienne. Cette région frontalière est devenu très instable depuis la chute du régime de Moubarak au début de l'année 2011.

L’attaque a été fulgurante. Dimanche soir, peu après l’heure de rupture du jeûne du ramadan, une dizaine d’hommes vêtus comme des bédouins du Sinaï ont pris d’assaut le poste frontière égyptien de Karm Abou Salem (Kerem Shalom, en hébreu). Armés de grenades, de mitraillettes et de lance-roquettes ils ont tué 16 gardes-frontière selon le ministère égyptien de la Santé.

Le blindé détruit par l'armée israélienne
Le blindé détruit par l'armée israélienne Crédits : Reuters
Les assaillants se sont ensuite emparés de deux véhicules blindés. L’un d’eux a explosé pour une raison inconnue. L’autre a réussi à pénétrer en territoire israélien, mais a été détruit par l’armée israélienne. Les occupants sont morts ainsi que des assaillants placés à l’extérieur du véhicule.

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a estimé que l’assaut soulignait "la nécessité pour les autorités égyptiennes d’agir fermement pour rétablir la sécurité et lutter contre le terrorisme dans le Sinaï".

La correspondance depuis Jérusalem de notre correspondante, Danièle Tabor :

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L’armée égyptienne promet de venger ses morts
Au lendemain de l’attaque, le président égyptien Mohamed Morsy a organisé une réunion d’urgence. L’une des premières décisions a été de fermer sine die le terminal de Rafah, à la frontière avec Gaza. Il s’agit de l’unique point de passage entre le territoire palestinien et le monde extérieur, contrôlé par le Hamas et non par Israël.

Réunion d'urgence du président égyptien Moamed Morsy
Réunion d'urgence du président égyptien Moamed Morsy Crédits : Reuters

A l’issue de la réunion, le président égyptien a déclaré que "les forces de sécurité imposeront tout leur contrôle sur ces régions" et que des instructions ont été donnés pour

pourchasser et mettre la main sur les auteurs de ces crimes

De son côté, l’armée égyptienne a promis de "venger" les 16 gardes-frontière tués dans l’attaque.

Toute personne en lien avec les groupes qui ont attaqué ces derniers mois nos troupe dans le Sinaï va payer cher, qu’elle soit en Egypte ou à l’étranger.

Le communiqué ne parle donc pas exclusivement de l’attaque du dimanche 5 aout mais de toutes celles intervenues depuis la chute du régime Moubarak en 2011. Ce qui fait dire à certains spécialistes que l’attaque de dimanche n’a rien de surprenante. Ely Karmon est professeur spécialiste des questions de terrorisme au Centre interdisciplinaire de Herzliya en Israël :

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Si la zone du Sinaï est sensible, c’est aussi parce qu’elle est officiellement démilitarisée depuis les accords de paix israélo-égyptiens de 1979.



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